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Le terrorisme hideux tente de s'imposer en fin de ramadan

9 Juillet 2016 1:01 pm

 
Les nouvelles circulant à travers les différents médias sont surprenantes et impressionnantes, et pourraient provoquer la panique et le chagrin pour le résultat des actions de certains extrémistes, sous couvert de la religion, en dépit du développement scientifique et technologique et la croissance horizontale et verticale de toutes les potentialités de la vie qui sont riches en dimension humaine et environnementale.
Malgré tout ce potentiel humain, et la richesse des ressources naturelles, nous sommes confrontés à une vague de terrorisme aveugle, de subversion et de destruction; ceci à travers le terrorisme de la pensée et de l’esprit borné incapable de distinguer entre ce qui est vrai ou faux.
Depuis de nombreuses années, notre pays est confronté, ainsi que plusieurs autres régions du monde, à une vague de terrorisme, de violence et d’assassinat ; l’effondrement de la sécurité dans certains pays a mené à cette situation et fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés à l’intérieur de ces pays.
Les musulmans du monde entier ont célébré mercredi dernier l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du mois du ramadan. Cette année, la fête avait un goût amer dans plusieurs pays durement touchés par les attentats perpétrés la dernière semaine du mois sacré pour les musulmans.
A Istanbul, Dacca, Bagdad ou Médine, en l’espace de quelques jours, des centaines de personnes sont mortes dans des attaques derrière lesquelles plane l’ombre du groupe Etat islamique (EI), même si l’organisation terroriste ne les a pas toutes revendiquées. L’EI avait prévenu cette année qu’elle profiterait de cette période de recueillement pour frapper sans relâche. Son but étant d’imposer aux musulmans sa vision totalitaire d’un ramadan de sang, alors que le mois de jeûne est marqué dans l’islam par la solidarité et la piété.
Istanbul
A l’aéroport international Atatürk d’Istanbul, il est environ 22 heures mardi 29 juin quand trois kamikazes ouvrent le feu dans l’un des terminaux avec des fusils-mitrailleurs sur des passagers et des policiers en faction, avant de se faire exploser.
Une semaine après l’attaque, le dernier bilan du triple attentat-suicide est de 45 morts, dont 19 étrangers.
Cette attaque, la quatrième et la plus meurtrière en Turquie depuis le début de l’année, n’a pas été revendiquée, mais les responsables turcs ont pointé très vite l’organisation Etat islamique. Dans le cadre de l’enquête, la police a arrêté 24 personnes à Istanbul, dont 15 étrangers, selon l’agence de presse .
Dacca
Une vingtaine de clients sont attablés, vendredi 1er juillet aux alentours de 21 heures, quand un commando armé fait irruption dans le restaurant Holey Artisan, situé dans le quartier diplomatique de Dacca, la capitale du Bangladesh. Commence alors une prise d’otages qui prendra fin au petit matin avec l’assaut des forces de sécurité, et se soldera par la mort de vingt otages et de cinq assaillants.
Le sort d’un sixième jeune homme, tué par les forces de l’ordre, demeure obscur. Initialement présenté comme un assaillant, il pourrait s’agir d’un employé de cuisine abattu accidentellement par la police. Un septième suspect a été arrêté.
Selon les témoignages de plusieurs survivants, les assaillants ont séparé les Bangladais des étrangers avant de se livrer à leur carnage à l’arme blanche. Au total, neuf Italiens, sept Japonais, deux Bangladais, une Américaine et une étudiante indienne ont perdu la vie dans cette attaque revendiquée rapidement par Aamaq, l’organe de propagande de l’organisation Etat islamique.
Le gouvernement, qui nie la présence de l’EI dans le pays, a lui déclaré que tous les assaillants appartenaient au Jamaeytul Mujahdeen Bangladesh (JMB), un groupe islamiste local interdit.
