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C’est la guerre contre les terroristes et leurs alliés

Karim Felli

2 Juillet 2015 4:09 pm

 

 

Le groupe terroriste jihadiste Etat islamique (EI) a lancé mercredi une série d’attaques sans précédent contre l’armée dans le Sinaï en Egypte, faisant des dizaines de morts en majorité des terroristes, un nouveau coup dur pour le groupe terroriste et ses alliés: les Frères musulmans (FM), le Qatar, le Hamas , la Turquie. Après cette vague d’attentats coordonnés, des affrontements ont éclaté entre soldats et assaillants, tandis que des chasseurs F-16 de l’armée ont bombardé les positions de l’EI. Les terroristes  jihadistes se sont finalement retirés, après près de huit heures de combat.

Dans un communiqué, l’armée a fait état de 17 soldats tués et de 100 jihadistes abattus. Il n’empêche que ces pertes sont parmi les plus lourdes subies par l’armée dans le Sinaï, bastion du groupe terroriste Ansar Beït al-Maqdes, la branche de l’EI dans cette région, où elle a multiplié les attentats contre les forces de l’ordre depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi en 2013.

Au Caire, un haut responsable des Frères musulmans, Nasser al-Houfi, et huit membres de la confrérie islamiste dont est issu Morsi ont été tués mercredi dans un raid policier.

 

Les terroristes du Cheikh Zouweid

 

Dans le Sinaï, les jihadistes terroristes avaient lancé peu après l’aube une série d’attaques coordonnées d’une ampleur sans précédent contre plusieurs positions de l’armée, utilisant notamment des voitures piégées. L’une des attaques, menée avec une voiture piégée contre un check-point au sud de Cheikh Zouweid, près d’Al-Ariche, chef-lieu du Nord-Sinaï, a coûté la vie à quinze soldats. “C’est la guerre”, indiquait un haut responsable militaire. “Vu le nombre de terroristes mobilisés et l’armement utilisé, ces attaques sont sans précédent”.

Avant de se retirer, les terroristes jihadistes ont miné les abords d’un commissariat du Cheikh Zouweid pour empêcher l’arrivée de renforts, prenant position sur les toits des immeubles alentours pour attaquer le bâtiment avec des lance-roquettes, selon un colonel de police. Des chasseurs F-16 de l’armée ont alors bombardé les positions terroristes jihadistes, selon des responsables de la sécurité et un témoin. “Il y a des hommes armés dans les rues. Ils ont planté des mines partout”, avait indiqué ce témoin depuis Cheikh Zouweid.

 

Le groupe “Province du Sinaï”

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le groupe “Province du Sinaï” a revendiqué des attaques contre plus d’une quinzaine de barrages militaires, précisant que trois kamikazes avaient participé aux assauts. Se faisant autrefois appeler Ansar Beït al-Maqdes, ce groupe a changé de nom pour bien marquer son allégeance au “califat” autoproclamé par l’EI sur les territoires conquis en Irak et en Syrie. Ces attaques surviennent au surlendemain de l’assassinat au Caire du procureur général d’Egypte dans un attentat à la bombe, le plus haut représentant de l’Etat tué depuis le début de la vague d’attaques terroristes jihadistes en 2013.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le groupe “Province du Sinaï” a revendiqué les attaques, précisant que trois kamikazes avaient participé aux assauts. “Les lions du califat ont attaqué de manière simultanée plus de 15 postes de contrôle de l’armée apostate”, a-t-il indiqué.

 

Lutter contre le terrorisme

Après ce meurtre non revendiqué, le président Abdel Fattah al-Sissi, avait promis une législation plus dure pour “lutter contre le terrorisme”. Mercredi, le gouvernement a alors approuvé une nouvelle loi antiterroriste qui doit “offrir une justice rapide et venger nos martyrs”, selon un communiqué. Une vaste campagne militaire a été lancée contre les terroristes jihadistes dans la région du Sinaï il y a près de deux ans, mais elle n’a pas réussi à mettre fin aux attentats. Selon les autorités, des centaines de policiers et soldats ont été tués depuis.

En avril, 14 personnes en majorité des soldats et policiers avaient ainsi péri dans deux attaques revendiquées par Ansar Beït al-Maqdes dans le Nord-Sinaï, région frontalière d’Israël et du territoire palestinien de la bande de Gaza, alors qu’une autre attaque avait coûté la vie à 15 soldats et deux civils.

