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L’Egypte entame sa médiation pour une trêve durable à Gaza

7 Août 2014 12:33 pm

Israël veut empêcher le réarmement du Hamas ce que le mouvement terroriste refuse catégoriquement. Des médiateurs égyptiens ont relayé mercredi auprès des négociateurs palestiniens les exigences des Israéliens dans le cadre de pourparlers au Caire en vue d’une trêve durable à Gaza, au-delà du cessez-le-feu de 72 heures entamé mardi. Mais les exigences des deux parties semblent difficilement conciliables, Israël veut empêcher le réarmement du Hamas et des autres groupes armés à court terme et démilitariser la bande de Gaza sur le long terme, ce que le mouvement terroriste au pouvoir à Gaza refuse catégoriquement.

La délégation égyptienne, menée par des hauts responsables du renseignement, avait rencontré au préalable les négociateurs israéliens, tout juste arrivés au Caire. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Sameh Choukri, a annoncé mercredi soir lors d’une conférence de presse au Caire que pour l’instant, “le cessez le feu était maintenu”. “Nous espérons qu’il sera étendu pour fournir une réelle opportunité à la négociation. Nous espérons que l’extension de l’accord de cessez-le-feu interviendra au plus vite, et restera permanent”, a-t-il déclaré. Il faut porter une attention à toutes les questions concernant les besoins des habitants de la bande de Gaza: la reconstruction, l’ouverture des points de passages, la levée du blocus et l’octroi de garanties pour qu’une escalade militaire ne se reproduise pas”, a-t-il ajouté.
Le Hamas exige en outre la levée du blocus, l’ouverture des points de passage aux frontières, l’élargissement de la zone de pêche autorisée à 12 miles nautiques et la libération de prisonniers palestiniens. L’émissaire du Quartette (ONU, Union européenne, Etats-Unis, Russie) pour le Proche-Orient, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, a revisité mercredi le Caire en compagnie du coordinateur de l’ONU pour le processus de paix au Proche-Orient, Robert Serry. Ils se sont entretenus dans la soirée avec les médiateurs égyptiens, au Caire.

Washington participera aux discussions
Pour l’instant, l’accord de cessez-le-feu “ne prévoit que le retour au calme”, a rappelé Yigal Palmor, porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Le ministre israélien du Renseignement Yuval Steinitz s’est dit “sceptique”, accusant le Hamas d’avoir “déjà violé six trêves antérieures”. De son côté, la porte-parole du Département d’Etat Jen Psaki a déclaré que les Etats-Unis pourraient participer aux discussions en cours en Egypte, sans préciser quand et à quel titre, ajoutant que la priorité était l’extension du cessez-le-feu temporaire jusqu’à présent respecté.
Par ailleurs, la chaîne télévisée libanaise Al-Maydeen a indiqué que des délégués égyptiens auraient suggéré aux deux parties de prolonger le cessez-le-feu à 120 heures afin d’aider les négociations. Cependant, le Djihad islamique affirme que la question du désarmement des groupes terroristes dans la bande de Gaza ne sera pas à l’ordre du jour des pourparlers indirects avec Israël.

Retrait de la bande de Gaza
L’armée israélienne s’est totalement retirée mardi de la bande de Gaza, près d’un mois après le début de l’opération “Bordure protectrice” qui a fait 1.875 morts selon le ministère de la Santé du Hamas. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont péri. Un des chefs du Hamas et membre de la délégation a catégoriquement rejeté une des conditions posées par les Israéliens pour une trêve prolongée: le désarmement des combattants du Hamas et autres groupes armés dans la bande de Gaza. “Nous tuerons quiconque tente de prendre nos armes”, a juré Ezzat al-Rishq sur son compte Twitter. Il a précisé que le Hamas ne tiendrait même pas compte de la demande israélienne de déposer les armes, en particulier les roquettes qu’il tire régulièrement sur le territoire d’Israël.
Des sources proches du Hamas ont déclaré que les Egyptiens ont rejeté certaines des demandes qui ont été présentées par la délégation palestinienne il y a quelques jours, y compris la réouverture du passage de Rafah et la création d’un aéroport, ainsi que la construction d’un port maritime. L’ex-Premier ministre du Hamas, Ismail Haniyeh, a déclaré que la délégation s’en tenait à ses exigences et ne ferait aucun compromis, assurant qu’Israël ne serait pas en mesure d’obtenir des gains politiques après son “échec” sur le champ de bataille.

La Ligue arabe évalue les besoins
La Ligue arabe a par ailleurs annoncé qu’elle allait dépêcher “prochainement” des ministres d’au moins quatre de ses pays membres à Gaza pour marquer sa “solidarité” avec ses habitants après un mois d’une guerre sanglante avec Israël dans l’enclave palestinienne, a annoncé mercredi son secrétaire général Nabil Al-Arabi.
“Je me rendrai ces prochains jours en visite dans la bande de Gaza à la tête d’une délégation, comprenant les ministres des Affaires étrangères du Koweït, de l’Egypte, de la Jordanie et du Maroc”, a précisé Al-Arabi.
Cette délégation doit aussi évaluer les besoins pour la reconstruction dans une bande de Gaza dévastée par les bombardements israéliens, a précisé le secrétaire général au deuxième jour d’un cessez-le-feu et au lendemain du retrait total de l’armée israélienne de l’enclave.

Une solution à deux Etats
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé mercredi à mettre fin au “cycle insensé des souffrances” dans la bande de Gaza, dans un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies. “Faut-il continuer comme ça: construire, détruire puis reconstruire encore?”, s’est-il interrogé. “Nous allons reconstruire Gaza mais ce doit être la dernière fois, il faut que cela cesse””, a-t-il martelé. “Le cycle insensé des souffrances à Gaza et en Cisjordanie, ainsi qu’en Israël, doit cesser”, a-t-il lancé lors d’une session informelle de l’Assemblée générale convoquée par les pays arabes membres de l’ONU pour évoquer la situation à Gaza.
Par ailleurs, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a exhorté Israël et les Palestiniens à saisir l’opportunité du cessez-le-feu temporaire à Gaza pour revenir à des négociations “plus larges sur une solution à deux Etats”, dans une interview à la BBC.