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Egypte: restaurée, rénovée, l'église “suspendue” retrouve sa splend

Christine Ibrahim

26 Août 2014 3:29 pm

Le ministre des Antiquités égyptien a annoncé la réouverture de l’église “suspendue” (“al-Mu’allaqa), ou “église de la Vierge”, dans le Vieux Caire, pour le mois d’octobre prochain, au terme de quatre années de restauration et rénovation.

C’est en 1997 que la décision avait été prise, par le Conseil suprême des antiquités, de lancer un projet de restauration complète pour préserver le sanctuaire et lui redonner sa splendeur originelle. Comme d’autres monuments situés dans des quartiers très peuplés, l’église était en effet fortement endommagée par la pollution de l’air, ainsi que par un niveau d’eau élevé dans le sous-sol, un fort taux d’humidité, des fuites d’eau et la proximité d’égouts dans un état délabré. Les décorations du plafond en bois de l’église étaient noircis par la fumée, et ses murs et fondations avaient été endommagés par le tremblement de terre de 1992.

Cet édifice est l’une des plus anciennes églises en Égypte. Elle a probablement été construite au Ve ou VIe siècle, à l’emplacement d’une église antérieure datant du IIIe ou IVe siècle, sur les tours de l’ancienne forteresse romaine de Babylone recouvertes de troncs de palmier et d’une couche de pierres pour former le plancher (d’où son nom de “suspendue”).
Elle a été détruite à plusieurs reprises, notamment au IXe siècle suite à un conflit entre le gouverneur de l’Égypte et le patriarche copte. Reconstruite vers 975, elle fut, du XIe au XIVe siècle, le siège du patriarcat copte.

L’église est édifiée suivant un plan basilical à quatre nefs, une d’elles ayant été ajoutée aux trois autres tardivement, lors de la restauration par Ubayd Abî Khuzâm en 1775. Les nefs sont séparées par des colonnes en marbre blanc ou basalte noir, toutes surmontées de chapiteaux corinthiens.

“Le décor utilise principalement le bois et le marbre. À l’extérieur, des moucharabiehs emplissent les fenêtres et constituent la balustrade qui surplombe la colonnade. Cette technique, qui consiste à assembler de petites bobines en bois tourné était une spécialité du Caire ; à partir de l’époque ottomane, les panneaux ainsi formés furent utilisés pour masquer les fenêtres.(…) La façade sous le porche est ornée d’incrustations de marbres colorés qui rappellent les décors d’ablaq fréquemment utilisés sous les Mamluks.

À l’intérieur, le bois est utilisé pour l’iconostase, faite d’ébène et d’ivoire, qui présente des motifs de croix et des éléments géométriques.” (“Qantara, patrimoine méditerranéen”)

Dans un quartier qui renferme également la synagogue Ben Ezra, fondée en 1115, l’église Saint-Serge construite à la fin du IVe siècle au-dessus d’une crypte où la sainte Famille se serait réfugiée lors de sa fuite en Égypte, et l’église Sainte-Barbara (reconstruite au XIe siècle), du nom d’une jeune fille martyrisée pour avoir essayé de convertir son père au christianisme, la “Mu’allaqa” est l’un des hauts lieux du Caire copte et, plus globalement, de l’histoire monumentale de l’Égypte.