Dernières nouvelles

Guerre contre le terrorsime:les américains et les français à la table du président Al-Sissi

Abdelmasih YOUSUF

21 Septembre 2014 8:52 pm

Le ministre de l’Investissement, Achraf Salman, a affirmé que le président Abdel Fattah Al-Sissi présenterait devant l’Assemblée générale des Nations Unies à New York le programme de réforme économique en Egypte pendant les quatre prochaines années, pendant sa participation au somment mondial du climat, le 25 septembre en cours. Il a ajouté que ce nouveau programme de réforme économique visait à attirer quatorze milliards de dollars des investissements étrangers d’aujourd’hui jusqu’à la fin des années du plan. Parmi ses engagements, le president Al-Sissi rencontrera plusieurs d’autres présidents et chefs des gouverenemts, y compris le premier ministres d’Ethopie. Le discours d’Al-Sissi portera ainsi sur la confrontation du terrorsime en général qui menace la stabilité des sociétiés dans le monde, notamment au proche-orient.

Dans la lutte “antiterroriste”
Dans ce context, l’Égypte serait prête à appuyer les efforts américains dans leur lutte contre les djihadistes de l’EI en Syrie et en Irak, selon John Kerry. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a cherché ce à rallier l’Egypte à la “guerre” que les Etats-Unis ont déclarée aux jihadistes de l’Etat islamique (EI) qui sévissent en Irak et en Syrie. Il y a peu de chances que l’influente armée égyptienne prenne part à des opérations militaires de la coalition internationale que Kerry est chargé de bâtir, mais Washington entretient depuis 35 ans une relation militaire stratégique avec son allié, mastodonte du monde arabe. En visite au Caire, le chef de la diplomatie américaine a jugé que l’Egypte était en “première ligne” dans la lutte “anti-terroriste”, au terme d’un marathon diplomatique qui l’a conduit à Bagdad, Amman, Jeddah en Arabie saoudite et Ankara.
Kerry met en place une coalition internationale pour essayer de défaire les djihadistes de l’État islamique (EI) en Syrie et en Irak. “L’Égypte est en première ligne dans la lutte contre le terrorisme, en particulier en ce qui concerne la lutte contre les groupes extrémistes dans le Sinaï”, a indiqué Kerry en allusion aux groupes disant s’inspirer d’al-Qaida, responsables d’attaques meurtrières contre les forces de sécurité dans cette péninsule de l’Est égyptien. “En tant que capitale intellectuelle et culturelle du monde musulman, l’Égypte a un rôle critique à jouer, en dénonçant l’idéologie que (l’EI) répand”, a-t-il dit, en soulignant l’importance de la prestigieuse institution de l’islam sunnite, Al-Azhar, dans cette lutte.
“C’est pour cela que dans un effort de soutien, nous avons annoncé le mois dernier la livraison” d’hélicoptères Apache à l’Égypte, a-t-il précisé. Les attaques contre les forces égyptiennes se sont multipliées en représailles à la sanglante répression visant les partisans de l’ex-président islamiste Mohamed Morsi destitué par l’armée et qui a fait plus de 1 400 morts. Les relations entre l’Égypte et les États-Unis se sont détériorées après la destitution de Morsi, poussant Washington à suspendre momentanément une partie de son aide militaire.
Kerry s’exprimait en présence de son homologue Sameh Choukri après avoir rencontré le président Abdel Fattah Al-Sissi et le chef de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi. Washington voudrait qu’en Égypte “les institutions religieuses se prononcent contre l’EI et en parlent dans leurs sermons du vendredi”, dans les mosquées, a expliqué un diplomate américain avant la conférence de presse. L’Égypte, qui s’est engagée à appuyer les efforts américains en vue de tenter d’éradiquer les djihadistes de l’EI en Irak et en Syrie, ne devrait néanmoins pas y apporter un soutien militaire.

