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Pour un front mondial contre le terrorisme des FM

karim Felli

5 Avril 2014 8:37 pm

Comble de l##ironie, la confrérie terroriste des Frères musulmans avait été créée en 1928 par le cheikh Hassan al-Banna pour lutter contre la présence des Britanniques en Égypte. Comment donc serait-il possible d##accepter qu##un criminel crie misère et trouve refuge dans un pays démocratique mettant en péril son statut libre en y transférant les fonds détournés de divers trafics opérés clandestinement pour défendre une cause destructrice?

 
A cet égard, David Cameron a ordonné une enquête sur les Frères musulmans (FM) en raison d’inquiétudes sur les activités au Royaume-Uni de ce mouvement islamiste. L’organisation panislamisme des Frères musulmans préoccupe le Premier ministre britannique David Cameron, qui en est venu à commander une enquête sur ce mouvement. Les principales raisons de cette enquête: Diverses inquiétudes sur les activités au Royaume-Uni de ce mouvement islamiste, classé organisation terroriste en Égypte, a indiqué mardi Downing Street. Cette enquête est dirigée par l’ambassadeur du Royaume-Uni en Arabie Saoudite John Jenkins.
“Le Premier ministre a ordonné une évaluation, menée en interne par le gouvernement, sur la philosophie et les activités des Frères musulmans, et sur la politique du gouvernement vis-à-vis de l’organisation”, a déclaré mardi un porte-parole du Premier ministre. “Étant donné les inquiétudes exprimées sur le groupe et ses liens présumés avec l’extrémisme et la violence, il est légitime et avisé de tenter de mieux comprendre ce que les Frères musulmans représentent, comment ils comptent réaliser leurs buts et ce que cela implique pour la Grande-Bretagne”, a ajouté le porte-parole.
Selon le journal The Times, les services de renseignement britanniques sont chargés de rassembler les informations sur la confrérie à l’étranger et au Royaume-Uni, notamment le nombre de membres qui y ont trouvé refuge après la destitution en Égypte du président issu de ses rangs, Mohamed Morsi le 3 juillet 2013. Le quotidien fait état d’informations selon lesquelles des dirigeants du mouvement se sont réunis à Londres fin 2013 pour décider d’une réponse à la situation en Égypte. Dans ce pays, les autorités égyptiennes ont classé les Frères musulmans comme “organisation terroriste”. Depuis juillet, des groupes jihadistes multiplient les attaques contre les forces de l’ordre, qui ont fait plus de 340 morts, et un attentat meurtrier a même visé des touristes. Ces violences ont été attribuées par les autorités aux Frères musulmans, mais l’organisation a démenti.
 
Organisation secrète
 
Hier samedi, le procès de Morsi et des dirigeants de la confrérie terroriste des Frères musulmans impliqués dans l’assassinat de manifestants devant le palais présidentiel a eu lieu, suite à de nouvelles preuves de condamnation montrés lors de la précédente audience. “Les services de sécurité ont déniché une “organisation secrète des Frères musulmans” dont le but est d’espionner et de divulguer les secrets de l’État égyptien”, a d’ailleurs annoncé le ministre de l’Intérieur égyptien, le général Mohamed Ibrahim, lors d’une conférence de presse dimanche. “Certains des membres de cette organisation travaillent à la chaîne de télévision satellitaire qatarie Al-Jazeera“, a-t-il ajouté.
“Nous sommes parvenus à des informations selon lesquelles le président déchu Mohamed Morsi a tenté d’obtenir des documents relatifs à la sécurité nationale à travers son secrétaire à la présidence afin de divulguer les secrets de l’État” affirmait-il le 30 mars. Suite au jugement de Morsi pour espionnage pour le compte de parties étrangères, et notamment pour le mouvement palestinien du Hamas, le ministre a ainsi signalé lors de cette conférence de presse que “les services de sécurité ont mis la main sur trois sacs remplis de documents secrets dont l’obtention a été sollicitée en contrepartie d’énormes sommes d’argent“, en ajoutant qu’”Al-Jazeera a publié une image de l’un de ces documents“. Le responsable égyptien faisait ici allusion à l’image d’un rapport ultrasecret élaboré par le chef des renseignements militaires en Égypte au sujet de la situation au Sinaï: un document signalant que le chef des renseignements aurait recommandé le renforcement de la coopération avec le Hamas pour contrôler la sécurité au Sinaï.
 
Poursuite du terrorisme
 
Trois explosions ont tué deux personnes, dont un général de la police, et fait cinq blessés mercredi devant l’Université du Caire, ont annoncé les services de sécurité égyptiens.
Ces explosions ont été revendiquées par un groupe disant s’appeler Adjnad Misr (Les soldats de l’Egypte).
L’Université du Caire a été le théâtre ces dernières semaines de manifestations qui ont fait plusieurs morts dans les rangs des étudiants islamistes.
Le gouvernement intérimaire a indiqué cette semaine que près de 500 personnes, en majorité des policiers et des soldats, avaient été tuées dans des attentats depuis le renversement en juillet dernier du président islamiste Mohamed Morsi.
Après les explosions de mercredi, le gouvernement égyptien a annoncé qu’il adoptait jeudi un texte “lié à la lutte contre le terrorisme”.
 
Preuves de condamnation
 
Pour Le Caire, il y a bel et bien péril en la demeure anglaise. Preuve en est la vague de violence qui frappe l’Égypte depuis la chute de Morsi. Depuis juillet dernier en effet, plusieurs attaques contre les forces de police, l’armée ainsi que contre des étrangers (un car de touristes sud-coréens) ont fait plus de deux cents victimes. Des attaques revendiquées pour la plupart par Ansar Bait al-Maqdis, un groupe djihadiste que le gouvernement accuse d’être le bras armé de la confrérie. Si les deux organisations ont en effet le régime pour ennemi commun, Ansar Bait al-Maqdis entretiendrait plus de relations avec des groupes basés à Gaza, voire avec l’État islamique en Irak et au Levant, qui combat actuellement les troupes de Bachar el-Assad en Syrie.
Il s’agit là d’une véritable stratégie de l’Égypte, soutenue par les monarchies du Golfe, pour lier confrérie et terrorisme et ainsi décrédibiliser les Frères musulmans auprès des pays européens. Le but à terme est d’éradiquer purement et simplement le mouvement de la scène politique. Et pour cela, les ennemis des Frères musulmans entendent bien mettre la pression sur leurs alliés et partenaires économiques occidentaux.