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Importante tournée présidentielle

29 Octobre 2015 1:21 pm

Le président Abdel Fattah El Sissi a entamé une tournée comprenant les Émirats arabes unis, l’Inde et Bahreïn mardi dernier. Le dirigeant égyptien est d’abord arrivé aux Emirats arabes unis afin de tenir des pourparlers sur les moyens d’améliorer les relations bilatérales dans le cadre de la coordination et des consultations continues entre les deux pays. Les pourparlers portaient également sur le renforcement de la coopération stratégique commune au milieu des défis régionaux qui exigent d’accélérer les mesures visant à affronter les menaces mettant en danger la sécurité nationale panarabe et de lutter contre le fléau du terrorisme et des idéologies extrémistes.
Aux Emirats arabes unis, el-Sissi a donné le coup d’envoi des discussions stratégiques que le pays du Golfe allié du Caire a dit étaient très importantes au milieu des conflits en cours dans la région.
La visite d’El-Sissi, la seconde au pays du Golfe riche en pétrole cette année, est de «double importance” à la lumière des conflits entremêlés dans la région, y compris au Yémen et en Syrie.
Les discussions portaient également une attention particulière à la montée en puissance des liens économiques entre Le Caire et Abou Dhabi.
Depuis l’éviction de Mohamed Morsi en 2013, les Émirats arabes unis ont émergé comme un des principaux donateurs en Egypte, en fournissant des milliards de dollars d’aide au Caire.
Les Emirats arabes unis et certains autres pays arabes du Golfe ont été opposés à Morsi et son groupe des Frères musulmans, qu’ils considèrent comme une menace à la sécurité.
Après les Emirats arabes unis, el-Sissi a fait un arrêt en Inde, où il a participé au troisième sommet Inde-Afrique qui s’est tenu du 26 au 29 octobre. C’était la première visite d’el-Sissi au sous-continent pour assister à un rassemblement de 40 chefs d’Etat dans ce que le Times of India a surnommé “le plus grand programme de sensibilisation diplomatique aux liens avec l’Afrique.” El-Sissi a tenu des entretiens avec le président indien Pranab Mukherjee, le Premier ministre Narendra Modi, ainsi qu’un certain nombre de responsables et hommes d’affaires, en se concentrant sur des pourparlers destinés à revitaliser la coopération économique entre les deux pays et à renforcer les investissements indiens en Egypte.
La valeur des investissements indiens en Egypte est estimée avoir atteint 2,5 milliards de $, selon les données officielles du gouvernement égyptien.
La plupart des entreprises indiennes en Egypte sont dans l’industrie et le stockage des produits tels que l’essence et la pétrochimie textile, a indiqué l’Autorité générale égyptienne pour l’investissement dans un rapport.
Le coton, les engrais bruts et manufacturés, ainsi que le pétrole brut et ses produits sont parmi les exportations les plus importantes de l’Egypte à l’Inde.
L’autorité a dit que des efforts sont en cours pour accroître les exportations, en particulier de phosphate de roche et de l’ammoniac.
Les importations de l’Egypte de l’Inde comprennent des fils de coton, du sésame, le thé, le café, les épices, les produits pharmaceutiques, une variété d’équipements, des pièces d’automobiles, ainsi que du caoutchouc synthétique et ses produits.
Les échanges commerciaux entre l’Egypte et l’Inde s’élèvent à 5 milliards de dollars et devraient atteindre 8 milliards de dollars en 2016.
En outre, 50 entreprises indiennes sont actuellement en exploitation et en cours d’exécution des investissements en Egypte.
L’Egypte cherche à attirer les flux de trésorerie en investissement étranger et à réparer une économie malmenée par des années d’agitation politique, qui a pris un péage sur la livre égyptienne. Le président El Sissi était à la tête d’une délégation en Inde pour assister au troisième Forum Inde-Afrique, en hommage aux relations historiques de longue date liant les deux pays et leur volonté commune de parvenir à des intérêts mutuels.
En 1961, Nehru fut le premier chef de gouvernement indien à se rendre en Afrique, devançant de trois ans la visite sur le continent du chinois Zhou Enlai. C’est la période où l’Inde a lancé ses premiers programmes de coopération avec l’Afrique (ITEC, Focus Africa) qui puisaient leur inspiration dans la solidarité anticoloniale, mais aussi dans les idéaux de Gandhi dont Nehru était l’héritier politique. Le premier sommet indo-africain (le India-Africa Forum Summit ou l’IAFS) s’est tenu en 2008 à New Delhi, sur le modèle des rencontres Japon-Afrique ou Chine-Afrique institutionnalisées depuis 1993 pour le Japon et 2000 pour la Chine. Avec une dizaine de chefs d’Etats africains présents à New Delhi à cette occasion et un total d’une quarantaine de pays représentés, ce premier sommet avait permis de créer un environnement propice à l’accélération des collaborations entre le géant de l’Asie du Sud et le continent africain. C’est au siège de l’Union africaine, dans la capitale éthiopienne, que s’est déroulé en 2011 le deuxième sommet indo-africain. Seize chefs d’Etats africains ont fait le déplacement à Addis-Abeba à cette occasion.
Pour la nouvelle édition de l’IAFS, le gouvernement Modi aux manettes à New Delhi depuis juillet 2014, a décidé de changer le format de la rencontre en invitant tous les pays africains. Sur les 54 pays invités, une quarantaine sont représentés par leur chef de l’Etat ou du gouvernement. L’Inde mise sur sa nouvelle visibilité grâce à sa bonne santé économique et ses positions plus agressives sur le plan international, pour donner une nouvelle impulsion à ses relations avec les pays africains.
Le chiffre d’affaires du commerce indo-africain pour la période 2014-2015 s’élève à quelque 70 milliards de dollars et devrait, selon les prévisions, dépasser la barre de 100 milliards de dollars pendant l’exercice en cours. L’Inde est toutefois loin derrière la Chine dont les échanges bilatéraux avec l’Afrique s’élevaient à en 2014-2015 à 210,2 milliards de dollars.
Le président égyptien a conclu sa tournée par une visite à Bahreïn, où il a rencontré le roi bahreïni Hamad ben Issa al-Khalifa.
Au menu de la visite, des pourparlers visant les moyens de renforcer les relations bilatérales et des discussions d’un certain nombre de questions d’intérêt commun.