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Le sommet Al-Sissi–Poutine détermine l’avenir du Proche-Orient

2 Septembre 2015 1:26 pm

 

Le président Abdel Fattah Al-Sissi a été reçu à Moscou mercredi dernier par son homologue russe Vladimir Poutine. Al-Sissi effectuait une visite officielle de 2 jours en Russie. C’est la 5ème fois en un peu plus d’un an que les deux hommes se rencontrent. Côté russe, c’est l’occasion de rappeler l’influence de Moscou dans les affaires du Proche-Orient. Côté égyptien, il y a manifestement la volonté de diversifier ses alliances et son armement.
En plus de la lutte anti-terroriste, les deux hommes ont évoqué les relations économiques entre leurs deux pays.

Stabilité au Proche-Orient
Au premier jour de sa visite à Moscou, le président Abdel Fattah Al-Sissi s’est rendu au siège du parlement russe où il s’est entretenu avec le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe), Sergueï Narychkine. Les entretiens ont porté sur la tenue des prochaines élections parlementaires en Egypte. De sa part, le président du parlement russe, Sergueï Narychkine, a affirmé que la Russie considérait l’Egypte en tant que partenaire confident de la Russie au Proche-Orient. Il a souligné que son pays accordait un vif intérêt à renforcer le rôle joué par l’Egypte dans l’établissement de la stabilité au Proche-Orient. Al-Sissi s’est entretenu également avec le ministre russe de l’Industrie et du Commerce, Denis Manturov. Le Président a examiné également avec le président du Fonds russe d’investissements directs Kirill Dmitriev la promotion des relations bilatérales sur le volet commercial et économique en sus de la hausse du taux des investissements russes en Egypte.

 

Coalition antiterroriste
Le président Abdel Fattah al-Sissi, a prôné mercredi une coopération renforcée avec la Russie dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, notamment au Proche-Orient, lors d’une rencontre à Moscou avec son homologue russe, Vladimir Poutine. “Le peuple égyptien espère le renforcement de nos relations dans tous les domaines, non seulement économique, mais aussi dans la lutte contre le terrorisme”, a déclaré Abdel Fattah al-Sissi, accueilli par Poutine au Kremlin. Il s’agit en premier lieu de la lutte antiterroriste “au Proche-Orient, secoué actuellement par de graves problèmes provoqués par le terrorisme et l’extrémisme”, a expliqué Al-Sissi. “C’est un sujet très important”, a pour sa part déclaré le président russe, soulignant le “rôle clé” de l’Égypte en matière de lutte antiterroriste dans cette région.
Vladimir Poutine a réitéré sa proposition de “créer un front antiterroriste élargi” comprenant plusieurs pays de la région, dont la Syrie. De retour dans les affaires du Proche-Orient à la faveur des épineux dossiers de la guerre en Syrie et du programme nucléaire iranien, la Russie a multiplié les contacts ces dernières semaines.
A cet égard, le président Abdel Fattah Al-Sissi a rencontré le roi de Jordanie Abdallah II en visite à Moscou pour assister au Salon aéronautique de Russie “Maks”. Le roi Abdallah ll avait confirmé le plein appui de la Jordanie à l’Égypte vu la convergence de vues des deux leaders sur la nécessité de lutter contre le terrorisme et de jumeler les efforts de la communauté internationale, arabe et islamique pour contrer le danger des groupes et des organisations terroristes.

Rôle “vital” de la Russie
Par ailleurs, le roi Abdallah II de Jordanie, qui a précédé de 24 heures le président Al-Sissi à Moscou, avait ainsi souligné mardi soir le rôle “vital” de la Russie pour trouver un accord entre toutes les parties du conflit en Syrie, lors d’une rencontre avec Poutine. Le président russe s’est également entretenu mardi avec l’homme fort des Emirats arabes unis, Cheikh Mohamed ben Zayed Al-Nahyane. Auparavant, les chefs de la diplomatie saoudienne et iranienne se sont également succédé à Moscou alors que la Russie tente, en vain pour l’heure, de convaincre les pays de la région de monter une coalition élargie, comprenant l’armée régulière syrienne, pour combattre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak.
Poutine et ses invités ont assisté à l’ouverture du salon aéronautique Maks-2015, vitrine de l’industrie aéronautique et spatiale russe. Plus de 700 sociétés russes et étrangères d’une trentaine de pays étaient représentés à ce salon qui se tient tous les deux ans.
Le salon aéronautique international Maks-2015 ouvre ses portes au moment où la Russie, en froid avec les Occidentaux en raison de la crise ukrainienne et des sanctions décidées par les Américains et les Européens contre Moscou, dépense des milliards de dollars pour moderniser ses forces armées engagées à un rythme soutenu dans des manœuvres militaires de l’Arctique à l’Extrême-Orient.

 

Moscou, Washington et Tel-Aviv
Mais au-delà de l’aspect industriel et militaire, la venue des deux responsables arabes s’inscrit dans le ballet diplomatique des délégations du Proche-Orient venus ces dernières semaines à Moscou. Des représentants de l’opposition syrienne tolérée par Damas se trouvent déjà depuis une semaine à Moscou pour des entretiens sur la crise syrienne. Et des responsables iraniens sont attendus cette semaine dans la capitale russe pour finaliser les négociations sur l’achat par l’Iran de batteries de missiles S-300 au grand dam des Israéliens et des Américains.
En 2014, les ventes d’armes russes avaient généré 15,5 milliards de dollars malgré les sanctions visant le secteur de la défense, faisant de la Russie le deuxième vendeur d’armes au monde derrière les Etats-Unis avec 27% des exportations d’armes, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).
Si aucune vente d’armes à des pays étrangers n’est prévue, des commandes publiques, concernant notamment l’achat par l’armée de l’air russe d’une cinquantaine de Su-35, pourraient être annoncées, selon le quotidien russe des affaires Vedomosti. Le complexe militaro-industriel russe avait par ailleurs exhibé son dernier fleuron de l’aviation, le Soukhoï T-50, chasseur furtif de 5e génération développé en coopération avec l’Inde et qui doit entrer en service en 2016 dans l’armée russe.

 

 

Karim Felli