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Les vrais révolutionnaires à leur 3ème anniversaire du 25 janvier

Karim Felli

24 Janvier 2014 2:55 pm


Le 30 juin dernier, entre 14 et 17 millions d’Égyptiens avaient manifesté pour obtenir le départ de Morsi, élu un an auparavant par un peu plus de 13, 2 millions de voix, soit 51,73% des électeurs

. Un chiffre qui pourrait correspondre à l’opposition populaire d’alors, augmentée des déçus des Frères musulmans. Depuis, la tension est à son comble dans le pays, plus encore que lors des jours précédant la chute du régime de Hosni Moubarak.
 
Dans ce contexte, le président Mansour a reçu au palais présidentiel à Héliopolis une délégation réunissant des mouvements de jeunesse en présence du vice-président du conseil national des droits de l’homme, Abdel Ghaffar Chokr. Lors de cette rencontre, le président Mansour a tenu à souligner que la révolution du 30 juin s’inscrivait dans la continuité de la révolution du 25 janvier et son troisième anniversaire.
                                 
Achever la feuille de route
 
A cet égard, le ministre de la Défense, Abdel Fattah Al-Sissi a affirmé que les forces armées et la police contreraient, avec force et fermeté, toute tentative de compromettre la sécurité de l’Égypte. Lors d’une visite rendue au ministre de l’Intérieur Mohamed Ibrahim à l’occasion de la fête de la Police, Al-Sissi a salué le rôle de l’armée et de la police dans la sécurisation du référendum constitutionnel. Le général Al-Sissi a indiqué que les efforts de la police et de l’armée avaient prouvé au monde qu’ils étaient capables de sécuriser le pays, saluant le rôle du ministère de l’Intérieur dans le maintien de la sécurité et de la paix.
 
De sa part, le conseiller du président de la république pour les affaires politiques et stratégiques, Moustafa Hégazi, a affirmé que le peuple égyptien était capable de remplir ses engagements et achever les échéances de la feuille de route. Dans une conférence de presse tenue au siège de l’organisme général de l’information, Hégazi a souligné que les Egyptiens qui se révoltaient pour établir un Etat libre, confrontaient deux obstacles à savoir le fascisme religieux et la corruption financière et administrative. Hégazi a ajouté que la présidence de la république était en contact continu avec les médias locaux et occidentaux.
 
 
Triomphe du “oui”
 
Le ”oui” l’a emporté par 98,1%, avec 38,6% de participation, au référendum constitutionnel en Egypte, a annoncé la commission électorale.
La participation a été de 39 % dans 20 des 27 provinces. Ce référendum avait été présenté par le pouvoir comme une caution populaire à la révolution du 30 juin, mais les partisans de Morsi, qui l’ont boycotté, continuent de crier au coup d’Etat et de manifester malgré la faible mobilisation.
L’Alliance contre le coup d’Etat, qui réunit des partisans du président destitué Morsi, avait appelé à 18 jours de protestation à travers l’Egypte à partir de vendredi pour marquer le troisième anniversaire de la révolte ayant renversé Moubarak. Dans un communiqué publié, cette coalition chapeautée par les Frères musulmans, dont est issu Morsi, a expliqué que la mobilisation aurait lieu jusqu’au 11 février, jour anniversaire de la chute de Moubarak, après 18 jours de révolte populaire. L’Alliance a expliqué que l’objectif était “de mettre fin au régime militaire qui a commis la plupart, sinon la totalité, des crimes horribles et honteux perpétrés depuis le 25 janvier 2011, et qui ont connu leur apogée depuis le coup d’Etat militaire” ayant renversé Morsi.
 
Accumulation des charges
 
La Cour d’appel du Caire a fixé au 16 février le début du procès du président déchu Mohamed Morsi, du Guide suprême de la confrérie Mohamed Badie et de 34 autres dirigeants de la Fratrie, tous accusés de collaboration avec des organisations étrangères.
 
Parmi les autres charges, le groupe est accusé de “prendre des cours sur la façon de propager des rumeurs” et “d’ouverture des canaux de communication avec l’Occident par le biais du Qatar et la Turquie,” vraisemblablement à des fins d’espionnage.
 
Ils font également face à des accusations de collaboration avec des organisations étrangères avec des intentions de commettre des actes terroristes en Egypte, la divulgation de secrets de défense dans un pays étranger, le financement du terrorisme, l’entraînement militaire pour atteindre les objectifs de l’organisation internationale des Frères musulmans et commettre des actes compromettant l’indépendance, l’unité et l’intégrité territoriale du pays .
 
D’autres accusés dans l’affaire sont : Khayrat al-Chater ( adjoint du chef de file de la Fratrie) , Mahmoud Ezzat (Guide suprême vivant dans la clandestinité), Saad al-Katatni (ancien chef du parlement dissous) , les membres du Bureau d’orientation Mohamed al-Beltagui, Essam al-Eriane et Saad al-Husseiny, Ahmed Abdel Ati (le directeur du bureau de Morsi), l’ancien chef du bureau de la présidence Mohamed Refaa al-Tahtawi et son adjoint Assad al-Cheikha .
 
Les enquêtes indiquent que “l’organisation internationale des Frères ont effectué des actes de terrorisme en Egypte afin de semer le chaos et des attaques terroristes planifiées. Parmi ses clauses est l’alliance entre les dirigeants des Frères musulmans en Egypte avec des organisations étrangères, le Mouvement de résistance islamique Hamas, la branche militaire de l’organisation internationale des Frères musulmans et le Parti libanais du Hezbollah , qui est étroitement liée aux Gardiens de la Révolution iraniens, en plus d’autres organisations à l’intérieur et à l’extérieur du pays , qui croient dans les doctrines extrémistes, et la contrebande d’armes du côté ouest de la frontière par les pistes du désert . “
 
L’enquête a également mentionné qu’il y avait “des moyens d’infiltration des membres de la confrérie à la bande de Gaza par des tunnels secrets, avec l’aide de membres du Hamas, pour recevoir un entraînement militaire, apprendre les arts martiaux et l’utilisation des armes par le biais des membres du Hezbollah libanais et de la Garde révolutionnaire iranienne pour revenir ensuite en Egypte.
 
Selon les enquêtes, les défendeurs font également face à des accusations de collaboration avec d’autres éléments appartenant à des groupes extrémistes dans le Sinaï, dans le but de la mise en œuvre des actes terroristes “.
 
“L’organisation internationale et certains pays étrangers ont soutenu les dirigeants des Frères musulmans en Egypte, en transférant les fonds nécessaires pour commettre les actes criminels prévus et semer le chaos dans le pays, ” a révélé l’enquête.