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Référendum sur la nouvelle constitution le 14 Janvier

Karim Felli

19 Décembre 2013 2:22 pm

Le référendum sur la nouvelle Constitution se tiendra les 14 et 15 janvier 2014, a annoncé le président par intérim, Adly Mansour, dans un discours devant des hauts responsables du pays.

Doivent ensuite suivre, à l’été 2014, des élections présidentielle et législatives, dans un ordre qui n’a pas encore été défini, et sera déterminé par le président par intérim. Mansour a également déclaré que ce texte comportait des avancées “en termes de libertés, de droits de l’homme et d’équilibre des pouvoirs”, affirmant qu’il était “le point de départ pour construire véritablement les institutions d’un Etat démocratique moderne”.
 
Dans les rues d’Egypte fleurissent depuis début décembre des panneaux appelant à participer au premier scrutin depuis la destitution de Morsi. Les autorités ont déjà annoncé qu’elles autorisaient six ONG étrangères à observer le déroulement du référendum de janvier. Alors que plusieurs partis et organisations de la société civile ont déjà appelé à voter en faveur de ce texte, les islamistes sont divisés sur la question. Contrairement aux Frères musulmans, le parti salafiste Al-Nour, qui a soutenu la révolution contre Morsi et dont un dirigeant siégeait au sein de la Commission constituante, a appelé début décembre à voter en faveur du projet.
Par contre, les Frères musulmans (FM) ont annoncé qu’ils vont boycotter le référendum sur la Constitution.
 
Constitution plus progressiste
A noter que la future Constitution égyptienne est nettement plus progressiste que les précédentes. Dominée désormais par les libéraux. Si le caractère islamique du texte a été édulcoré, l’article 2, qui dispose que l’islam est religion d’État, a été conservé. En outre, les principes de la charia demeurent “la principale source du droit”. Les constituants ont cependant supprimé un article ouvrant la voie à des interprétations rigoristes de la loi religieuse, la Cour constitutionnelle étant désormais seule habilitée à interpréter le droit islamique.
Aux termes du préambule, l’Égypte est dirigée par un “gouvernement civil”, une formule pudique pour éviter celle “d’État laïc”, et la création de partis fondés sur des bases religieuses est proscrite. Plus progressiste que les précédentes en matière de droits et de libertés, la future Constitution définit la liberté de croyance comme étant “absolue”, criminalise la torture et fait obligation à l’Égypte de respecter les traités internationaux qu’elle a entérinés. Et, pour la première fois, le Parlement peut destituer le président à la majorité des deux tiers et après référendum.