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Défi parlementaire et lutte contre le terrorisme

Karim Felli

5 Mars 2015 3:45 pm

 

 

La cour constitutionnelle égyptienne a jugé anticonstitutionnelle la loi électorale censée organiser les élections législatives, programmées du 21 mars au 7 mai 2015.  C’est l’article 3 de la loi électorale, afférent au découpage des circonscriptions électorales, qui a été mis en défaut. Les dispositions de ce texte n’ont pas respecté la représentativité des citoyens et des électeurs. Selon la loi, 420 représentants du peuple seront élus dans le cadre du système de scrutin uninominal, 120 suivant le proportionnel plurinominal et 27 députés seront désignés par le président.  La cour a présenté les exemples de treize gouvernorats, où elle pointe du doigt les grandes disparités par rapport au poids relatif des votants dans leurs différentes circonscriptions. Dans le Gouvernorat du Caire, le député représente dans la circonscription de Helwan 220. 043 citoyens, celui de la circonscription d’Al Gamaliya 78.175 citoyens, alors que celui d’Al Moukattam 111.360 citoyens.

C’est la première fois que la cour constitutionnelle met en relief les écarts de représentation entre des circonscriptions d’un même gouvernorat. Dans le passé elle mettait en avant les disparités entre les gouvernorats.  Le Premier ministre Ibrahim Mahlab a chargé la commission électorale, de la refonte de ce texte dans un délai ne dépassant pas un mois. Par ailleurs, le président Abdel Fattah El-Sissi a demandé à chacun de redoubler  ses efforts afin d’éviter le report du scrutin.  Le président a ordonné que la loi soit remaniée en l’espace d’un mois, demandant que toutes les mesures légales soient prises pour éviter le retard des élections. La Commission électorale d’Egypte a déclaré dimanche qu’elle préparait un nouveau calendrier pour le scrutin.

 

 

Défis économiques et nouvelle capitale

Dans ce contexte, il y aura une nouvelle capitale, cette nouvelle ville où le gouvernement sera relocalisé devrait être construite par un promoteur du Golfe. Elle est située à l’est du Caire à proximité de Suez et devrait être construite d’ici 12 ans. La ville n’a pas encore de nom officiel et sera financée entièrement par des fonds privés. Le gouvernement engagera un coût nul dans la ville, qui sera totalement développée par une entreprise du secteur privé. L’implication des entreprises du Golfe est perçue par certains comme une tentative du président égyptien de forger de nouveaux liens régionaux. Les pays du Golfe ont exprimé leur soutien pour El-Sissi, promettant 12 milliards de dollars d’aide annuelle.

A cet égard, le président El-Sissi a rencontré dimanche dernier le roi Salmane d’Arabie saoudite. Les deux chefs d’Etat se sont entretenus de la coopération bilatérale, ont proclamé la profondeur de leur relation stratégique et leur volonté de la renforcer. Notons que l’Egypte a obtenu 23 milliards de dollars d’aide de la part de l’Arabie saoudite, des Emirats arabes unis et du Koweït. Cette aide a pris la forme de livraisons de carburants, de dons en liquide et de dépôts à la Banque centrale.

 

Lutte contre le terrorisme

Par ailleurs, le Secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi, a affirmé qu’il a l’intention d’organiser des consultations avec les dirigeants arabes à propos de la nécessité de former une force arabe destinée à lutter contre le terrorisme et les difficultés sécuritaires rencontrées dans la région.

L’Egypte de son côté, a proposé une initiative aux pays membres de la Ligue arabe portant sur la formation d’une force arabe commune chargée d’intervenir en Libye pour éradiquer les groupes terroristes dont “ Daech ” (Etat islamique) en plein essor dans ce pays en proie à l’insécurité depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi. Mais cette proposition a été rejetée par l’opposition de certains pays dont le Qatar et l’Algérie. “ La situation actuelle n’est pas une guerre régulière, mais il s’agit de faire face à des gangs terroristes qui menacent la sécurité nationale arabe. Les amendements proposés pour le prochain sommet à ajouter à la Charte de la Ligue arabe, confirment des mécanismes spécifiques qui servent l’action arabe commune. ”, a expliqué le Secrétaire général de la Ligue arabe. Evoquant le désaccord entre l’Egypte et le Qatar lors de la dernière réunion sur la Libye, Nabil Al-Arabi a indiqué que, “ le litige portait sur la légitimité de la Chambre des représentants (Parlement) et le gouvernement intérimaire libyens reconnus régionalement et internationalement et la nécessité d’aider l’armée libyenne, alors que la position du Qatar est différente et observe des réserves contre cette décision ”.

Le chef du gouvernement intérimaire libyen, Abdallah Al-Thini, a affirmé que l’Etat libyen ne sortira de l’impasse qu’avec “ une alliance des Arabes et un travail sérieux pour résoudre le problème de l’armement de l’armée ”, soulignant avoir évoqué avec le président égyptien, Abdel Fattah El-Sissi, la formation du “ front de défense arabe ” de la Libye dirigé par les pays appuyant le gouvernement et l’armée libyenne avec à leur tête l’Egypte, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie.