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Pensées sur un nouveau pouvoir

Rafik Baracat

10 Janvier 2015 1:11 am

Du 25 au 27 novembre dernier, la France accueillait en visite officielle le Président de la République arabe d’Egypte, Abdel Fattah al-Sissi.
Comme d’habitude, les multiples commentaires d’alors peuvent se résumer en une longue litanie de critiques concernant le gouvernement français recevant l’ancien maréchal, le nouveau raïs d’une Egypte où chaque jour les médias occidentaux font état des atteintes aux libertés, du non respect des droits de l’Homme et du retour à des pratiques que le printemps du Nil devait pourtant faire oublier.
Il est normal que des belles âmes, des intellectuels ou des responsables d’ONG fassent ce genre de lecture.
Ils sont dans leur rôle. Mais il est navrant que certains « spécialistes » se contentent de faire primer sur l’analyse des observations lénifiantes et arrogantes, teintées de politiquement correct et d’idéologie.
Essayons de garder la tête froide et de faire un bilan des dix-huit mois de pouvoir d’al-Sissi, tout en jetant un regard objectif sur la situation égyptienne.
La situation politique et sécuritaire
Certes, en juillet 2013, c’est bien à la faveur d’un vaste mouvement de contestation populaire, qu’a été destitué le président islamiste Mohamed Morsi. A l’époque, la majorité des Egyptiens considérait alors que l’armée ne faisait que répondre à l’appel du peuple afin de se réapproprier un Etat et une révolution confisquée de jour en jour par les Frères musulmans vainqueurs de toutes les élections ayant suivi les évènements de 2011. Depuis, l’ancien chef d’état-major de l’armée fut triomphalement élu à la présidence en mai 2014.
Mais n’oublions pas que nous sommes en Orient et non sur les Champs-Élysées ou sur la Promenade des Anglais. Même si cela est déplaisant, il faut cesser de commettre l’erreur, très répandue dans nos médias et nos universités, de juger avec notre éthique et nos valeurs occidentales ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée. Ainsi, il est important de rappeler ici aux bien-pensants que si le maréchal al-Sissi et son armée n’étaient pas intervenus avec force, détermination mais aussi avec un certain savoir-faire, l’Egypte serait devenue, sans aucun doute et dans le meilleur des cas, une dictature islamiste implacable ou, au pire, après la Libye, la Syrie et l’Irak, le quatrième pays du monde arabe plongé dans le chaos.
Actuellement, le régime préserve toutefois les libertés fondamentales, les droits des femmes et les minorités religieuses. Et même s’il y a une recrudescence d’attentats contre l’armée, la police égyptienne et des civils, dans le Sinaï mais aussi au Caire, la situation reste tout de même sous contrôle et surtout, l’insécurité qui prévalait depuis trois ans a fortement été jugulée.
Atlantico.fr