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Les chrétiens d'Orient au cœur des entretiens de Raï en Egypte

Michael Victor

17 Décembre 2015 2:34 pm

 

Le patriarche maronite Béchara Boutros Raï a entamé le jeudi 10 décembre une visite pastorale de quatre jours en Egypte. Il s’est entretenu avec les chefs des Eglises Catholiques d’Egypte de la situation des chrétiens d’Orient.
En effet, une rencontre a été tenue à cet égard au siège de la nonciature apostolique à Zamalek, en présence du nonce apostolique au Caire, Mgr. Bruno Musaro, du patriarche des coptes catholiques Ibrahim Ishak, ainsi que des évêques des différentes communautés chrétiennes d’Egypte.
Le patriarche Raï s’est aussi rendu au nouveau siège de l’évêché maronite à Héliopolis. Il s’est informé des travaux de rénovation et de différentes affaires pastorales auprès de Mgr. Georges Chihane, le chef de la Mission maronite en Égypte et au Soudan, et un certain nombre de prêtres et de fidèles.

Le patriarche a béni le lieu qui vient d’être rénové, ainsi que l’église Saint-Maron, dans le même quartier. A cette occasion, il a expliqué que des rencontres avec le président d’Egypte Abdel Fattah al-Sissi, le Pape Tawadros II et le cheikh de l’Azhar figuraient sur son programme.

“La rencontre avec le cheikh de l’Azhar est de prime importance en ce qui concerne la coexistence islamo-chrétienne, mais l’entretien avec le président Sissi reste le point fort de cette visite”, a-t-il conclu.
Au deuxième jour de sa visite pastorale en Égypte, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a rencontré le pape des coptes-orthodoxes, Tawadros II, au siège pontifical de l’Anba Roueiss.
Dans un mot de bienvenue, Tawadros II a insisté sur l’amour qui unit chrétiens et musulmans (en Égypte), en dépit de toutes les difficultés et des circonstances adverses, comme celles vécues ces dernières années. 
« En Égypte, nous aimons beaucoup la religion, a encore dit le dignitaire copte-orthodoxe, mais nous n’aimons pas être gouvernés au nom de la religion, » a signalé le pape.
Tawadros a pris à témoin le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, pour insister sur l’amour effectif que se portent les Égyptiens, leur rejet de l’extrémisme et leur amour de la modération.
Le chef de l’Église maronite a achevé sa visite au siège pontifical copte en se recueillant sur la tombe de l’apôtre saint Marc.
Par ailleurs, le patriarche a visité le siège du séminaire des coptes-catholiques, en compagnie du patriarche Ibrahim Ishak.