Bagdad
Samedi 2 juillet, après l’iftar , le repas de rupture du jeûne du ramadan, les habitants de Bagdad profitent de la douceur du soir pour faire leurs courses dans l’artère commerçante du quartier de Karrada, préparant les festivités de la fin du mois sacré. C’est dans cette rue bondée qu’un kamikaze de l’EI fait exploser sa voiture piégée, tuant près de 220 personnes, et perpétrant ainsi l’attentat le plus meurtrier dans ce pays depuis des années. La puissante déflagration a provoqué des incendies et ravagé plusieurs immeubles et échoppes aux  alentours.
Selon le centre américain de surveillance de sites djihadistes SITE, l’EI a précisé dans sa revendication que l’attentat avait été commis près d’un rassemblement de chiites, communauté musulmane majoritaire en Irak et considérée comme hérétique par l’organisation terroriste sunnite.
Le ministre irakien de l’intérieur a présenté sa démission deux jours après l’attaque – nouvelle tentative pour apaiser la colère contre le gouvernement, accusé d’échouer à mettre en place des mesures de sécurité efficaces à Bagdad, en dépit de l’aide de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.
Arabie saoudite
Le lendemain de l’attentat de Bagdad, lundi 4 juillet, c’est l’Arabie saoudite qui est frappée à son tour par une vague d’attentats-suicide, rare dans le royaume. Trois kamikazes font exploser leurs bombes à proximité de mosquées dans trois villes. A Djeddah d’abord, dans l’Ouest, un homme se fait exploser non loin du consulat des Etats-Unis, blessant légèrement deux agents de sécurité. L’explosion se produit juste avant les prières de l’aube, qui marquent le début du jeûne quotidien pendant le mois du ramadan.
En début de soirée, c’est ensuite près d’un lieu de culte à Qatif, capitale de la minorité chiite dans l’Est, qu’un autre kamikaze frappe, tuant au moins trois personnes. Presque simultanément, une attaque a lieu devant la mosquée du Prophète à Médine, deuxième ville sainte de l’islam après La Mecque, très fréquentée par les fidèles en ces derniers jours du ramadan. Quatre agents de sécurité y perdent la vie et cinq autres sont blessés.
Ces attaques n’ont pas été revendiquées dans l’immédiat, mais leur mode opératoire rappelle celui de l’EI, qui a revendiqué plusieurs attentats-suicide meurtriers en Arabie saoudite depuis plus d’un an. Le royaume, poids lourd régional, fait partie de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis qui mène la guerre contre l’EI en Irak et en Syrie. Depuis plus d’un an, il a multiplié les arrestations d’islamistes radicaux, et a annoncé en 2015 le démantèlement d’un groupe lié à l’EI – une organisation qualifiée d’« ennemie de l’islam » par le grand mufti Abdelaziz Al-Cheikh, plus haute autorité religieuse sunnite d’Arabie saoudite.
Al-Ariche
Un prêtre copte égyptien a été tué jeudi 30 juin par balles dans le nord de la péninsule du Sinaï, dans l’est de l’Egypte, une attaque revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI).
Raphaël Moussa, 46 ans, a été atteint mortellement lorsqu’un homme non identifié lui a tiré dans la tête dans la localité d’al-Ariche. La victime venait d’assister à une messe à l’église et se trouvait près de sa voiture au moment de la fusillade.
Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, la branche égyptienne de l’EI a revendiqué l’attaque, en affirmant que ses hommes avaient tiré sur le prêtre accusé de “combattre l’islam”.
L’EI a commis de nombreux attentats visant policiers et soldats dans son bastion du nord du Sinaï, cette péninsule désertique de l’est, frontalière avec Israël et l’enclave palestinienne de Gaza.
En juillet 2013, un autre prêtre copte avait été tué par balles dans la même localité, trois jours après l’éviction du président islamiste Mohamed Morsi.
Des pro-islamistes avaient ensuite attaqué et incendié des dizaines d’églises et de maisons chrétiennes, accusant la minorité copte d’avoir soutenu l’éviction de Morsi.
Les organisations jihadistes dont la branche égyptienne de l’EI ont elles aussi ciblé des chrétiens ainsi que des musulmans accusés de collaborer avec l’Etat.