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Confusion dans les relations égypto-américaines

Felli

17 Octobre 2013 1:41 pm

Les relations entre les Etats-Unis et l##Egypte traversent une période de forte confusion qui pourrait affecter l##ensemble du Proche-Orient, a estimé le ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmy. Ces commentaires sont intervenus une semaine après la suspension par Washington d##une partie de son aide militaire à l##Egypte

  “Nous sommes aujourd’hui dans une situation délicate qui reflète une confusion dans nos relations et quiconque dit le contraire n’est pas honnête”, a indiqué Nabil Fahmy.
Il a jugé qu’une prolongation de cette période d’instabilité dans les relations américano-égyptiennes “pourrait avoir des conséquences négatives sur l’ensemble de la région, y compris sur les intérêts américains”. “La vérité, c’est que le problème est très ancien, et qu’il est le résultat de la dépendance égyptienne à l’aide américaine depuis trente ans. Cette aide nous a fait choisir l’option la plus facile, sans diversifier nos choix”, a-t-il expliqué. Cette relation militaire ancienne a conduit Washington à croire à tort que l’Egypte se conformerait toujours à sa politique et ses objectifs, a-t-il ajouté.
 
Crise américaine budgétaire
 
Les parlementaires américains sont parvenus à un accord de sortie de crise, à quelques heures de l’échéance du relèvement du plafond de la dette, a annoncé le chef de la majorité démocrate au Sénat, Harry Reid. Républicains et démocrates se sont également mis d’accord pour financer les services fédéraux, ce qui mettrait fin au “shutdown”.
Cet accord est intervenu in extremis, alors que le Congrès américain n’avait plus que quelques heures pour écarter le risque de déflagration mondiale que constituerait un défaut de paiement des Etats-Unis.
Les sénateurs du parti conservateur se réunissaient pour entériner les termes de cet accord, négocié par leur chef de file Mitch McConnell et le dirigeant de la majorité démocrate, Harry Reid, ont précisé ces élus.
Ses deux chambres doivent adopter un tel texte dans les mêmes termes avant qu’il parvienne pour promulgation au président Barack Obama. Aucune décision n’a été prise sur quand ou comment un possible accord au Sénat pourrait être soumis à un vote à la Chambre, a expliqué Michael Steel, un porte-parole du président républicain de cette assemblée, John Boehner.
 
Pour servir au mieux les intérêts
 
Dans ces conditions, après des mois d’atermoiements, les Etats-Unis ont officiellement gelé une partie de leur aide militaire à l’Egypte. Des hélicoptères d’attaque, des chasseurs et des missiles ne seront plus livrés par Washington. Le “recalibrage” de l’aide américaine passe par l’arrêt de la fourniture d’équipements lourds et de son assistance financière au gouvernement égyptien “en attendant des progrès crédibles vers un gouvernement civil démocratiquement élu”, a indiqué la porte-parole du département d’Etat américain, Jennifer Psaki.
L’aide américaine au Caire s’élève chaque année à 1,55 milliard de dollars. Parmi les matériels qui ne seront plus livrés au Caire, des hélicoptères Apache, des chasseurs F-16, des missiles Harpoon ou encore des pièces de chars d’assaut A1/M1 Abrams, ont précisé des responsables américains. Ce gel n’a toutefois pas vocation à être permanent, ont-ils ajouté, sans donner de chiffres précis sur le montant de l’aide gelée. Ils se sont contentés de souligner que ces armements valaient “des centaines de millions de dollars”.
Les Etats-Unis continueront cependant à aider “à sécuriser les frontières de l’Egypte”, à lutter contre le terrorisme et à assurer la sécurité sur le Sinaï, a ajouté Mme Psaki. Washington poursuivra aussi ses livraisons “de pièces pour des équipements d’origine américaine, comme ses formations militaires ou éducatives”, a-t-elle assuré. A la mi-août, Washington avait déjà annulé des exercices militaires conjoints avec l’Egypte et reporté la livraison de quatre avions de combat F-16 à l’armée égyptienne. Malgré ce gel de l’aide, le département d’Etat a pris soin de souligner que les Etats-Unis “ont décidé de poursuivre leurs relations avec le gouvernement égyptien, tout en recalibrant l’aide à l’Egypte pour servir au mieux nos intérêts”.
Les Etats-Unis n’ont jamais qualifié le renversement de Morsi de coup d’Etat -ce qui les aurait légalement contraint à mettre fin à leur aide-, mais ils ont réclamé la levée de l’état d’urgence et des élections démocratiques en 2014.