Dernières nouvelles

Sommet économique en 2015

Karim  Felli

9 Octobre 2014 5:44 pm

 
“Le Fonds monétaire international (FMI) participera au Sommet économique qui aura lieu, en Egypte, en 2015”, a annoncé Mme Christine Lagarde, directrice générale du FMI, ajoutant que le Fonds est prêt à soutenir l’Egypte.
 
Accordant une interview au journal international Asharq al-Awsat, Mme Lagarde a confirmé la position du FMI d’être à l’appui des pays de printemps arabe et de leur apporter soutien financier et savoir faire à même de réussir leur relance économique. Estimant que les réformes menées récemment, par les autorités égyptiennes sont encourageantes, elle a souligné que le projet du canal de Suez montre que l’Egypte est déterminée à garantir la croissance et la réussite économique. “Mais, le problème c’est qu’un tel projet nécessite beaucoup de temps, alors que l’Egypte serait en besoin du soutien et de l’appui continu de ses partenaires à l’étranger. C’est ainsi, que le FMI serait prêt à lui apporter l’appui nécessaire si l’Egypte était intéressé”, a-t-elle ajouté.
En ce qui concerne, le sommet économique, la directrice générale du FMI a estimé que la présence du Fonds permettra d’enrichir le dialogue sur le processus de réforme et les réformes à mobiliser en vue d’assurer la stabilité économique et la croissance durable pour l’Egypte. Mme Lagarde a rappelé, finalement, que le FMI a entamé des discussions avec le gouvernement égyptien sur les politiques macroéconomiques, en proposant des recommandations visant à améliorer les politiques fiscales du pays. Le ministère égyptien des Finances déclarait, à la mi-septembre, qu’il demandera au FMI de mener une étude d’évaluation sur la situation économique égyptienne, ce qui pourra aider à améliorer l’image du pays avant l’organisation du Sommet économique en février prochain.
 
Les récentes décisions positives
Prenant la parole dans le cadre d’une conférence qui s’est ouverte le 16 septembre au Caire sur l’économie égyptienne, Chris Jarvis, le chef de mission pour le Fonds Monétaire International dans le pays a salué les récentes décisions prises par le gouvernement en Egypte, qui, selon ses termes, permettront de renforcer l’économie et constituent des avancées importantes vers le droit chemin.
Dans le même contexte Keiko Honda, le vice-président et directeur général de l’Agence Multilatérale de Garantie d’Investissement (MIGA) une organisation membre du groupe de la Banque mondiale, a fait savoir que l’Egypte présentait aujourd’hui des opportunités d’investissement et que de toute façon, la MIGA était prête à soutenir les investisseurs pour la mitigation des risques existants.
L’arrivée du président Al Sissi à la tête du pays semble avoir redonné un coup d’air frais à l’environnement sociopolitique en Egypte. Même si des situations d’insécurité très isolées demeurent, l’environnement dans son ensemble apparaît comme étant apaisé et le gouvernement peut désormais afficher ses ambitions avec un certain optimisme.
Preuve de cette sérénité retrouvée, le pays a lancé un mégaprojet, celui de la construction d’un nouveau Canal de Suez.
Intervenant lui aussi dans le cadre de la conférence, Hany Qadry Dimian, le ministre des Finances a déclaré que l’objectif du gouvernement sur les trois prochaines années, était de parvenir à une croissance de 5% à 6%.
 
Réforme de l’économie
Pourtant on ne peut s’empêcher de s’interroger sur le point de savoir jusqu’où l’Egypte pourra reformer son économie et surtout pour quel impact. Le pays semble bien résister à la suppression des subventions aux hydrocarbures, une question qui était très sensible dans le pays. Les défis économiques pour le gouvernement égyptien demeurent nombreux et complexe. Dans un rapport publié début septembre par la Banque Africaine de Développement-BAD) sur l’Afrique du Nord, il est ressorti que les performances économiques étaient déjà relativement robustes au moment où surviennent les printemps arabes et les crises sociopolitiques qui s’en sont suivies. Pour ce qui est de l’Egypte par exemple, le rapport met en évidence le fait que, durant la période 2000 à 2010, la croissance globale du produit intérieur brut (PIB)  a tourné autour de 4,9% et sur les cinq dernières années avant le printemps arabe, la croissance du PIB par habitant frôlait les 4,3%.
Simplement, relève le rapport, le pays souffrait de deux problèmes majeurs, un développement insuffisamment inclusif et un marché du travail à deux visages, où, dans le cas de l’Egypte par exemple, 50% des personnes exerçant un métier, sont soit sous-payées, soit dans le secteur informel, ce qui renforce davantage l’iniquité et les inégalités.
“Le fait que des pans importants de la population n’aient pas tiré parti de ce progrès général reste préoccupant. Les indicateurs de pauvreté non liés au revenu ne se sont pas améliorés dans la même proportion que ceux basés sur le revenu. Par ailleurs, les enquêtes disponibles peuvent sous-estimer l’accentuation des inégalités parce qu’elles ont tendance à exclure les familles les plus riches, qui ont probablement vu leurs revenus augmenter très fortement” peut-on lire dans le document.
 
Réduction de la dette
Dans ce contexte, Le gouvernement égyptien a réduit à 1,2 milliard de dollars sa dette vis-à-vis de BG Group plc, un des grands producteurs du gaz naturel du pays et opérant sur toute la chaîne couvrant l’exploration, la mise en valeur et la production du GNL. Cela est consécutif au versement de 350 millions de dollars par l’Egypte, a annoncé le 6 octobre le leader mondial de l’exploration et du GNL dont la filiale BG Egypt a contribué à 18% à la production globale du groupe en 2013. L’Egypte traverse une période de baisse de l’exportation du GNL qui a eu des conséquences sur le groupe gazier présent dans plus de 20 pays. BG Group plc examine, dans ce contexte, les options devant permettre d’augmenter la fourniture du gaz en Egypte et a entamé, a-t-il précisé, des discussions avec le gouvernement égyptien sur le reste de la dette.
 
Prévisions à la baisse
Notons que le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions de croissance 2014 pour la plupart des pays arabes en raison des répercussions attendues des conflits en cours, à l’exception des Etats pétroliers du Golfe qui continuent à prospérer. Dans son nouveau rapport sur l’économie mondiale publié, le FMI indique que le produit intérieur brut (PIB) de la région Moyen-Orient et Afrique du nord (MENA) ne devrait croître que de 2,6% cette année, alors qu’un chiffre de 3,2% était cité dans son rapport d’avril.
Le Fonds a également révisé à la baisse sa projection de croissance en 2015 à 3,8%, au lieu de 4,5% attendu jusqu’à présent.  “Avec des conflits qui s’aggravent dans certains pays de la région, la reprise attendue de la croissance en 2014 sera plus faible que prévu”, indique le FMI.
Pour 2015, “la croissance pourrait augmenter à condition que la sécurité s’améliore, ce qui permettrait une reprise de la production pétrolière, en particulier en Libye”, ajoute le Fonds. Particulièrement affectée, l’économie irakienne devrait subir de plein fouet les conséquences du conflit armé entre la coalition dirigée par les Etats-Unis et les djihadistes de l’organisation Etat islamique, estime le rapport.