Al-Sissi et Kerry au Caire
Kerry a en outre eu une discussion “franche” avec Al-Sissi au sujet des droits de l’homme, excluant tout marchandage sur cette question. Washington dénonce régulièrement les violations des droits de l’homme en Égypte où le pouvoir réprime toute opposition, laïque comme islamiste, mais défend aussi son alliance militaire avec cette pièce maîtresse de la diplomatie américaine dans le monde arabe depuis des décennies. Durant le passage de Kerry en Turquie la veille, les autorités ont réitéré leur refus de participer militairement à la coalition, redoutant de mettre en péril la vie des 46 Turcs retenus par l’EI en Irak.
Après de longues hésitations, le président Barack Obama, poussé à agir après la décapitation par l’EI de deux journalistes américains enlevés en Syrie, a exposé le 10 septembre sa stratégie pour “affaiblir et, à terme, détruire” ce groupe. Il a annoncé une extension de la campagne aérienne américaine en Irak, où 1 600 militaires américains seront déployés au total pour appuyer les forces armées irakiennes, en termes d’équipements, de formation et de renseignements. Obama s’est aussi dit prêt à frapper l’EI en Syrie et s’est engagé à doper l’aide militaire aux rebelles syriens modérés qui combattent à la fois l’EI et le régime. Ce dernier est en passe de perdre au profit des rebelles le contrôle d’une deuxième province du pays, celle de Qouneitra sur la partie du Golan non occupée par Israël, selon une ONG.

Guerre et aide humanitaire
Dans cette “guerre” contre l’EI, comme l’a désignée la Maison-Blanche, le général à la retraite John Allen, homme-clé des guerres en Irak et en Afghanistan, a été chargé de coordonner la coalition. La conférence de Paris devra permettre à chacun de la vingtaine de pays y participant “d’être beaucoup plus précis sur ce qu’il peut ou veut faire” pour lutter contre l’EI, a dit un diplomate. Mais “on ne dira pas qui va frapper, où et à quel moment”.
Pour préparer cette réunion, le président français François Hollande s’est rendu vendredi en Irak où il a promis d’aider “encore davantage militairement” ce pays, dont les troupes mal entraînées ne parviennent pas à faire face à l’EI et bénéficient de l’aide des combattants kurdes et chiites, outre le soutien aérien américain.
La France, comme les États-Unis, fournit déjà des armes aux forces kurdes, et de l’aide humanitaire aux centaines de milliers de déplacés qui ont fui au Kurdistan la progression djihadiste. Les agences de l’ONU “ont besoin de plus de moyens” pour venir en aide aux 1,8 million de déplacés, a déclaré la patronne des opérations humanitaires Valérie Amos, dans un camp de déplacés au Kurdistan.

Réserves égyptiennes sur la coalition
Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian a effectué une visite de deux jours en Egypte au cours de laquelle il s’est longuement entretenu avec son homologue égyptien le général Sedki Sobhi. Jean-Yves Le Drian a été reçu par le président Abdel Fattah Al-Sissi. C’est la première visite d’un ministre français de la Défense en Egypte depuis la chute de l’ex-président Moubarak. La visite de Jean-Yves Le Drian n’aura pas permis de lever les réserves égyptiennes sur la coalition internationale contre le mouvement de l’Etat islamique. Principale cause de défiance égyptienne, la position de la coalition sur la Syrie qui considère le régime Assad et l’Etat islamique comme des mouvements terroristes d’égale importance. Le Drian a par contre trouvé des oreilles plus réceptives sur le chaos en Libye considéré par Paris et Le Caire comme une menace directe à leur sécurité. Le ministre français a souhaité que l’ONU parvienne à élaborer une feuille de route pour restaurer l’ordre en Libye. Le Caire comme Paris reconnaissent le gouvernement réfugié à Tobrouk comme seul pouvoir légal. Pour ce qui est des relations bilatérales,
Le Drian a souligné la confiance et la coopération qui règnent entre les deux parties sur les questions d’armement. L’Egypte a récemment commandé quatre corvettes à la France pour une valeur de 900 millions d’euros. Le Caire a aussi acheté des blindés légers Renault pour la police et l’armée. Une autre bonne nouvelle pour les industriels de l’armement tricolore même si cela reste à concrétiser. A la fin de l’été, le dossier de la modernisation des Mirage 2000 égyptiens(16 appareils), qui était très compliqué, expliquait-on au début de l’été à La Tribune, s’est finalement débloqué, selon des sources concordantes.