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Le grand rendez-vous africain à Charm

18 Février 2016 1:21 pm

 
Terrorisme, projets pour l’Égypte, Libye, Syrie, rapports avec l’Occident… Le président égyptien a évoqué longuement tous ces sujets dans la grande interview qu’il a accordée à “Jeune Afrique”.
Le second sursaut révolutionnaire du 30 juin 2013, qui a chassé les islamistes du pouvoir, n’a-t-il pas adjoint les impératifs de sécurité et d’ordre aux revendications de 2011? Pour marquer le nouveau départ de l’Égypte sur une base qu’il veut stable, le raïs multiplie les grands projets, et a déjà mené à bien le réaménagement du canal de Suez en un temps record.
Le dirigeant veut aussi rendre à l’Égypte sa position éminente sur la scène diplomatique régionale et internationale. Et, à l’heure où les crises politiques plongent le Moyen-Orient dans un marasme prolongé, l’Afrique attire toute son attention.
Les 20 et 21 février, le président a accueilli ainsi à Charm el-Cheikh des centaines de décideurs économiques et politiques du continent, dont de nombreux chefs d’État, pour le forum Africa 2016. C’est dans ce contexte que “Jeune Afrique” a eu l’occasion d’une interview d’une heure et demie dans le palais présidentiel d’Al-Orouba.
Au cours de ce long entretien, Abdel Fattah al-Sissi a d’abord évoqué sa vision de l’Afrique où « l’Égypte doit revenir en force et redevenir ce qu’elle a déjà été, un des piliers de l’action africaine commune ». Puis il a exposé son analyse de la situation et de l’action à mener chez le voisin libyen en faillite, s’interrogeant à l’heure où les rumeurs d’intervention occidentale s’intensifient « pourquoi nous en remettre à l’Otan sans avoir cherché à exploiter toutes les solutions internes de ce pays ? ». Car, constate-t-il à propos des chaos syriens et irakiens où l’Occident tente de mettre bon ordre en s’investissant diplomatiquement et militairement, « les résultats ne sont pas du tout à la hauteur des moyens déployés ».
Comme la Libye, la Syrie et l’Irak, mais aussi le Yémen, la Somalie, le Mali, le Nigéria et l’Europe elle-même, l’Égypte fait face au fléau jihadiste et son chef de répéter inlassablement que « le terrorisme nous touche tous et nous devons y faire face ensemble sans attendre qu’il s’invite à l’intérieur de nos frontières ». Et c’est, pour ce leader, dans ce contexte qu’il « faut savoir faire la part entre objectifs de sécurité et droits de l’Homme ».
Prudentes sur certains sujets, percutantes sur d’autres, parfois à comprendre entre les lignes, ses réponses laissent penser son engagement total pour son pays et son peuple qu’il s’agit, il le répète avec conviction, « de protéger et de rendre heureux ».
Le président Abdel Fattah al-Sissi a réitéré lundi le rejet de son pays de l’ingérence militaire étrangère en Syrie, affirmant que les organisations terroristes ne devraient pas être autorisées à se développer et menacer toute la région. Le président al-Sissi a affirmé la position ferme de son pays qui appelle à une solution politique à la crise, étant donné que la crise syrienne a été longtemps négligée et maintenant la situation est devenue très compliquée. “Si une solution avait été trouvée il y a deux ans, nous ne serions pas arrivés à la situation actuelle”, a-t-il ajouté.
Le président égyptien a souligné que les organisations terroristes ne doivent pas être autorisées à s’étendre parce que cela va menacer toute la région.
Une grâce présidentielle pour l’ancien président Mohamed Morsi est prématurée, a dit le président Abdel Fattah al-Sissi, ajoutant que les procédures judiciaires en Egypte prennent beaucoup de temps.
 “Aucun d’entre eux n’a été exécuté à ce jour», a déclaré al-Sissi, commentant les condamnations à mort prononcées envers Morsi et d’autres dirigeants des Frères musulmans. Morsi est toujours en procès et aucune décision finale n’a encore été émise, a-t-il dit, soulignant que le procès de l’ancien président Hosni Moubarak a débuté en août 2011 et est toujours en cours.
Commentant sur l’avenir des relations de l’Egypte avec la Turquie, al-Sissi a dit: “L’Egypte n’est toujours pas intervenue dans les affaires des autres et ne permettra à personne d’intervenir dans ses affaires.”