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Après 9 ans, un chef de la diplomatie égyptienne se rend en Israël

Karim Felli

14 Juillet 2016 1:16 pm

 
 
Une première depuis 2007 : un chef de la diplomatie égyptienne se rend en Israël. Dimanche 10 juillet, Sameh Choukry a rencontré à deux reprises Benyamin Netanyahu, à l’occasion de la première visite israélienne d’un ministre des Affaires étrangères égyptien depuis 2007. Lors de ce passage éclair très médiatisé, Sameh Choukry a proposé au chef du gouvernement de l’Etat hébreu de relancer les négociations israélo-palestiniennes, en organisant des pourparlers directs au Caire avec la participation de hauts dirigeants égyptiens jordaniens. L’émissaire du président Al Sissi s’était déjà rendu voilà quinze jours à Ramallah pour s’entretenir avec le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et lui soumettre l’idée de créer un groupe de travail pour restaurer la confiance entre les deux parties du conflit.
Le timing de cette main tendue égyptienne n’est pas anodin. « Le Caire veut redevenir un acteur central du conflit israélo-palestinien, et retrouver son rang sur la scène moyen-orientale, une influence qui s’est passablement érodée sous le règne de Morsi. D’où ce rapprochement politique avec Israël », décrypte David Khalfa, chercheur associé du think tank IPSE.
 
En mai dernier, le président Al-Sissi avait déjà donné le ton dans une allocution télévisée, en appelant à la reprise du dialogue israélo-palestinien. Mais la visite israélienne de l’émissaire, censée ouvrir la voie à un déplacement officiel de Benyamin Netanyahu au Caire, semble conforter l’idée d’une alternative égyptienne à l’initiative diplomatique française au Proche-Orient. Une alternative privilégiant une approche bilatérale et qui aurait de surcroît l’avantage de plaire aux deux camps.