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L’Égypte réclame l'extradition du pirate de l'avion

Karim Felli

31 Mars 2016 3:18 pm

 
 
 
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a exprimé son appréciation de la façon dont les autorités chypriotes ont traité l’affaire de l’avion détourné d’Egypt Air, dans un entretien téléphonique, avec son homologue chypriote Níkos Anastasiádis. Le président Al-Sissi a exprimé ses remerciements au peuple et aux autorités chypriotes pour leurs efforts, précisant que cette action reflète la profondeur des liens historiques et culturels entre les deux pays. Le président Anastasiádis a affirmé que Chypre et l’Égypte avaient l’habitude de se soutenir mutuellement dans de telles situations.
 Les autorités égyptiennes ont réclamé mercredi l’extradition de l’individu qui a détourné un avion de la compagnie nationale Egypt Air. Le procureur général Nabil Ahmed Sadek a demandé “aux autorités chypriotes de livrer le suspect Seif Al-Din Mohamed Mostafa aux autorités égyptiennes”, a indiqué un communiqué du parquet, qui s’appuie un accord bilatéral d’extradition signé en 1996.
L’égyptien de 58 ans a détourné un avion d’Égypte Air à l’aide d’une fausse ceinture d’explosifs. Placé en détention provisoire à Chypre, il pourrait être inculpé pour détournement, enlèvement de personnes avec le but de les conduire vers une destination inconnue, selon la police locale. Si la piste terroriste a été écartée, l’homme qui serait un “déséquilibré” a en particulier exigé que son ex-épouse, une Chypriote avec laquelle il a eu plusieurs enfants, vienne à l’aéroport pour qu’il lui remette une lettre.
 
Personne psychologiquement instable
La plupart des passagers du vol avaient été libérés dans la matinée. Sur les sept personnes qui restaient à bord, quatre ont été vues sortant de l’avion peu de temps avant l’annonce de l’arrestation du pirate. Tous les passagers et l’équipage sont sains et saufs, a assuré Chérif Fathy, le ministre de l’aviation civile. D’après son ministère, «l’appareil transportait quatre Néerlandais, huit Américains, quatre Britanniques, deux Belges, un Français, un Syrien et un Italien ». Les autres passagers seraient égyptiens. L’aviation civile a assuré que l’avion transportait 81 passagers ; Egypt Air affirme qu’il y en avait 55. Selon le syndicat du personnel d’équipage, les membres d’équipage de l’avion «refusaient de quitter l’avion tant que tous les passagers [n’avaient] pas été libérés».
Les autorités chypriotes se sont rapidement rendu compte qu’il ne s’agissait pas d’une affaire «terroriste», mais de «l’action individuelle d’une personne psychologiquement instable», selon un responsable gouvernemental. Le pirate de l’air, un Egyptien de 58 ans, a exigé que son ex-épouse, une Chypriote avec laquelle il a eu plusieurs enfants, se rende à l’aéroport pour qu’il lui remette des documents. Il a ensuite « menacé de se faire exploser si nous ne ravitaillions pas en fuel l’avion, afin de lui permettre de redécoller de Chypre pour Istanbul, a raconté Ioannis Kasoulides, le ministre des affaires étrangères de Chypre. Lorsqu’il a pris conscience qu’il n’y avait pas beaucoup de chances pour que ses demandes soient satisfaites, il a autorisé les deux passagers britanniques encore présents dans l’avion à descendre, puis il est sorti et a tenté de courir avant d’être attrapé » sur le tarmac de l’aéroport.
Les fouilles menées après le détournement ont montré qu’il n’y avait aucun explosif dans l’avion, comme sur l’homme. « Nous avons examiné le dispositif qu’il portait : il était composé d’étuis de téléphone qui donnaient l’impression, ou voulaient donner l’impression, qu’il s’agissait d’explosif », a décrit Kasoulides.
Entre la Chypre et la Turquie
Responsable du détournement d’un avion d’Egypt Air, Seif Al-Din Mohamed Mostafa a été placé sous les verrous pour huit jours par un tribunal chypriote. Cet égyptien de 58 ans est décrit comme “psychologiquement instable”. A bord d’un vol qui devait relier Alexandrie au Caire, l’homme a fait croire qu’il portait une ceinture d’explosifs et il a contraint le pilote à se détourner vers Chypre. A l’aéroport de Larnaca, il a libéré une grande partie des passagers, puis s’est rendu sans heurt après plusieurs heures de négociations. Il a notamment demandé à voir son ex-femme, une Chypriote, pour lui remettre une lettre. La plupart des passagers ont été rapatriés sur Le Caire mardi soir.
Un détournement d’avion qui se termine bien, pour une histoire d’amour qui finit mal. Mardi matin, le ministère égyptien de l’Aviation civile annonçait : «Un Airbus A320, de la compagnie Egyptair], qui transporte 81 passagers entre Alexandrie et Le Caire, a été détourné. Son pilote a affirmé qu’un passager a assuré détenir une ceinture d’explosifs et l’a obligé à atterrir à Larnaca, à Chypre.»
Le pirate de l’air contacte la tour de contrôle de Larnaca à 8 h 30 et l’avion est autorisé à atterrir à 8 h 50, précise la police chypriote. De quoi déclencher une couverture médiatique mondiale. L’appareil est isolé sur le tarmac. Dans la foulée, le preneur d’otages autorise plusieurs passagers à descendre de l’avion. A la mi-journée, il retient toujours à bord trois membres de l’équipage, un officier de sécurité et trois passagers.
Très vite, les médias grecs affirment que le pirate de l’air serait un professeur d’université en plein chagrin d’amour. Il aurait demandé l’asile à Chypre et réclamé de voir son ex-femme chypriote. Laquelle habite dans le village d’Oroklini, proche de l’aéroport. Elle est amenée fissa sur les lieux. «Les autorités sont en train de négocier», indique Nicoletta Tirimou, la porte-parole de la police chypriote, ajoutant que le couple aurait eu des enfants ensemble et que l’intéressé «a remis une lettre en arabe à la police».
Nicos Anastasiades, le président chypriote, confirme que ce détournement n’est “pas lié au terrorisme”. “Il y a toujours une femme au milieu”, balance-t-il, sexiste. Le pirate de l’air a agi individuellement, indique de son côté le ministère des Affaires étrangères chypriote. “Il s’agit de l’action individuelle d’une personne psychologiquement instable”, déclare Alexandros Zenon, un haut responsable du ministère. La prise d’otages, qui a duré près de six heures, s’achève peu avant 14 heures. On aperçoit le pirate de l’air descendre de la passerelle les mains en l’air. “Il a été arrêté”, tweete le porte-parole du gouvernement chypriote. Aucun otage n’a été blessé. Aucun explosif n’a été retrouvé ni dans l’avion ni sur lui.