Dernières nouvelles

L'Egypte se tourne vers l'Est

Rafik Baracat

25 Décembre 2014 2:01 pm

 
 
Le président Abdel Fattah Al Sissi est arrivé lundi à Beijing, entamant une visite clé visant à obtenir l’aide de la Chine pour atténuer le marasme économique égyptien et atteindre l’équilibre dans les relations du Caire avec l’Occident, selon les observateurs.
La Chine est d’une importance particulière pour l’Egypte, principalement au niveau économique. La Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial de l’Egypte avec leurs échanges commerciaux atteignant 10,3 milliards de dollars en 2013.
Les exportations de la Chine vers l’Egypte étaient d’une valeur de 8,4 milliards de dollars.
La visite vise à atteindre la plus grande mesure possible de l’équilibre dans les relations commerciales entre les deux pays afin d’être sur un pied d’égalité avec leurs liens politiques distingués.
Mardi dernier Al Sissi a lancé avec le président chinois Xi Jinping ce que les médias égyptiens décrivent comme un partenariat stratégique global.
Un document connexe a mis l’accent sur la coopération dans les domaines de la politique, l’économie, les liens militaires, sécuritaires et culturels.
L’Egypte accueillera en mars une grande conférence internationale visant à encourager les participants à pomper de nouveaux investissements dans son économie.
 
Equilibre des relations
 
Pour certains analystes, le voyage en Chine d’Al-Sissi fait partie de ses efforts visant à élargir les relations extérieures de l’Egypte pour aller au-delà de ses liens traditionnels avec l’Occident. En août, il a effectué une visite en Russie. Son homologue russe Vladimir Poutine est attendu au Caire au début de l’année prochaine.
“L’Egypte se rend certainement compte de l’importance de la politique «Se tourner vers l’Est » dans laquelle la Chine occupe une position charnière,” dit Hoda Metkis, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.
Ce changement marque une tentative en direction de l’Est par l’Egypte pour équilibrer ses relations occidentales qui ont souvent expérimenté des pressions et des fluctuations.
Selon Metkis, contrairement à l’Occident, qui a un passé colonial, la Chine est bien perçue dans le monde arabe, y compris l’Egypte.
“La Chine est un des rares pays qui n’abritent aucune ambition d’hégémonie et ne se mêlent pas des affaires intérieures d’autres États. En conséquence, la Chine peut être le partenaire le plus approprié de l’Egypte au 21èmesiècle si les deux parties s’acquittent de leurs liens et maximisent les avantages mutuels “, dit-elle.
Cette visite intervient également à un moment crucial pour le gouvernement égyptien qui intensifie ses efforts pour attirer les investissements.
L’itinéraire d’Al Sissi à Beijing comprenait des rencontres avec des représentants des plus grandes entreprises pour les encourager à investir en Egypte dans divers domaines, principalement l’énergie.
“L’Egypte cherche fortement à faire usage de l’expertise chinoise pour aider à résoudre notre problème d’électricité”, a déclaré le ministre égyptien de l’Electricité Mohamed Chaker, un des nombreux responsables qui accompagnaient Al-Sissi dans le voyage.
“La Chine a fait une grande percée dans l’utilisation du charbon dans les centrales électriques et en même temps la réduction des émissions nocives,” a-t-il noté.
L’été dernier, l’Egypte a subi sa pire crise de l’énergie au cours des dernières années que le gouvernement a attribué à un manque d’argent nécessaire pour importer du carburant pour faire fonctionner les installations électriques et aux attaques par des islamistes sur des pylônes d’électricité.
 
Projets d’investissement
 
Le président Abdel Fattah Al-Sissi est arrivé en Chine pour sa première visite à la deuxième plus grande économie du monde, où il espère signer des accords d’investissement
Il a rencontré le président chinois Xi Jinping à Beijing, ainsi que d’autres responsables, et signé 25 accords, principalement dans l’énergie et les transports.
Parmi les projets qu’Al-Sissi a abordés figure le train à grande vitesse pour relier Alexandrie, sur la côte nord de l’Égypte, à Assouan, près du Soudan dans le sud. Il a signé un accord à cet égard avec le Conseil d’affaires égypto-chinois. Il a discuté également d’un projet de réseau de chemin de fer électrique.
Le président Al-Sissi a également tenu des réunions avec le secteur privé chinois: la première avec des représentants des 20 grands groupes économiques et la deuxième avec 100 entreprises. En outre, il s’est réuni avec 25 entreprises de tourisme et aussi avec les chefs des universités.
Al-Sissi avait dit précédemment que l’Egypte n’a pas suffisamment d’investissements pour rénover son infrastructure délabrée et développer ses services essentiels.