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Le Sud-Soudan au bord d’une guerre civile

29 Décembre 2013 1:22 pm

Le président Salva Kiir accuse son ancien vice-président limogé en juillet, Riek Machar, d’être à l’origine du putsch. Alors que la rébellion est installée à Bor, la capitale de l’Etat du Jonglei, son chef Riek Machar a accusé Salva Kiir de vouloir éliminer ses rivaux et démenti être à l’origine de la tentative de coup d’Etat. Si le président s’est dit prêt à discuter avec Riek Machar, “sans condition préalable, ce dernier a fait savoir auparavant qu’il était uniquement prêt à négocier un départ du chef de l’Etat, qu’il accuse de “tendances dictatoriales.
Cette lutte pour le pouvoir a provoqué des violences entre leurs ethnies réciproques : les Nuer pour Machar et les Dinka pour Kiir. Des combats opposaient fin décembre en cours l’armée sud-soudanaise et la rébellion dans l’Etat du Nil supérieur, un Etat pétrolier du Soudan du Sud.  Les combats touchent désormais la moitié des dix Etats du jeune pays, indépendant depuis 2011 : ceux de Jonglei, d’Unité, d’Equateur central (Juba), mais aussi du Nil supérieur ou encore d’Equateur oriental.
 
Appel mondial
L’ONU a lancé un appel urgent aux dons pour le Soudan du Sud, où les agences humanitaires ont besoin de 166 millions de dollars pour secourir la population jusqu’en mars. Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé mardi l’envoi de près de 6 000 casques bleus de plus au Soudan du Sud, soit un quasi-doublement des effectifs de la Minuss, qui deviendra ainsi la troisième mission de maintien de la paix de l’ONU, après celles en République démocratique du Congo et au Darfour.
Selon le bureau de coordination des affaires humanitaires, les priorités sont les besoins sanitaires et de santé, la distribution de nourriture ainsi que la gestion des centres pour les personnes déplacées par les combats et les violences interethniques de ces derniers jours. Il s’agit aussi d’aider 200 000 réfugiés venus du Soudan voisin et installés dans les Etats sud-soudanais d’Unité et du Nil supérieur.
Washington et l’enjeu pétrolier
Washington suit de très près la situation au Soudan du Sud, notamment la situation humanitaire, les risques de guerre civile et de massacres de masse, mais aussi sur l’implication des Américains. Ils redoutent de se retrouver dans une situation telle que celle de Benghazi en Libye, où l’ambassadeur des États-Unis et trois de ses collaborateurs ont trouvé la mort en décembre 2012. L’ambassadeur Stevens a-t-il été victime d’une négligence de la CIA, ou d’une trop lente mobilisation de département d’État ? Cette attaque contre le consulat de Benghazi reste un point noir dans le parcours d’Hillary Clinton, alors en charge des Affaires étrangères et peut-être bientôt candidate à la présidence.
La Maison-Blanche ne veut pas répéter l’erreur au Sud-Soudan. 150 marines ont donc été positionnés à Djibouti et en Ouganda. Ils doivent pouvoir intervenir à tout moment pour protéger les ressortissants américains. La préoccupation porte aussi à Washington sur l’échec que représentent les événements actuels au Soudan du Sud, un pays à majorité chrétienne, dont les États-Unis ont très activement soutenu la marche vers l’indépendance. Le Congrès a voté un budget de 400 millions de dollars en assistance pour 2014, une aide que Barack Obama menace de retirer à tout moment si les deux parties ne trouvent pas un compromis.
Il ne faut pas oublier enfin l’enjeu pétrolier. Les déclarations de Riek Machar, qui affirme contrôler les zones de production et se dit prêt à trouver un accord avec Khartoum pour assécher les sources de revenus de Juba inquiètent l’administration Obama au plus haut point.