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Qui porte la responsabilité du crash du Boeing en Ukraine?

24 Juillet 2014 10:32 pm

Le président russe a estimé que l’Ukraine porte la responsabilité de la tragédie du crash de l’avion malaisien. L’avion de la compagnie nationale de Malaisie s’est crashé dans l’Est de l’Ukraine avec 298 personnes à son bord. Selon Washington, il aurait bien été abattu en vol. Les corps des victimes de l’avion malaisien ont été enlevés dimanche du site du crash, dans l’est de l’Ukraine, par les séparatistes prorusses qui ont posé des conditions jugées inacceptables par Kiev pour y laisser accéder les experts internationaux.

L’Occident hausse le ton
Le chef de l’Etat Français, François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron ont haussé le ton face au président russe. Selon un communiqué de l’Elysée publié dimanche 20 juillet, les trois dirigeants souhaitaient que Vladimir Poutine obtienne le “libre et total accès” à la zone du crash de l’avion du vol MH-17 en Ukraine, qui transportait 298 personnes.
Les rebelles prorusses affirment avoir les boîtes noires. Selon un de leurs chefs, Alexandre Borodaï, ils ont trouvé “certains matériels qui pourraient être les boîtes noires” de l’avion. Il a affirmé être prêt à les remettre aux experts internationaux chargés d’élucider les causes du crash, expliquant que les rebelles “n’avaient pas de spécialistes pour les analyser” et ne faisaient “pas confiance” aux experts ukrainiens.
Le département d’Etat américain n’envisage pas de répondre aux questions de l’Etat-major de l’armée russe relatives au crash du Boeing 777 malaisien dans l’est de l’Ukraine, a annoncé aux journalistes la porte-parole de la diplomatie US Mary Harf. Selon cette dernière, les déclarations publiques de la partie russe ne méritent aucune confiance, Moscou étant impliqué “dans la propagande et la désinformation”. Selon la diplomate américaine, les Etats-Unis restent fidèles à leur position selon laquelle les insurgés ukrainiens “possèdent un missile sol-air SA-11 (Bouk), le tir ayant été effectué depuis le territoire contrôlé par les séparatistes”, a indiqué la diplomate. Elle a de nouveau accusé la Russie de livrer aux insurgés de l’est de l’Ukraine des armements, y compris des systèmes de DCA, précisant que d’après les informations du département d’Etat, les insurgés avaient reçu le missile en question le 14 juillet au plus tard.
De sa part, l’Etat-major russe a publié lundi ses données sur le crash du Boeing. Selon lui, l’avion a dévié de l’itinéraire initialement prévu et une activité excessive des radars ukrainiens a été constatée près de la zone de la catastrophe. Par ailleurs, selon l’armée russe, un avion de combat ukrainien évoluait dans le couloir aérien réservé aux vols de l’aviation civile peu de temps avant le crash du Boeing malaisien.
Les autorités de Kiev accusent les forces d’autodéfense populaire de Donetsk d’être à l’origine du crash, mais les insurgés affirment ne pas disposer de systèmes capables d’abattre un avion à cette altitude.

Enquêtes et crise en Ukraine
Les Pays-Bas ont ouvert une enquête sur le crash du vol MH17 pour meurtres, crimes de guerre et pour avoir abattu intentionnellement un avion de ligne. Les Etats-Unis s’opposent à la vente par la France de navires Mistral français à la Russie, a déclaré un haut responsable de l’administration Obama.
Le président américain Obama s’était déjà ému de ce contrat, déclarant début juin qu’il “aurait été préférable” que la France suspende la vente de ces porte-hélicoptères. Le contrat, qui gêne la France depuis le début de la crise en Ukraine, a été ramené lundi sur le devant de l’actualité par le Premier ministre britannique David Cameron, qui a mis en cause son opportunité, expliquant qu’une telle transaction serait “impensable” en Grande-Bretagne. Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté à l’unanimité une résolution exigeant que les groupes armés permettent un “accès sécurisé, total et sans restriction” au site.
A cet égard, le chef des séparatistes pro-russes, Alexandre Borodaï, a officiellement remis les boîtes noires à des experts malaisiens. Le président russe Vladimir Poutine a assuré que Moscou fera tout ce qui est en son pouvoir pour une enquête complète, impliquant toutes les parties, en profondeur et transparente. “On nous appelle à faire pression sur la rébellion. Nous ferons bien sûr tout ce qui est en notre pouvoir, je le répète, mais cela ne suffira pas”, ajoute-t-il.