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Conférence internationale au Caire pour Gaza

Karim Felli

16 Octobre 2014 2:47 pm

Lors d’une conférence internationale organisée au Caire le dimanche 12 octobre, la communauté internationale a promis de verser 5,4 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza, soit bien plus que les 4 milliards espérés par les Palestiniens. L’objectif est donc largement dépassé. Les donateurs “se sont engagés à envoyer leur aide dès que possible”, a indiqué le ministre norvégien des Affaires étrangères Borge Brende, dont le pays était le coorganisateur de la conférence avec l’Égypte.
Il a précisé que la moitié des dons serviraient à la reconstruction, tandis que l’autre moitié serait employée à d’autres types d’aides non définis. Le Qatar a été, de loin, l’État le plus généreux avec une promesse de don d’un milliard de dollars. L’Union européenne a promis 568 millions de dollars, les États-Unis, 212 millions d’”aide immédiate” sur un total de 400 millions en un an, les Émirats Arabes unis et la Turquie promettant quant à eux 200 millions de dollars chacun.
Selon l’UNRWA, l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés palestiniens, la guerre a détruit ou endommagé 80.000 maisons. Infrastructures et entreprises ont subi le même sort. L’électricité et l’eau manquent dans ce territoire qui reste sous blocus israélien. Le Président Abdel Fattah El-Sissi a inauguré la conférence internationale tenue sur la Palestine ayant pour thème “la reconstruction de la Bande de Gaza”. Dans son allocution inaugurale, el-Sissi a affirmé que les efforts égyptiens sont parvenus à des accords sur les questions de la réconciliation, l’Egypte a également réussi à parvenir à un cessez-le-feu global le 26 août. Le chef de l’état a dit que l’Egypte s’appuie sur les initiatives visant à instaurer la paix au Moyen-Orient, notant que la seule façon pour une paix durable et la sécurité est de parvenir à un règlement juste et global.
Le président el-Sissi a également affirmé que la reconstruction de Gaza est basée sur un apaisement durable, soulignant que l’Egypte ne joue pas simplement un rôle politique mais un rôle humanitaire en fournissant les besoins alimentaires et des soins médicaux dans les hôpitaux égyptiens, en ajoutant que l’Égypte avait la responsabilité de mettre fin à l’effusion du sang palestinien. Le président Abdel Fattah el-Sissi a en outre déclaré à l’adresse d’Israël qu’il était “temps de mettre fin au conflit avec les Palestiniens.
Lors de cette conférence, le président el-Sissi a rencontré plusieurs chefs des délégations participantes, dont notamment le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et le secrétaire d’Etat américain John Kerry.
Dans le cadre de la reconstruction, une grande partie de la communauté internationale mise sur un retour dans la bande de Gaza de l’Autorité palestinienne, que domine le parti nationaliste Fatah de Mahmoud Abbas.
La réconciliation palestinienne a été scellée le 23 avril par un accord signé par le Hamas islamiste et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dominée par le Fatah. L’accord instaurait un gouvernement de transition constitué de technocrates approuvés par le Fatah et le Hamas.
Le gouvernement d’union palestinien, qui s’est réuni dans la bande de Gaza pour la première fois depuis sa formation en juin après des années de déchirements entre Hamas et Fatah, a envoyé à la conférence des donateurs un message clair: l’argent destiné à reconstruire la bande de Gaza sera bien utilisé par une autorité composée de personnalités indépendantes et non pas acquises à tel ou tel bord.

Relance du processus de paix
John Kerry, le secrétaire d’État américain, a également plaidé pour une relance du processus de paix entre les deux adversaires, promettant “l’engagement complet du président Obama”, de lui-même et des États-Unis pour permettre d’obtenir un accord de paix. “Un cessez-le-feu, ce n’est pas la paix. Nous devons nous rasseoir à la table des négociations et aider les parties à faire des choix difficiles”, a-t-il lancé fermement.
La réalité sur le terrain ne va cependant pas dans ce sens. Après 50 jours de guerre entre Israël et des groupes armés palestiniens, dont le Hamas, qui ont fait plus de 2 100 morts palestiniens et 73 israéliens, la bande de Gaza est à genoux. Quelque 100 000 Palestiniens se retrouvent sans abri dans cette enclave exiguë et surpeuplée, où 45% de la population active et 63% des jeunes étaient au chômage avant même la guerre.
Infrastructures et entreprises ont été endommagées alors que l’électricité et l’eau manquent dans ce territoire, qui reste sous blocus israélien et égyptien. Le produit intérieur brut (PIB) des neuf premiers mois de 2014 devrait être de 20% inférieur par rapport à la même période en 2013.

Projet de reconstruction
L’Autorité palestinienne avait présenté un projet de reconstruction de Gaza de 76 pages, pour un montant de 4 milliards de dollars, dont la plus grande partie est affectée à la construction de logements. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a dit lui-même : il n’y aura pas de solution durable aux problèmes de Gaza sans règlement global entre Palestiniens et Israéliens.
C’est d’ailleurs pour une relance du dialogue qu’a plaidé John Kerry durant la conférence, en marge de laquelle il a rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas, selon des diplomates américains.