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Le général Aziz Ghali, figure de proue de la victoire du 6 Octobre

2 Octobre 2014 2:19 am

Fouad Aziz Ghali est un des héros de la victoire glorieuse du six octobre 1973. Un homme au vrai sens du mot…Il fait partie de cette lignée d’illustres figures dont l’humilité et la grandeur d’âme gravent les noms dans les mémoires des gens.

Jeune homme issu d’une famille de la classe moyenne, son ascension dans la vie militaire s’est rapidement cristallisée grâce à ses nombreuses qualités et son dévouement à sa patrie et à son métier. Un livre fut publié en son honneur, écrit par le général Gamal Mazloum, en guise d’hommage à son parcours militaire digne de respect et d’admiration.
Fouad Aziz Ghali est un homme qui a acquis son statut militaire élevé par son mérite personnel. C’est un excellent modèle à imiter par la postérité. Il compte parmi cette génération des pontes de l’Armée égyptienne qui ont recouvré la dignité de la Patrie en récupérant le Sinaï lors de la guerre du six Octobre 1973. Cette figure de proue est une preuve additionnelle de la capacité de l’Egypte d’engendrer des sommités aussi brillantes que les étoiles et aussi dévotes que les druides dans leurs monastères. Cette lignée d’hommes du début des années 70 avait réussi à hisser le nom de l’Egypte haut dans les cieux de la gloire à travers les siècles.

Carrière militaire
Né en 1927 à Minya, Fouad Aziz Ghali appartenait à une grande famille. Avec ses six frères et sœurs, il a pu se forger une place éminente dans la société. Ils étaient tous venus s’installer au Caire où Fouad a fait ses études secondaires. Après le collège, il a préparé ses papiers pour adhérer à la faculté de Médecine pour laquelle il avait un certain faible. Mais, un jour, le hasard a fait dévier son futur parcours. De passage devant la faculté militaire, Ghali a change de cap. Il y déposa son dossier et fut admis. Après avoir décroché son diplôme dans l’infanterie, il a immédiatement participé à la guerre de Palestine en 1948, puis aux accrochages qui ont eu lieu aux alentours de la ville de Rafah et à la guerre de 1956. Il était encore présent dans les guerres de 1962, 1967 où il était chef de la branche des opérations d’une des divisions de l’infanterie puis état-major du 18e détachement de l’infanterie et enfin commandant de la deuxième armée de campagne, poste après lequel il fut nommé président de l’organe d’organisation et d’administration des Forces armées égyptiennes. Après sa retraite, Fouad Aziz Ghali fut désigné gouverneur du Sud-Sinaï.

Sa vie était pleine de difficultés et de combats. Ghali est décédé à l’âge de 73 ans- il fut un militaire dévoué, loyal à sa patrie. Il a préféré passer sa vie enfilant son costume militaire, rejetant toute offre d’hommage en tant qu’un des héros de la victoire triomphale du six Octobre. Même après avoir tiré un trait sur sa vie militaire et être devenu gouverneur du Sud-Sinaï, ses belles qualités sont demeurées inchangées: dévouement et persévérance étiquetaient toutes les tâches auxquelles il fut assigné. Respectueux et obéissant envers ses supérieurs, compatissant et compréhensif envers ses subordonnés, Ghali était admiré et aimé de tous. Ils trouvaient en lui une personne calme qui maîtrise ses nerfs dans les moments les plus difficiles. Depuis son premier grade de sous-lieutenant jusqu’à celui de commandant de la deuxième armée de campagne, Fouad Aziz Ghali affichait son sens de maîtrise de soi et d’adepte fervent de la science. Il veillait à l’application de ses connaissances scientifiques dans quoi que ce soit. Il avait toujours confiance que le dévouement pendant les exercices est le seul garant de la réussite. Il disait que “la sueur qui coule de nos fronts pendant les entraînements épargne le sang versé dans la guerre”.

