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Kerry effectue une tournée critique au Proche-Orient

Karim Felli

28 Juin 2014 10:58 am


Lors de la première visite d’un haut responsable américain en Egypte depuis l‘élection du président Abdel Fattah Al-Sissi en mai dernier, le secrétaire d’Etat John Kerry a eu un tête-à-tête avec le chef de l’Etat pour évoquer la reprise de l##aide américaine à l##Egypte et les

 
menaces que font peser le conflit irakien sur l’ensemble de la région. “Le processus que le président a mis en place, la réévaluation de la législation sur les droits de l’homme et une réévaluation du processus judiciaire, sont très importants pour lui, a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Il n’est en place que depuis dix jours mais il m’a indiqué que nous devions travailler étroitement,” a-t-il déclaré Il a aussi confirmé le déblocage de 420 millions d’euros d’aide militaire et s’est dit confiant sur le fait que les hélicoptères Apache seront bientôt dans le pays. Enfin, il a souligné l’importance de la liberté d’expression.
 
Respect mutuel et intérêts communs
Alliés de l’Egypte depuis que cette dernière a conclu en 1979 un accord de paix avec Israël, les Etats-Unis se disent prêts à collaborer avec Abdel Fattah Al-Sissi mais ils expriment aussi leurs inquiétudes quant aux atteintes aux droits de l’homme et à la liberté d’expression.”C’est un moment critique de la transition en Egypte, avec de gigantesques défis”, a déclaré John Kerry avant de rencontrer le nouveau ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri. “Il y a des sujets de préoccupation, mais nous savons comment travailler dessus.” Sameh Choukri a déclaré à son homologue américain que les relations entre leurs deux pays devaient s’appuyer sur “le respect mutuel et les intérêts communs, sans ingérence dans les affaires intérieures”. Les Etats-Unis ont gelé une partie de leur aide militaire, environ 1,3 milliard de dollars annuels, à l’Egypte après l’éviction de Mohamed Morsi.
 
Situation “critique” dans la région
Lors d’une conférence de presse organisée en commun avec son homologue égyptien Sameh Choukri, le chef de la diplomatie américaine a affirmé que les Etats-Unis étaient impatients de travailler étroitement avec le président Al-Sissi, comme l’avait déclaré le président américain Barack Obama. Kerry s’est félicité de ses discussions avec Al-Sissi portant sur les relations bilatérales, le partenariat stratégique et la situation “critique” dans la région dont les conflits en Irak, en Syrie et en Libye.
De son côté, Choukri, ancien ambassadeur d’Egypte aux Etats-Unis de 2008 à 2012, a souligné que le désordre en Libye, en Syrie et en Irak, ainsi que le processus de paix en difficulté entre Palestiniens et Israéliens nécessitaient une plus grande coopération entre le Caire et Washington.
 
Gouverner de manière démocratique
Environ 575 millions de dollars de fonds gelés ont été débloqués ces 10 derniers jours afin d’honorer des contrats de défense en cours, a dit un responsable du département d’Etat. L’administration américaine débloquera le reste des fonds seulement quand elle aura la preuve qu’Abdel Fattah Al-Sissi gouverne de manière démocratique, a-t-il ajouté. Washington a récemment décidé de lever partiellement une aide à l’Egypte en lui livrant dix hélicoptères d’attaque Apache et en octroyant 650 millions de dollars américain au pays en proie aux troubles. En outre, a ajouté John Kerry, les 10 hélicoptères Apache promis pour appuyer l’armée égyptienne qui fait face à des attaques revendiquées par des djihadistes dans la péninsule désertique du Sinaï seront “bientôt” au Caire. Kerry effectuait une tournée qui le menait à Amman, pour laquelle il a décollé en fin d’après-midi, Bruxelles et Paris et qui portait principalement sur l’Irak et les possibilités de travailler à unir les différentes forces contre des insurgés qui ont progressé rapidement, poussant à la fuite des centaines de milliers de personnes et resserrant l’étau autour du Premier ministre Nouri al-Maliki.
 
 
Situation en Irak, où les djihadistes sunnites
 
En Egypte, John Kerry a rencontré des membres de la Ligue arabe. Il avait évoqué avec les monarchies du Golfe les répercussions possibles du conflit irakien sur le marché du pétrole.
Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, est arrivé à Bagdad pour s’entretenir avec les dirigeants irakiens et les presser de former un gouvernement élargi face à l’offensive de djihadistes sunnites. Deux semaines après la prise de Mossoul, la deuxième ville irakienne, dans le Nord, les combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant ont renforcé leurs positions dans l’ouest de l’Irak, à la frontière syrienne et jordanienne au cours du week-end dernier. Le chef de la diplomatie américaine, qui s’est entretenu avec le premier ministre irakien, le chiite Nouri Al-Maliki, et d’autres dirigeants, a discuté des actions américaines en cours pour aider l’Irak face à cette menace et exhorter les dirigeants irakiens à progresser aussi vite que possible dans le processus de formation d’un gouvernement qui représente les intérêts des Irakiens.
 
Syrie, Irak et Jordanie
Des tribus sunnites ont pris le contrôle d’un poste-frontière entre l’Irak et la Jordanie, dont l’armée irakienne s’était retirée dimanche. Le poste-frontière de Tourbaïl, à l’ouest de Bagdad et d’Amman, est un carrefour majeur des échanges commerciaux entre les deux pays. La Jordanie et l’Irak partagent 180 km de frontière commune. De sources militaires jordaniennes, on indique que les forces armées du royaume ont été mises en alerte le long de cette frontière. L’avancée des insurgés sunnites en Irak inquiète la Jordanie voisine, qui craint une contagion dans le royaume. Déjà présent en Syrie, ils contrôlent certaines zones clés. Les autorités irakiennes cherchent ainsi à reprendre l’avantage, après avoir été sonné par la progression rapide des djihadistes de Da’esh.
Le président américain, Barack Obama, a promis d’envoyer 300 conseillers militaires pour les aider dans cette tâche ardue mais a pour l’instant exclu les frappes aériennes réclamées par le gouvernement irakien. Le secrétaire d’Etat américain a appelé les dirigeants irakiens à dépasser les divisions confessionnelles, assurant que son pays n’était ”pas responsable” de la crise provoquée par l’offensive fulgurante d’insurgés sunnites et ne cherchait pas à ”choisir” un leader pour l’Irak.