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Al-Sissi s'assure un engagement fort aux Émirats

Karim Felli

13 Mars 2014 2:25 pm

L##homme le plus populaire en Egypte, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, a effectué mardi dernier une visite aux Emirats arabes unis, officiellement pour assister à des exercices militaires conjoints.

 Il s’agit de la deuxième visite d’Al-Sissi à l’étranger, après celle en Russie mi-février, et de son premier déplacement dans un pays arabe depuis la destitution et l’arrestation du président islamiste Mohamed Morsi. Le vice-premier ministre, commandant général des force armées et ministre de la Défense, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi a eu des entretiens avec les hauts responsables aux EAU.  Le maréchal al-Sissi, a été accueilli à son arrivée à Abou Dhabi par le prince héritier d’Abou Dhabi et commandant en chef adjoint des forces armées des Emirats, le cheikh Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane.
Les deux hommes ont souligné les relations fraternelles et solides liant les deux pays et leurs peuples et leur souci de consolider la coopération bilatérale. Les Emirats soutiennent sans réserve l’Egypte et le pouvoir en place au Caire depuis la destitution de Morsi, une émanation de la confrérie des Frères musulmans. Ce pays est, avec l’Arabie saoudite et le Koweït, l’un des principaux pourvoyeurs de fonds de l’Egypte, à laquelle Abou Dhabi a apporté un soutien financier de 4,9 milliards de dollars, outre un dépôt sans intérêt de 2 milliards de dollars à la Banque centrale égyptienne.
 
Construction d’un million de logements
 
A noter qu’un seul jour avant sa visite vers les Émirats, Al-Sissi a accueilli le président de la grande société émiratie d’Arabtec qui va construire un million de logements en Egypte pour 40 milliards de dollars. Autrement dit, le géant émirati de la construction Arabtec Holding a annoncé avoir signé un mémorandum d’entente avec le gouvernement égyptien pour la construction d’un million de logements en Égypte, pour un investissement global de 280 milliards de livres.
Ce mémorandum d’entente a été signé entre le groupe émirati et le ministère égyptien de la Défense dirigé par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, chef de l’armée égyptienne et candidat potentiel à l’élection présidentielle prévue en avril prochain. Selon les termes de l’accord, Arabtec construira ces logements destinés aux populations à faibles revenus sur 13 sites à travers le pays. Ces projets pharaoniques couvriront une superficie de plus de 160 millions de mètres carrés et devraient créer plus d’un million d’emplois.
Le premier lot de ces logements sera livré début 2017, tandis que la livraison finale de toutes les unités d’habitation sera atteinte avant 2020. “Ce projet historique, le plus grand du genre dans la région, sera un atout majeur pour l’économie égyptienne et contribuera à améliorer les conditions de vie de la population du pays”, a déclaré le directeur général d’Arabtec Holding, Hassan Abdallah Ismail, indiquant que le marché égyptien de l’immobilier dispose d’un grand potentiel. Selon lui, le projet sera financé par des banques locales et étrangères.
 
5 centres commerciaux
 
Par ailleurs, le ministère de l’Industrie et du Commercer extérieur Mounir Fakhry Abdel Nour a annoncé que le distributeur émirati Majid Al-Futtaim (MAF), franchisé du groupe français Carrefour, ambitionnait d’investir 16,5 milliards de livres égyptiennes dans la construction de cinq centres commerciaux dans le pays. Cet investissement qui s’étalera jusqu’en 2019 permettra de la création de 42.500 emplois directs. Afin de repérer les éventuelles difficultés que pourrait rencontrer le projet et de les aplanir, les dirigeants de MAF rencontreront les responsables égyptiens en charge des investissements et des zones franches. Pour le directeur général de MAF, Abdallah Al-Nukrashy, cet investissement est l’expression de la confiance du groupe dans le marché égyptien où il possède déjà deux centres commerciaux. MAF, qui est le seul franchisé du groupe Carrefour au Moyen-Orient possède 17 centres commerciaux dans la région dont 11 aux Emirats arabes unis. Le distributeur avait annoncé en début d’année son intention de poursuivre son expansion en investissant 2,3 milliards de dollars en Égypte.
 
Le Qatar paye le prix
 
A noter que l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis et Bahreïn ont rappelé leurs ambassadeurs au Qatar, au lendemain d’une réunion des ministres des Affaires étrangères des monarchies arabes du Golfe à Riyad. Une première dans les relations entre les pays arabes du Golfe. La pétromonarchie est isolée par ses voisins. Ce geste constitue “un premier échelon de crise”. Il s’agit certes d’un évènement significatif, mais sûrement pas d’une crise majeure car l’histoire des relations de Doha avec ses voisins, précisément avec Riyad, a connu des périodes bien plus critiques, quand des litiges territoriaux avaient donné lieu, au début des années 1990, à des accrochages armés. Mais ce coup de force, mené par l’Arabie Saoudite, est un message fort qui vise à mettre la pression sur Doha et “sanctionner” son soutien aux Frères musulmans. Officiellement, le rappel des ambassadeurs des trois pays du Golfe intervient suite au non-respect par le Qatar des accords du Conseil de coopération du Golfe, “sur une politique unifiée garantissant la non-ingérence de façon directe ou indirecte dans les affaires internes de chacun des pays membres”. Concrètement, le Qatar paye son soutien aux Frères musulmans en Égypte. “Il a été demandé au Qatar de ne soutenir aucune action de nature à menacer la sécurité et la stabilité des Etats membres”, souligne un communiqué signé par l’Arabie saoudite, citant notamment les campagnes dans les médias. Allusion faite à la chaîne Al Jazeera.