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Les civils victimes du conflit entre le Hamas et Israël

Karim Felli

3 Août 2014 5:55 pm

Des semaines de frappes israéliennes brutales contre la bande de Gaza à forte population ont vu un certain nombre d’acteurs politiques se présenter pour présenter un plan de cessez-le-feu.
L’impasse, semble être cependant entre l’Egypte et le Qatar – qui ont tous deux une influence considérable sur le Hamas, le groupe affilié aux Frères musulmans qui a gouverné Gaza depuis 2007 La vérité est que, en raison de biais politique de chaque côté, aucun des deux pays n’est apte à être un médiateur exclusif dans cette situation.
Mais un seul de ces deux Etats détient des avantages géographiques et politiques indéniables: l’Egypte est le seul pays arabe qui borde la bande de Gaza, ce qui signifie que – pour le meilleur ou pour le pire – c’est le seul point d’accès de la bande vers le monde extérieur.

Le président américain Barack Obama a demandé à son allié israélien d’accepter un cessez-le-feu “immédiat et sans conditions” avec le Hamas dans la bande de Gaza. Sur le front diplomatique, après avoir envoyé dans la région son secrétaire d’Etat John Kerry pour tenter d’arracher un arrêt du conflit qui a débuté le 8 juillet, le président américain est personnellement monté au créneau. Sans ambiguïté, il a, selon un communiqué de Maison Blanche, clairement exprimé auprès du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu “l’impératif stratégique de mettre en place un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions qui mette fin dès à présent aux affrontements et conduise à un arrêt permanent des hostilités”.

Le Hamas demande des modifications
Un responsable du Hamas a demandé mercredi des modifications à la proposition de trêve présentée par l’Egypte pour mettre fin aux violences entre le mouvement islamiste palestinien et Israël, lors d’une rencontre au Caire. Le numéro deux du Hamas, Moussa Abou Marzouk, basé au Caire, a réclamé ces modifications lors d’entretiens avec des responsables égyptiens, le mouvement islamiste ayant refusé la veille une première mouture de la proposition de trêve qui avait été acceptée en revanche par Israël, a précisé Azzam Al-Ahmed, un responsable du Fatah du président Mahmoud Abbas. Après ce refus du Hamas, Israël a intensifié ses raids aériens sur la bande de Gaza.
De sa part, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu ses concitoyens qu’ils devaient se tenir prêts à une “longue campagne”.

Renforcer la médiation égyptienne
A noter que Moussa Abou Marzouk a remis officiellement aux responsables égyptiens une demande de son mouvement réclamant que la proposition de trêve inclut notamment l’ouverture des points de passage entre Israël et Gaza et la libération de dizaines de Palestiniens qui avaient été de nouveau arrêtés récemment en Cisjordanie, après avoir été remis en liberté en échange de la libération du soldat israélien Gilad Shalit en 2011. Abou Marzouk a également rencontré Abbas, arrivé dans la journée au Caire, pour tenter de trouver les moyens de mettre fin au bain de sang à Gaza. Le président palestinien a rencontré le chef de la diplomatie égyptienne Sameh Choukri et le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, et jeudi le chef de l’Etat Abdel Fattah Al-Sissi.
“L’Egypte et les Palestiniens, le Hamas inclus, se parlent toujours pour atteindre un cessez-le-feu”, a indiqué un représentant du Hamas à Gaza, même s’il a tempéré les chances de réussite, qualifiant les efforts faits de “faibles”. Il a souligné que “l’initiative doit mentionner clairement la levée du blocus israélien de Gaza, y compris l’ouverture de tous les points de passage, et la libération des prisonniers”.

