Dernières nouvelles

Consolidation des relations égypto-saoudiennes

7 Avril 2016 1:21 pm

 
L’Egypte a signé la version finale de quatre accords de financement avec l’Arabie saoudite d’une valeur d’environ 22 milliards de $, pour entrer en vigueur à partir de vendredi dernier, lors de la première visite officielle du Roi Salmane au Caire.
Le roi saoudien Salmane, qui a pris le pouvoir en janvier 2015, avait visité l’Egypte en mars 2015 pour le sommet de la Ligue arabe dans le sud du Sinaï égyptienne à Charm El-Cheikh.
Sur les quatre accords, l’Egypte a finalisé deux accords-cadres de prêts bonifiés signés en mars, avec le premier d’une valeur d’environ 20 milliards de $ pour financer ses besoins pétroliers de cinq ans du royaume riche en pétrole, et un autre de 1,5 milliard de dollars pour 12 projets de développement dans le Sinaï.
Le gouvernement a également signé un accord d’un prêt concessionnel valant 450 millions de riyals saoudiens (environ 120 millions de dollars), qui a été approuvé par le Fonds saoudien de développement (FSD) en janvier, destiné à rénover l’hôpital historique de Kasr El-Aini.
Un autre prêt de 100 millions de $, approuvé par le FSD en novembre 2015 pour financer l’expansion de la centrale de l’Ouest du Caire pour générer un supplément de 650 mégawatts, était également parmi les offres à compléter.
D’autres protocoles d’ententes pour de nouveaux projets ont été signés avec le côté saoudien lors de la visite du roi.
Le président Abdel Fattah al-Sissi avait publié un décret pour augmenter la parcelle allouée pour établir l’Université du Roi Salmane dans le sud de la ville du Sinaï d’Al-Tor, de 150 à 250 hectares.
Un contrat a été signé avec le roi Salmane à un coût de 2,5 milliards de $ pour l’établissement de l’université et un dortoir.
L’Arabie saoudite a promis à l’Egypte 1,5 milliard de $ en prêts bonifiés pour établir des projets bédouins dans la péninsule du Sinaï. Lors de sa visite, Salmane a été témoin de la signature de l’accord des projets.
L’Egypte a signé un accord avec Aramco stipulant que la société saoudienne fournirait à l’Egypte des produits pétroliers pendant cinq ans.
Cet accord intervient après que l’Egyptian General Petroleum Corporation a signé un accord avec le Fonds saoudien pour le développement en mars, en marge de la cinquième réunion du Conseil de coordination égypto-saoudien tenue à Riyad, pour aider l’Egypte à financer ses besoins pétroliers.
Aujourd’hui, environ 3.200 entreprises saoudiennes opèrent en Egypte et l’Arabie saoudite est le plus important partenaire commercial de l’Egypte dans le Golfe. De 2009 à 2014, les investissements directs étrangers ont totalisé 1,3 milliard de $. Les investissements de plusieurs milliards de dollars sont prévus. Par exemple, un câble d’alimentation de 20 kilomètres de long sera placé entre les deux pays sur le fond de la mer Rouge. Les coûts se chiffreront à 1,6 milliard de $. En outre, le géant de la construction Saudi Ben Laden Group est prévu de construire un pont de 3 milliards de $ entre l’Egypte et l’Arabie saoudite.
En mars 2015, des accords bilatéraux ont été signés pour des investissements à hauteur de 13 milliards de $ dans le gaz, le charbon et les centrales solaires. Ils vont générer 7000 mégawatts d’électricité. L’Egypte importe plus à l’économie saoudienne que, disons, un pays comme la Tunisie. Petit par rapport à l’Egypte et avec une population de seulement 12 millions d’habitants, la Tunisie offre quelques précieuses occasions d’affaires pour les entreprises saoudiennes. Comme un homme d’affaires saoudien a dit, le pays est «trop loin et est plus une partie de l’Europe.” Aux yeux des Saoudiens, la domination des entreprises européennes, beaucoup de bureaucratie et la réticence des politiciens tunisiens à accorder un traitement préférentiel aux investisseurs saoudiens se tiennent dans la voie de liens économiques plus étroits. Actuellement, seulement 39 sociétés saoudiennes ont une présence en Tunisie et elles représentent seulement 6.200 emplois.
Les deux pays jouissent d’une grande position et d’énormes potentialités aux niveaux arabe, islamique et international, ce qui leur a fourni une grande influence dans leurs relations étrangères… Au niveau arabe, l’expérience historique confirme que Le Caire et Riyad sont les deux pôles des relations et des interactions dans le système régional arabe et qu’ils assument la responsabilité de réaliser la solidarité arabe et d’atteindre les objectifs aspirés par les peuples arabes…
Les deux pays adoptent des politiques et des positions similaires sur de nombreuses questions et crises internationales, arabes et islamiques. Cette ressemblance des positions reflète sans doute sur l’unité des principes, c’est pourquoi, il est naturel que les relations égypto-saoudiennes se distinguent par la force et la continuité.
Les relations économiques et commerciales entre les deux pays témoignent d’une interaction et d’un progrès constants qui ont bondi à plusieurs reprises depuis les années 80 du siècle dernier. À cette époque, les investissements saoudiens en Egypte ont occupé le premier rang sur le plan arabe et le deuxième sur le plan mondial.
Nombre de sociétés et d’organismes commerciaux égyptiens ont pris part aux expositions spécialisées en Arabie saoudite, étant un moyen efficace pour la commercialisation des produits égyptiens.
Le roi Salmane avait ordonné que les investissements saoudiens en Egypte dépassent les 30 milliards de riyals (8 milliards de dollars) et que le royaume contribue à couvrir les besoins de l’Egypte en pétrole durant les cinq prochaines années.
En outre, les navires saoudiens sont engagés à soutenir le trafic dans le canal de Suez. Ce net engagement de l’Arabie saoudite à aider économiquement l’Egypte intervient malgré la baisse des recettes pétrolières dont le royaume tire plus de 90 % de ses revenus publics, en raison de la chute des cours du brut depuis la mi-2014.