Ascension méritée
Vu son sérieux et sa diligence, il a vite grimpé les grades militaires; de sous-lieutenant en 1948, chef d’escadron, chef de brigade, chef de détachement, commandant de la deuxième armée de campagne depuis octobre 1973 jusqu’à la fin de 1977. Puis il fut nommé ministre adjoint de la Défense et président du Service d’organisation et d’administration des Forces armées égyptiennes. A quelques années de la fin de son service militaire, les Forces armées l’ont honoré en le promouvant à titre honorifique à un très haut grade. Tout comme ses collègues, Fouad Aziz Ghali a tout fait pour maintenir flottant le drapeau égyptien sur chaque parcelle de son sol sacré.
Lors de la guerre du six Octobre 1973, le détachement de Ghali était chargé de faire irruption dans le canal de Suez dans la région de Qantara et d’abattre les troupes israéliennes stationnées dans cette région. Le choix fut porté sur Fouad Aziz Ghali d’accomplir cette mission hyper délicate pour maintes raisons. Les hauts commandants des Forces armées égyptiennes ont trouvé en lui un grand potentiel et une capacité de retenue hors de pair. Cette désignation n’est seulement pas une promotion pour ce grand homme militaire mais aussi une mesure symbolique qui confirme l’union des deux volets de la nation, à savoir Coptes et Musulmans.
Pendant la période de la guerre d’usure, le général Fouad Aziz Ghali a largement contribué à la restructuration et la réhabilitation des Forces armées égyptiennes. Les vétérans militaires ont veillé à l’optimale disposition de l’armée pour s’assurer de la victoire et rien que la victoire. Au lendemain de la défaite de 1967, les préparatifs se sont intensifiés et les entraînements se sont multipliés. Discipline, engagement, savoir, détermination et courage telles étaient les essentielles qualités de Fouad Aziz Ghali. Il tenait à devancer ses subalternes face aux dangers pour ainsi leur donner un exemple pratique de comment agissent les commandants pour l’exécution de toute mission qui leur est assignée quelle que soit sa difficulté. L’innovation était sa devise. En temps de paix comme en temps de guerre, particulièrement lorsqu’il s’agit d’esquisser un plan de combat, le général Ghali prônait l’application de la science sur le terrain. Pour lui, le savoir n’est pas limité aux théories et aux démonstrations, il doit passer à l’application pour que les connaissances aient leurs effets sur le quotidien des gens. Il préférait alors former des comités spécialisés en charge d’effectuer les études et les recherches nécessaires à la prise d’une telle ou telle décision qui se révèle délicate.

Préparation adéquate
Le général Fouad Aziz Ghali a pris part à l’élaboration des plans du théâtre des opérations militaires au lendemain de la lourde défaite qu’avaient essuyée les Forces armées égyptiennes dans la guerre de juin 1967.
L’armée égyptienne a concentré tous ses efforts sur l’exploitation des potentialités des compagnies des deux secteurs public et privé en vue de couvrir globalement le territoire de la République par des forts et des remparts disséminés partout. Des tunnels ont été creusés, des hangars pour le stockage des munitions et des armes ont été montés et les barrières de sable élevées au plus haut point. De même, les Forces armées ont construit un réseau de missiles sol-air. Vingt nouvelles bases aériennes ainsi qu’un nouvel aéroport ont été construits pour parer aux lacunes ayant occasionné la grave débâcle de 1967. Toute la nation était mobilisée pour l’accueil glorieux du jour J. Une dissimulation générale a été imposée afin de détourner l’ennemi des desseins égyptiens et des intentions des Forces armées d’engager l’attaque. Le détachement du général Fouad Aziz Ghali a accompli sa mission avec la plus haute performance et en toute confidentialité suivant les ordres des hauts commandants de l’armée. C’était une guerre politique, économique et médiatique avant de se concrétiser en de combats acharnés opposant les Forces armées égyptiennes et les troupes israéliennes. Commandant du 18e détachement de l’infanterie charge de pénétrer dans le canal de Suez dans la région de Qantara, Fouad Aziz Ghali a tellement galvanisé ses hommes qu’ils ont détruit les troupes israéliennes stationnées là, tout comme leurs armes et véhicules. Qantara Est fut récupérée par les vaillants soldats égyptiens. Ils ont aussi mis la main sur un pont situé à 9 km du canal de Suez au début de la guerre qui a tout à fait gommé des esprits l’infamie de la défaite de 1967. Depuis lors, les Arabes vivent la tête haute, toute honte effacée.