Prêts à une trêve humanitaire
Dans la foulée, le Conseil de sécurité de l’ONU réuni en urgence a adopté, une déclaration unanime appelant elle aussi à un “cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions” à Gaza. Le Conseil a exhorté Israël et le Hamas à faire durer ce cessez-le-feu pendant toute la durée de la fête musulmane de l’Aïd. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a, de son côté, répété “dans les termes les plus fermes” la nécessité d’étendre la trêve observée pendant douze heures samedi.
Le secrétaire général de l’OLP avait déclaré un peu plus tôt que les principaux mouvements palestiniens étaient “prêts à une trêve humanitaire de 24 heures”. Cependant, les espoirs de paix semblent s’estomper de plus en plus. L’Aïd el-Fitr a été marqué par une intensification des frappes de part et d’autre, et les attaques aériennes se sont intensifiées.
Dans ce contexte, le Président palestinien Mahmoud Abbas a effectué un appel téléphonique avec le président Abdel Fattah Al-Sissi sur l’agression israélienne contre le peuple palestinien. Selon l’agence de presse palestinienne, Abbas a mis l’accent sur le rôle historique de l’Egypte envers la cause palestinienne, soulignant que l’initiative égyptienne était la meilleure option pour une sortie de crise. Il a salué le rôle que joue l’Egypte pour stopper l’effusion de sang palestinien, tout en souhaitant progrès et prospérité à l’Egypte.

Améliorer les conditions des Palestiniens
Par ailleurs, le délégué permanent de l’Egypte auprès de l’ONU, Moataz Ahmedeine Khalil, a espéré une amélioration des conditions du peuple palestinien, lui souhaitant une prochaine solution à sa crise. Lors de la réunion tenue au Conseil de sécurité avec la participation de l’ONU et des Organisations régionales opérant dans le domaine du maintien de la paix, et en présence du secrétaire général de l’ONU, Khalil a prôné l’augmentation de l’aide fournie par l’ONU aux organisations régionales avec en tête l’UA conformément au chapitre 8 de la Charte de l’ONU. Cette aide permet à l’UA de jouer un rôle important dans le rétablissement de la stabilité en Afrique dont plusieurs pays souffrent de conflits continus.

Usage excessif et injustifié de la force
L’Egypte suit avec une vive inquiétude le ciblage des civils notamment les personnes âgées, les femmes et les enfants, à Gaza, et condamne l’usage excessif et injustifié de la force par Israël contre des innocents. Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, l’Egypte a condamné le pilonnage d’un parc et d’un centre hospitalier à Gaza, ayant fait dix morts en martyre parmi les enfants palestiniens. L’Egypte affirme de nouveau la nécessité du respect par toutes les parties des règles du droit international humanitaire et des quatre conventions de Genève. A noter qu’ils pensaient y trouver refuge. Mais les seize Palestiniens cachés dans une école aménagée par l’ONU, dans le nord de la bande de Gaza, n’ont pas échappé mercredi aux bombardements israéliens.
Une assistance égyptienne a été acheminée à Gaza via le point de passage de Rafah, a indiqué une source responsable. Il est à noter que des médicaments et des produits alimentaires, offerts par les forces armées, ont été envoyés en plusieurs livraisons à Gaza.
Depuis le début de la guerre, quelque 1.030 Palestiniens ont été tués, selon les secours palestiniens. Trois morts sur quatre sont des civils, selon l’ONU. L’armée israélienne, qui a entamé le 17 juillet la phase terrestre de son offensive destinée à anéantir la menace militaire du Hamas et de son allié du Jihad islamique, a perdu 43 soldats, tandis que trois civils ont été tués par des roquettes. De son côté, le mouvement palestinien, considéré comme terroriste par Israël comme par les Américains, réclame un retrait des forces israéliennes de l’enclave qu’il contrôle depuis 2007. Le Hamas exige aussi une levée du blocus imposé depuis 2006 par Israël, qui asphyxie l’économie de ce territoire de 362 km2 où s’entassent 1,8 million de personnes, qui dépendent souvent de l’aide humanitaire pour survivre, une situation que la guerre n’a fait qu’empirer. Evoquant à Rome le Moyen-Orient et l’Ukraine, le pape François a lancé un appel pressant: “Arrêtez-vous ! S’il vous plaît, je vous le demande de tout mon cœur, il est temps de vous arrêter, arrêtez-vous ”.