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Conseil de sécurité souhaite "un maximum de retenue"

Karim Abdl Massih Felli

16 Août 2013 3:18 pm

Situation toujours confuse en Egypte, où l##on décompte désormais plus de 600 morts après les affrontements entre les forces de l##ordre et les partisans de l##ex-président Mohamed Morsi.
Dans ce context

Situation toujours confuse en Egypte, où l’on décompte désormais plus de 600 morts après les affrontements entre les forces de l’ordre et les partisans de l’ex-président Mohamed Morsi.
Dans ce context, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont entamé jeudi après-midi à New York des consultations à huis clos sur la crise en Egypte. “Les membres du Conseil de sécurité, précise le texte lu par l’ambassadeur argentin Maria Cristina Perceval, ont exprimé leur compassion envers les victimes et ont regretté la perte de vies humaines”. Appelant de leurs vœux une “fin des violences en Égypte”, les Cinq Grands, soutenus par les dix non-permanents du Conseil, espèrent “que les parties fassent preuve d’une retenue maximale”. Ils rappellent “le besoin de faire cesser les violences et de progresser vers une réconciliation nationale”.
 Face aux craintes de guerre civile, les représentants des quinze États membres vont être informés régulièrement de la situation en Égypte par Jan Eliasson, en l’absence du secrétaire-général, Ban Ki-moon, actuellement en tournée au Proche-Orient. De son côté, la haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme (HCDH), la Sud-africaine Navi Pillay, a demandé jeudi une enquête sur les agissements des forces de sécurité lors des affrontements.
La Chine et les États-Unis ont chacune à leur tour condamné les violences et appelé à la retenue. Le président américain Barack Obama a annoncé, depuis sa retraite sur l’île de Martha’s Vineyard (nord-est), l’annulation des manoeuvres militaires égypto-américaines censées se tenir en septembre, et pourrait suspendre une aide militaire de quelque 1,3 milliards de dollars par an.
Cette réunion se tient à la demande conjointe de la France, du Royaume-Uni et de l’Australie, à la suite de la répression sanglante mercredi par la police et l’armée égyptiennes des manifestations des partisans pro-Morsi. Il s’agit detenter de définir “une approche commune visant à promouvoir une désescalade” de cette crise, a expliqué un diplomate du Conseil sous couvert d’anonymat.
Le Canada a annoncé jeudi la fermeture de son ambassade en Egypte. La situation sera réévaluée dans les prochains jours pour décider d’uneréouverture au plus tôt dimanche, a précisé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird a appelé jeudi “toutes les parties à s’engager dans un dialogue constructif pour calmer les tensions”, exhortant les Egyptiens “à faire preuve de retenue et de détermination dans les prochains jours”
 
Le Caire critique les les déclarations d’Obama
La présidence égyptienne a critiqué vendredi 16 août les déclarations de Barack Obama sur la répression policière, estimant que ces propos risquaient d’”encourager” les groupes violents. “L’Egypte est confrontée à des actes terroristes qui visent les institutions du gouvernement et des installations vitales”, justifie le communiqué .
La veille, le président américain avait fermement condamné le violent démantèlement des campements des militants pro-Morsi par l’armée. Les Etats-Unis ont, en outre, incité leurs ressortissants à quitter l’Egypte et ceux qui prévoient de s’y rendre, à ajourner leur voyage. “Notre coopération traditionnelle ne peut pas continuer alors que des gens meurent dans les rues”, a mis en garde le chef d’Etat.
S’exprimant depuis son lieu de vacances à Martha’s Vineyard (Massachusetts), Obama a eu des mots très durs envers le gouvernement et les forces de sécurité égyptiens, dénonçant “le chemin dangereux” pris par le pays et déplorant que ce dernier ait manqué “la chance de réconciliation” offerte par le renversement deMohamed Morsi. Lors du renversement du régime Moubarak, “nous avions dit que le changement ne serait ni facile ni rapide, et qu’il devait s’accompagner d’une série de principes : la non-violence, le respect des droits universels et la poursuite d’un processus démocratique de transition”, a rappelé le président américain.
Obama s’est également adressé aux partisans de Mohamed Morsi, leur intimant de cesser toute forme de violence. “Nous appelons les autorités égyptiennes à respecter les droits universels de son peuple, et nous demandons aussi à ceux qui manifestent de le faire pacifiquement”, a dit le président des Etats-Unis.
Après un premier communiqué de la Maison Blanche, mercredi, le président a annoncé une mesure symbolique : l’annulation de manœuvres militaires communes entre l’Egypte et les Etats-Unis. Les prochaines manœuvres de ce programme, baptisé “Bright Star”, devaient avoir lieu en septembre. Elles ont habituellement lieu tous les deux ans et avaient déjà été annulées en 2011 au moment du renversement de Moubarak.
Le président américain n’a, en revanche, pas évoqué l’importante aide financière apportée par les Etats-Unis à l’Egypte : chaque année, 1,3 milliard de dollars sont alloués au Caire. La fragile économie égyptienne reste très dépendante de ces aides, et de nombreuses voix se sont fait entendre pour demander au président américain d’user de ce levier pour contraindre le gouvernement égyptien à cesserles violences. “La relation entre les Etats-Unis et l’Egypte remonte à des décennies”, a justifié le président américain, ajoutant que l’Egypte était une “pierre angulaire de la paix au Moyen-Orient”.
 
Nouveaux rassemblements islamistes
De leurs part, les islamistes égyptiens ont appelé à des rassemblements au Caire vendredi pour une journée “de la colère” après la sanglante répression des manifestations favorables au président destitué Mohamed Morsi, a annoncé jeudi soir un porte-parole des Frères musulmans. Le calme est loin d’être revenu en Egypte. Les hostilités ont repris jeudi, au lendemain de la sanglante répression policière menée contre les partisans du président déchu Mohamed Morsi qui a fait au moins 578 morts, dont 535 dans tout le pays, d’après un bilan officiel établi jeudi soir.