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Le "nouveau" canal de Suez sera inauguré le 6 août 2015

Karim Felli

26 Juillet 2015 10:31 am

L’Autorité du canal de Suez (ACS) a annoncé le lancement des célébrations du “nouveau” canal de Suez, qui culmineront avec son inauguration le 6 août par le président Abdel Fattah Al-Sissi accompagné des “leaders” du monde entier. “Le nouveau canal de Suez est bien plus qu’une nouvelle voie de navigation et un joyau d’ingénierie. C’est un catalyseur pour le peuple égyptien, une nouvelle source de fierté et la promesse d’un avenir plus prospère”, a déclaré le 13 juin 2015 l’amiral Mohab Mamiche, chef de l’Autorité du canal de Suez, lors du lancement des célébrations de cette nouvelle infrastructure. “Le nouveau canal forme l’un des projets les plus importants de l’Égypte des temps modernes. Il devra contribuer à l’essor de l’économie et de la société pour les décennies à venir”, a affirmé le responsable.
Ce “magnifique cadeau” offert au monde par l’Égypte a commencé par la mobilisation du “peuple” qui, en à peine six jours, a apporté 8,5 milliards de dollars. Les travaux ont démarré le 6 août 2014. Malgré les estimations initiales évaluant la durée du projet à trois ans, il sera achevé en moins de 12 mois, ce qui représente un réel “défi” humain et technique.
Cette nouvelle voie navigable de 72 km doit permettre un trafic dans les deux sens en même temps, et multiplier par deux la capacité quotidienne de transport, passant de 49 navires à 97 vers 2023. Le délai d’attente pour transiter passera de 11 heures à 3 heures. Les résultats attendus sont une augmentation des revenus de l’Autorité du canal de 5,3 milliards de dollars en 2015 à 13,2 milliards de dollars en 2023. Ce qui conduira à renforcer la position du canal comme l’une des trois ressources financières de l’Égypte. Le nouveau canal de Suez s’inscrit dans le cadre de la mise en place d’une importante zone industrielle tout au long du canal, connue sous le nom de Zone du Canal de Suez. Elle comprend une large gamme d’activités, notamment la fabrication, la logistique, la réparation de navires… Le canal de Suez constitue un élément vital du commerce mondial. La Zone du Canal de Suez deviendra ainsi une plate-forme d’accès à 1,6 milliard de clients dans le monde. Le projet dotera l’Égypte d’opportunités d’investissements et d’emplois pour les années à venir
 
Les premiers Rafale
Dans ce contexte, des appareils français Rafale se sont envolés pour le Caire où ils participeront à la cérémonie d’élargissement du canal de Suez. C’est le mardi dernier que les trois premiers des 24 Rafale vendus à l’Egypte s’étaient envolés de la base d’Istres près de Marseille à destination du Caire. Les appareils vont parader le 6 août prochain, en plus de la frégate multi-mission Fremm, déjà livrée elle, pour l’inauguration du doublement du Canal de Suez. “Ce fleuron incomparable va renforcer les capacités de défense de l’Egypte”, a déclaré son ambassadeur en France, Ihab Badawy, à Istres, lors de la cérémonie de remise des clés.
Quatre pilotes égyptiens sont déjà aptes à voler. Mais pour en arriver là, les ingénieurs de Dassault, de ses partenaires industriels comme Thales ou MBDA, sans oublier les personnels de l’armée de l’air française, ont dû relever un véritable défi. Outre le volet formation, il a fallu procéder en un temps record – le contrat a été signé le 16 février après une négociation express – à de nombreuses modifications car les avions ont été prélevés sur le quota français. Tous les éléments sensibles, liés au radar notamment, où les équipements au standard Otan comme la liaison radio, ont été retirés, et il a fallu tester le tout. “Impossible n’est donc ni français, ni égyptien”, a résumé, un brin lyrique, Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation.
 
Surveillance des frontières
Dans le contexte du renforcement de sa sécurité, l’Egypte va se doter d’un système américain de haute technologie pour la surveillance de ses frontières. Le département d’Etat américain a donné son aval pour débloquer 100 millions de dollars d’aide militaire au Caire pour l’acquisition du système, dont le fournisseur reste encore à déterminer. Il s’agit d’un système dit de “surveillance mobile” utilisé par les Etats-Unis pour contrôler leur frontière avec le Mexique. Il intègre notamment des radars et des caméras montés sur des véhicules tout-terrain et des drones, ainsi que des détecteurs de mouvements enfouis dans le sable. Le système est relié par satellite et 4G à un quartier général, où les données sont traitées en temps réels par ordinateur.
Ce dispositif est notamment destiné à la surveillance de la frontière qui s’étend sur 1 000 kilomètres de désert entre l’Egypte et la Libye, dont le centre est contrôlé par des jihadistes et d’où part une importante contrebande d’armes. Il en sera de même au sud sur les 1 000 kilomètres de frontière avec le Soudan. Le système sera aussi utilisé pour surveiller la cinquantaine de kilomètres qui séparent la ville égyptienne d’al-Ariche de la bande palestinienne de Gaza. Une région où se déroulent des combats quotidiens entre les forces de sécurité et des jihadistes affiliés à l’organisation Etat islamique.