Au quatrième et dernier jour de sa visite officielle et pastorale en Égypte, le patriarche maronite, le cardinal Béchara Raï, a été reçu le dimanche 13 décembre par le chef de l’État égyptien Abdel Fattah al-Sissi et l’imam d’al-Azhar, le cheikh Ahmad el-Tayyeb.
Recevant la délégation conduite par le chef de l’Église maronite, le président égyptien a « souhaité que les Libanais prennent conscience de la valeur de leur patrie », qu’il a comparée à « un bijou » auquel toute la communauté arabe tient.
« Le Liban mérite que tous sacrifient leurs calculs personnels pour le sauver », a ajouté le chef de l’État égyptien à l’issue de l’audience, soulignant « l’importance du dialogue entre toutes les composantes de la patrie » et assurant « qu’il ne ménagera aucun effort pour aider le Liban à sortir de sa crise ». « L’Orient a besoin du modèle libanais, et le rôle qu’il joue ne peut être rétabli que par l’unité et la solidarité de toutes les composantes de son peuple », a-t-il conclu.
Au cœur du dialogue avec l’imam d’al-Azhar, ont été évoqués le modèle libanais d’égalité civique et de communauté culturelle entre chrétiens et musulmans, dans le respect de la parité à certains niveaux de l’appareil d’État, ainsi que les bouleversements régionaux du moment.
Par ailleurs, tout au long de son séjour en Égypte, comme il l’a fait depuis que la crise présidentielle a éclaté, en mai 2015, le patriarche Raï a saisi les moindres occasions pour exhorter les députés libanais à accomplir leur devoir électoral, en élisant un nouveau chef de l’État, tout en explicitant la position du siège patriarcal maronite sur cette question vitale.
Ainsi, à l’occasion de sa visite, le samedi 12 décembre, à l’église paroissiale maronite Saint-Georges du Caire et à Wadi Natroun, où il a rencontré Tawadros II le pape des coptes-orthodoxes, le patriarche Raï avait affirmé avoir « tout fait » pour encourager les blocs parlementaires et politiques « à accomplir leur devoir national, à respecter la Constitution et à élire sans tarder un nouveau chef de l’État », ajoutant qu’il continuait d’insister pour que toutes les forces politiques « s’assoient autour d’une table, abattent leurs cartes et prennent une décision nationale globale le plus rapidement possible ».
« Que cette élection soit le cadeau des fêtes qu’ils offrent aux Libanais », a-t-il lancé, précisant que le siège patriarcal était « à égale distance de tous et qu’il ne nommera lui-même personne, puisque ce droit, à l’ombre d’un régime démocratique, revient aux blocs politiques et parlementaires ».
Le patriarche n’avait pas manqué non plus de souligner la manière dont l’absence d’un président affectait la vie de l’État, en particulier par la généralisation de « la corruption » et « le pillage des biens publics ».
Mgr Raï a indiqué que beaucoup s’interrogent sur le sort des chrétiens au Moyen-Orient, comme s’ils étaient en danger de disparition mais il a dit que les chrétiens d’aujourd’hui sont une nécessité urgente et extrême pour les pays du Moyen-Orient et qu’il faut comprendre qu’ils sont par essence présents au Moyen-Orient depuis plus de deux mille ans, et leur culture chrétienne dans cette terre a prospéré des centaines d’années avant l’avènement de l’Islam, et leur présence biblique dans les pays bibliques était non seulement un succès sociologique ou économique et commercial, mais il était une présence du message de Dieu engagé à la Déclaration sur la Bible et la diffusion de la culture de l’amour, la fraternité et de la paix… Il a signalé en outre que la présence des chrétiens a été et restera, et que l’isolationnisme élimine leur message et le service de leur identité… Selon le patriarche, la présence chrétienne dans cette région rappelle l’incarnation du Fils de Dieu, Jésus-Christ, pour la rédemption de la race humaine et le salut du monde. Il a indiqué que ce sont les fondements de son église afin de continuer l’œuvre de la rédemption et du salut. Donc, a-t-il poursuivi, personne ne peut arracher l’Eglise et les chrétiens d’Orient, parce que Dieu a planté et la plantation est sur son terrain et donc l’approche chrétienne reste comme un grain de blé à l’instar de “la mort et de la résurrection” comme le sang des martyrs chrétiens, selon ce qui a été répété par les Pères de l’Église et c’est ce que nous savons à l’essai du cours de l’histoire. Il a réaffirmé que la présence chrétienne dans les pays du Moyen-Orient est donc un besoin et une nécessité et qu’au lieu de demander quel serait sort des chrétiens, le monde arabe doit se demander sur son sort sans un rôle actif pour les chrétiens.
Samedi soir, le patriarche avait célébré la messe en la cathédrale Saint-Joseph, à Daher, où les reliques des saints Maron, Charbel, Nehmetallah, Rafqa, de saint Jean-Paul II, du père Jacques et du frère Stéphan Nehmé ont été installées. Il y avait, par la même occasion, ouvert symboliquement la « porte sainte » du Jubilé de la miséricorde commencé le 8 décembre au Vatican. Notons pour conclure que l’église Saint-Georges, tenue traditionnellement par l’ordre libanais mariamite, est désormais placée sous la responsabilité de la Société Saint-Vincent-de-Paul, qui procède à sa rénovation, en lui ajoutant un centre médico-social.