La confrérie islamiste de Morsi a été classée organisation “terroriste” en Egypte et est accusée d’être derrière les attentats meurtriers de ces derniers mois. Des centaines de pro-Morsi ont été condamnés à mort. Morsi lui-même a été condamné à mort pour des attaques contre la police et des évasions de prisons durant la révolte de 2011 qui chassa Moubarak du pouvoir.

 

Les FM et la violence

Dans ce contexte, 9 membres de la confrérie des Frères musulmans (FM), dont un haut responsable, ont été tués mercredi dans un raid de la police au Caire, a annoncé l’organisation islamiste tandis que la police a présenté les victimes comme des “activistes armés et recherchés”. “La police a assassiné neuf leaders des Frères musulmans alors qu’ils étaient réunis pour discuter du soutien à apporter aux détenus (politiques) martyrs”, a indiqué la Confrérie en anglais sur Twitter. L’ancien parlementaire Nasser al-Houfi, un haut responsable des Frères musulmans, figure parmi les neuf morts, a affirmé un avocat de la confrérie islamiste. “La famille de Monsieur Houfi est en route pour récupérer son corps”, a-t-il précisé.

Selon deux responsables de la police, les “terroristes” visés par le raid faisaient l’objet d’un mandat d’arrêt et étaient recherchés pour des actes de sabotage et de vandalisme. Ils auraient ouvert le feu lorsqu’une équipe des forces de sécurité est venue les arrêter dans leur appartement de la banlieue du Caire. Ils ont été tués quand la police a répliqué, d’après les mêmes sources. Ce raid intervient alors que l’Egypte marque vendredi le deuxième anniversaire de la destitution par d’islamiste Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans.

 

Condoléances de l’Eglise copte

Le chef de l’église copte orthodoxe d’Égypte, Sa Sainteté le Pape Tawadros II, a déploré le Martyr du procureur général Hicham Barakat, l’avocat du peuple, représentant l’établissement de la justice et la primauté des règles de citoyenneté après l’odieux attentat terroriste commis lundi matin et a affirmé que l’Eglise se tient en force avec toutes les forces nationales pour la défense du prestige et l’intégrité de l’Etat égyptien dans un moment critique où les risques régionaux augmentent et exigent de tous des efforts de paix dans la région et dans le monde.
Le Pape a en outre souligné que l’Eglise reste également ferme dans la confrontation commune des forces de l’extrémisme et de terrorisme qui résulte de la propagation de la violence et la destruction à travers la région et le monde entier.
A cet égard, il a adressé ses sincères condoléances à sa famille et ses proches exhortant Dieu de sauver notre pays l’Egypte de tout mal.

Cet acte odieux est le plus récent dans la série des crimes systématique de la confrérie des Frères musulmans qui adopte la méthode de la violence, des meurtres et de la destruction.

Ce groupe haineux qui cherche à ébranler la sécurité et la stabilité de la patrie se sert de la trahison pour terrifier les citoyens pacifiques, entraver la marche de la patrie et la priver de son droit à la vie et aux exploits.

Viser le Procureur général en particulier, du fait qu’il constitue l’un des symboles de la magistrature et de la conscience de la société, confirme à nouveau que cette confrérie refuse la souveraineté de la loi, voire l’idée de l’État égyptien, et fait de son mieux pour répandre l’anarchie. Viser le Procureur général est le prolongement de leur histoire sanglante qui a commencé par l’assassinat du juge Ahmad al-Khâzindâr, le 22 mars 1948, pour arriver à celui des trois jeunes juges à al-Arich, le 16 mai 2015. Ce crime est également le prolongement de leurs offensives continues contre les hommes et les institutions de la Justice, qui a atteint son summum pendant l’année où ils étaient aux leviers de commande. Ce groupe haineux qui cherche à ébranler la sécurité et la stabilité de la patrie se sert de la trahison pour terrifier les citoyens pacifiques, entraver la marche de la patrie et la priver de son droit à la vie et aux exploits.

Viser le Procureur général en particulier, du fait qu’il constitue l’un des symboles de la magistrature et de la conscience de la société, confirme à nouveau que cette confrérie refuse la souveraineté de la loi, voire l’idée de l’État égyptien, et fait de son mieux pour répandre l’anarchie.