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La Crimée, nouveau rideau de fer ou nouvelle réalité

Karim Felli -Michael Victor

20 Mars 2014 3:29 pm

Vladimir Poutine a indiqué que désormais, la Crimée faisait partie de la Russie. Le jour est historique pour la Russie: à la mi-journée, le président Vladimir Poutine a signé un traité rattachant immédiatement la Crimée, péninsule ukrainienne, au pays qu##il dirige.

 
 Un accord qui fait fi des sanctions occidentales décrétées la veille contre Moscou. “L’Ukraine ne reconnaîtra jamais l’annexion de la Crimée”, a répondu le président par intérim, Alexandre Tourtchinov. Une colère partagée par de nombreux chefs d’Etat occidentaux.
Le président russe a demandé au Parlement une loi rattachant la Crimée et sa capitale Sébastopol. Il a également signé un accord sur ce rattachement avec les dirigeants pro-russes de la péninsule. La Crimée avait été offerte en 1954 à l’Ukraine par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, une décision prise selon M. Poutine “en violation des normes constitutionnelles ” de l’époque. 
«Quand la Crimée s’est retrouvée soudain dans un autre Etat, après la chute de l’URSS, la Russie a alors senti qu’on ne l’avait pas seulement volée, mais pillée», a-t-il dit. 
“Les habitants de Crimée et de Sébastopol se sont adressés à la Russie pour lui demander de garantir les droits et les libertés des habitants locaux, ne pas accepter ce qui s’est passé et ce qui se passe maintenant à Kiev, Donetsk, Kharkov”, a-t-il encore déclaré. 
“Nous ne pouvions pas laisser la Crimée et ses habitants dans le malheur, sinon cela aurait tout simplement été une trahison”, a-t-il estimé. 
“Ne croyez pas ceux qui vous font peur au sujet de la Russie, qui vous disent qu’après la Crimée, vont suivre d’autres régions”, a déclaré M. Poutine à l’adresse des Ukrainiens. “Nous ne voulons pas la scission de l’Ukraine, nous n’en avons pas besoin”, a-t-il ajouté. 
La signature a été chaudement applaudie par l’assemblée de parlementaires, gouverneurs et membres du Parlement russe réunie au Kremlin. 
A Sébastopol, environ 2.000 personnes qui ont regardé M. Poutine sur un grand écran dans le centre-ville ont crié “Hourra” et “Russie! Russie!”
Réactions en chaîne 
Aussitôt, les réactions internationales ne se sont pas faites attendre : 
L’Ukraine “ne reconnaîtra jamais” le rattachement de la Crimée à la Russie, a déclaré le ministère des affaires étrangères. Selon lui, l’accord signé à Moscou n’a “rien à voir avec la démocratie, le droit et le bon sens”. Et d’ajouter que désormais, le pays se réserve le droit de “nationaliser” les biens russes. 
Joe Biden, le vice-président des États-Unis a condamné l’action de la Russie en Crimée,  qualifié de “confiscation de territoire”. L’isolement politique et économique de la Russie ne peut qu’augmenter si elle poursuit dans la même voie, et elle verra en fait de nouvelles sanctions de la part des Etats-Unis et de l’Union Européenne”. 
Le président Obama a aussitôt proposé une réunion des dirigeants du G7 à La Haye, en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire, pour débattre de la situation.” 
Angela Merkel et François Hollande ont condamné  ce rattachement de la Crimée à la Russie.  La chancelière allemande estime qu’il est “contre le droit international” et le président français a averti qu’il ne le “reconnaissait pas”. Le chef de l’État a précisé :
Triomphe de Poutine
Bottom of Form
“Le triomphe de Poutine”, “la Crimée est à nous”: la presse populaire russe se félicitait mercredi du rattachement officiel la veille de la Crimée à la Russie, tandis que les quelques journaux libéraux et d’opposition s’inquiétaient d’un retour du “rideau de fer”.
“Nous sommes à nouveau réunis !”, s’est exclamé en Une le quotidien Troud (travail), au lendemain de la signature par le président russe Vladimir Poutine avec les nouvelles autorités de la péninsule ukrainienne de Crimée d’un traité de rattachement à la Russie.
“Après le 18 mars, nous pouvons dire avec fierté: +nous avons vu comment la Russie, pour la première fois depuis près de 70 ans, a gagné en territoire et en population, et ce sans conquêtes militaires mais par un processus démocratique”, affirmait le journal au tirage d’environ 220.000 exemplaires.
Komsomolskaïa Pravda, le quotidien le plus lu, avec un tirage mercredi de 500.000 exemplaires, donnait de larges extraits du discours aux accents patriotiques et antioccidentaux prononcé la veille au Kremlin par M. Poutine devant le Parlement et les gouverneurs.
Pour le quotidien libéral à dominante économique Vedomosti, “le discours de Vladimir Poutine au Kremlin a mis fin à l’ordre mondial actuel”.
“Nous avons affaire à une nouvelle réalité”, avertit lui aussi le quotidien d’opposition Novaïa Gazeta (248.000 exemplaires), qui prédit “une longue période de turbulences accompagnée d’un isolement économique et politique partiel du pays”.
“Un rideau de fer peut à nouveau séparer la Russie de l’Occident”, s’inquiète Nezavissimaïa Gazeta (40.000 exemplaires), voyant “un avant et un après Crimée dans l’histoire du pays et d’une certaine manière du monde”.