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Morsi et les dirigeants des FM jugés demain

Felli – Michael Victor

3 Novembre 2013 1:29 pm

Tension judiciaire en Egypte où le président destitué Morsi doit être jugé demain avec 14 autres personnes, devant la cour d’assises, étant accusés d’incitation au meurtre de manifestants devant le palais de la présidence en décembre 2012

 
 
Mais ce procès pourrait attiser la colère des partisans de la confrérie interdite. L’Alliance pro-Fratrie a appelé les partisans du président déchu à se mobiliser massivement au Caire et dans tout le pays le jour du procès, mais les Frères musulmans ne mobilisent plus guère dans la rue depuis qu’ils ont été systématiquement arrêtés à chaque grande manifestation en août et septembre. Le gouvernement intérimaire a assuré qu’il déploierait massivement les forces de l’ordre ce jour-là et a, depuis août, autorisé policiers et soldats à ouvrir le feu sur tout manifestant se montrant “hostile” ou s’en prenant à un “bien public”.
 
Nouveau coup aux FM
Les autorités égyptiennes ont arrêté mercredi dernier un des derniers dirigeants des Frères musulmans encore en liberté, nouvel épisode de la campagne menée par le gouvernement contre les islamistes, et la police a dispersé quelques heures plus tard une manifestation à l’université d’Al Azhar.
Ancien porte-parole des Frères musulmans, Essam el Erian était vice-président du Parti Liberté et Justice (PLJ), fondé par la confrérie.
Il a été appréhendé dans une résidence du quartier périphérique du Nouveau Caire où il se cachait depuis le démantèlement, en août, des campements établis dans la capitale par les partisans du président Mohamed Morsi, déchu le 3 juillet.
La presse a publié une photo décrite comme prise au moment de son arrestation et montrant Erian souriant debout à côté d’un lit avec deux duvets.
Depuis l’éviction de Mohamed Morsi, lui-même issu des Frères musulmans, les autorités ont multiplié les arrestations de responsables islamistes. La plupart ont été inculpés d’incitation à la violence contre des manifestants sous la présidence Morsi, notamment en décembre 2012 devant le palais présidentiel.
Essam el Erian devrait d’ailleurs rejoindre le chef de l’Etat déchu et onze autres dirigeants de la confrérie sur le banc des accusés à l’ouverture de leur procès demain lundi.
Un autre procès, celui de Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans, ainsi que de ses adjoints Khaïrat al Chater et Rachad Bayoumi, a été ajourné mardi en raison de la “gêne” que la procédure inspire au tribunal.
CARTE BLANCHE CONTRE LES MANIFESTATIONS
Mercredi, au Caire, des étudiants de l’université d’Al Azhar ont de nouveau manifesté, après des semaines de rassemblement de soutien à Mohamed Morsi, et le recteur a dû appeler la police sur le campus pour “protéger les âmes et les propriétés”.
Les Frères musulmans ont été interdits par la justice au mois de septembre et leurs avoirs financiers saisis, le gouvernement affirmant que l’organisation incitait à la violence et au terrorisme.
Un millier de personnes, aussi bien des manifestants islamistes qu’une centaine de membres des forces de sécurité, sont mortes dans les violences consécutives à la mise à l’écart de Mohamed Morsi.
La tentative de reprise en main du pays par l’armée et le ministère de l’Intérieur s’est traduite par le rétablissement de l’état d’urgence, avec un couvre-feu nocturne toujours en vigueur.
Un projet de loi qui n’attend plus que la signature du président intérimaire donne en outre carte blanche à la police pour interdire les manifestations.