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L’Egypte pour une "approche collective et internationale" contre la "barbarie" djihadiste

Michael Victor

4 Septembre 2014 12:21 pm

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choukri, a appelé mardi dernier à une “approche collective et internationale” pour en finir avec la “barbarie” des groupes jihadistes en Irak et en Syrie.
“Nous avons besoin d’une approche collective et internationale, qui prenne en compte les différents éléments nécessaires pour combattre ce phénomène politique, militaire et social”, a jugé Sameh Choukri, dans un entretien avec l’AFP à Paris.
Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a appelé samedi à la mise en place d’une large coalition de nations pour lutter contre les djihadistes de l’Etat islamique, qui multiplient les exactions dans les territoires dont ils se sont emparés en Syrie et en Irak.
“C’est seulement à travers l’engagement international de tous que nous pourrons nous débarrasser de cette barbarie”, a jugé le chef de la diplomatie égyptienne, en visite à Paris où il a notamment rencontré le président François Hollande et le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.
“Nous sommes prêts à soutenir la communauté internationale à travers tout ce qui pourrait être décidé sur ce sujet, en terme de résolution des Nations unies. Chaque pays aura un rôle à jouer mais il est encore trop tôt pour savoir lequel”, a-t-il ajouté, en réponse à une question sur une éventuelle implication militaire de l’Egypte.
M. Choukri s’est montré confiant que les négociations entre Israéliens et Palestiniens, qui doivent avoir lieu dans les prochaines semaines au Caire, débouchent sur un accord.
“Nous espérons que les deux camps feront preuve de la souplesse nécessaire, eu égard aux souffrances de la population de Gaza, qui ne doivent pas se poursuivre car elle a besoin d’une aide humanitaire et pour reconstruire qui est vitale”, a jugé le ministre égyptien.
“Le communauté internationale et la région ne peuvent pas supporter davantage de violence, de pertes de vie palestiniennes et nous espérons que cela conduira à la reconnaissance de la nécessité de trouver une solution finale au conflit israélo-palestinien, avec la création d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967″, a-t-il souligné.
Après plusieurs trêves unilatérales ou bilatérales avortées, Israël et le Hamas ont fini par s’entendre sur un cessez-le-feu illimité mettant un terme à 50 jours de guerre qui ont fait 2.143 morts côté palestinien et 71 côté israélien.
Al-Sissi au Maroc le 21 septembre
Dans ce contexte, le président Abdel Fattah Al-Sissi est attendu le 21 septembre au Maroc, pour une visite officielle de trois jours. Il s’agit de la première visite du genre d’Al-Sissi dans le royaume depuis son élection en juin dernier à la tête de la magistrature suprême de son pays. Le roi Mohammed VI avait adressé, le 7 juillet dernier, un message au président Al-Sissi dans lequel il a exprimé ses vœux pour “davantage de progrès et de prospérité à l’Egypte”, faisant part de son “plein soutien” à l’Egypte et à “tout ce qui est de nature à réaliser la stabilité et la prospérité du peuple égyptien et la confrontation de terrorisme”. Le message royal avait été remis au président Al-Sissi par le ministre des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar. Le ministre a exprimé à cette occasion au chef de l’Etat égyptien la “volonté du Maroc d’élargir les domaines de la coopération bilatérale et de consolider les relations privilégiées liant les deux pays à travers l’accélération de la tenue de la Haute commission mixte”.
L’Egypte est en quête de la stabilité régionale et mondiale, combattant le terrorisme devenu un phénomène dangereux et inquiétant pour la communauté internationale. En témoignent les exactions du prétendu Etat islamique qui cherche à déstabiliser tous les pays, au nom de principes erronés. La dernière exaction retentissante était celle du journaliste Steven Sotloff.
Qui était le journaliste décapité?
Enlevé à Alep en août 2013, Steven Sotloff était un spécialiste du Moyen-Orient. Lassé «qu’on lui tire dessus ou qu’on le prenne pour un espion», il avait confié, avant son enlèvement, son souhait de quitter la région. Steven Sotloff connaissait parfaitement les risques du métier. Ce journaliste de terrain, qui a été violemment exécuté par l’État islamique mardi, n’hésitait pas à s’aventurer dans les zones de conflits les plus dangereuses du monde. Comme à Alep, en Syrie, où il a été enlevé par des djihadistes le 4 août 2013. Il venait d’entrer dans le nord du pays par la frontière turque. Treize mois plus tard, le 20 août, il est réapparu pour la première fois dans une vidéo diffusée par l’État islamique, montrant l’exécution du journaliste James Foley. À la fin de la séquence, les djihadistes menacent de tuer Steven Sotloff. Menace mise à exécution mardi, dans une seconde vidéo.
Originaire de Floride, Steven Sotloff a grandi à Miami avec sa mère, Shirley. Il a étudié le journalisme à l’Université de Central Florida, où il a joué au rugby et travaillé pour le journal étudiant Central Florida Future. Il y est resté trois ans avant de se lancer en tant que journaliste freelance. À 31 ans, il avait déjà collaboré avec de nombreux journaux tels que Time, National Interest, The Diplomat ou encore Foreign Policy.
Passionné par le monde arabe, il voyage dans de nombreux pays, tels que l’Égypte, la Turquie, la Libye, Bahreïn et dernièrement la Syrie. Il écrit notamment sur la Libye post-Khadafi, fait un reportage sur Alep et ses victimes et raconte l’attaque du consulat américain à Benghazi. «Il avait vécu au Yémen pendant des années, parlait bien l’arabe, aimait profondément le monde musulman», a tweeté Ann Marlowe, qui a travaillé avec lui en Libye.
Sotloff n’a jamais hésité à partir. Ben Taub, journaliste indépendant, l’avait rencontré en Turquie, peu de temps avant son enlèvement. Autour d’une bière dans un bar, les deux journalistes avaient parlé de son passeur, qui l’aiderait à se rendre en Syrie, pour «une dernière bonne histoire». Dans les colonnes du Daily Beast, Ben Taub écrit que Sotloff «en avait marre». Le journaliste en avait assez qu’on lui tire dessus ou qu’on le prenne pour un espion. «Il m’avait dit qu’il voulait arrêter le reportage pour quelque temps, au moins sur la région du Moyen-Orient, et peut-être revenir en Floride pour reprendre ses études. Mais il voulait d’abord faire un dernier voyage en Syrie. Il disait qu’il voulait une bonne histoire.»