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L'Egypte déterminée à combattre le terrorisme

Rafik Baracat

20 Novembre 2014 5:06 pm

 
Le ministère de l’Intérieur a déclaré mercredi avoir arrêté un militant égyptien qui était revenu de la lutte en Syrie avec le groupe al-Nosra lié à Al-Qaïda afin de former des Egyptiens dans la fabrication de bombes.
 
Un communiqué publié à la page Facebook du ministère a déclaré que Hany Chahine Ali Chahine a avoué recevoir les ordres de la  Brigade islamiste Furqan afin de former les islamistes dans la province de Gharbiya de l’Egypte.
 
Le retour des combattants ayant de l’expérience en Syrie et en Irak pourrait apporter plus de violence en Egypte et compliquer les efforts visant à stabiliser un pays qui a connu deux présidents renversés depuis 2011 et a connu une recrudescence des attaques de militants dans la dernière année.
 
La télévision d’Etat égyptienne a diffusé une vidéo visant à démontrer la confession de Chahine.
 
“Je me suis rendu en Syrie il y a un an”, a déclaré un homme barbu. “Je suis formé à l’utilisation des kalachnikovs et des explosifs avec la Brigade Furqan à Homs,” une ville syrienne centrale.
 
Le ministère a également déclaré qu’il avait découvert cinq «cellules terroristes» composées de 38 islamistes à Gharbiya qui, selon elle, étaient complices de blocage des routes et de la violence qui avaient blessé sept policiers et 14 civils.
 
L’Egypte est bien consciente des risques posées par les citoyens qui se rendent à l’étranger pour des causes djihadistes et puis retournent. Les Egyptiens qui ont combattu les troupes d’occupation soviétiques en Afghanistan dans les années 1980 ont finalement fait la guerre sainte dans leur pays, avec la formation à leurs armes contre les forces de sécurité égyptiennes et l’exécution des attentats.
 
Dans ce contexte, les Forces armées égyptiennes ont détruit plus de 700 maisons pour créer une «zone tampon» à la frontière du pays avec la bande de Gaza palestinienne.
 
Les forces de sécurité ont commencé à évacuer la zone frontalière de Rafah au Sinaï le 28 octobre, comme l’une des mesures prises en réponse aux attaques de militants contre le personnel de sécurité dans la péninsule le 24 octobre qui a fait plus de 33 tués.
Le Président Abdel Fattah al-Sissi a déclaré l’état d’urgence de trois mois  et un couvre-feu nocturne dans certaines parties de la péninsule du Sinaï en réponse à l’attaque.
 
Le Conseil des ministres avait émis le 29 octobre une décision d’évacuer 500 mètres de la zone frontalière avec la bande de Gaza des civils, promettant de fournir une compensation aux personnes expulsées.
Le gouvernement a jusqu’ici versé environ 63 millions de livres égyptiennes comme valeur de compensation pour les résidents déplacés de Rafah.
Les autorités égyptiennes ont décidé lundi de doubler la profondeur de la «zone tampon» pour devenir 1000 mètres, décrivant l’expansion comme la “deuxième phase” de la zone.
La décision du cabinet de créer la “zone tampon” permet la saisie forcée de la propriété de ceux qui refusent d’évacuer leurs maisons. Elle exclut aussi ceux qui abritent des tunnels sous les maisons du droit à compensation.
La décision d’étendre la «zone tampon» a été prise après la découverte des tunnels dans la péninsule de plus de 800 mètres de long.
Les forces de sécurité ont pris pour cible des tunnels creusés dans le Sinaï pour se connecter avec la bande de Gaza. Les autorités égyptiennes affirment que les tunnels sont utilisés pour la contrebande d’armes aux militants de la péninsule.
Selon une surveillance des 500 premiers mètres, il y avait 802 maisons abritant 1156 familles qui avaient besoin d’être évacuées.
Les militants ont intensifié leurs attaques contre les forces de sécurité en Egypte, en particulier dans la péninsule du Sinaï, depuis l’éviction du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, qui a suivi des manifestations de masse contre son régime.