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Le nouveau gouverneur de la BCE face à de gros défis

Rafik Baracat

29 Octobre 2015 1:26 pm

Tarek Amer, le nouveau gouverneur de la Banque centrale d’Egypte (BCE), revient après une absence d’environ sept ans, ayant autrefois servi comme gouverneur adjoint de la BCE de 2003 à 2008.
Pendant cette période, Amer a participé à la mise en œuvre et la préparation du programme de réforme de la politique monétaire et du secteur bancaire.
Le nouveau gouverneur de la BCE fait face à six défis majeurs dans la période à venir, comme il est responsable de la gestion de la politique monétaire de l’État.
Ces six défis sont: le contrôle du marché des changes, la reconstruction des réserves de change, la maîtrise de l’inflation, l’équilibre entre les taux d’intérêt d’une manière qui serve l’investissement et n’ait aucune incidence sur l’inflation, en utilisant les liquidités accumulées par les banques, et le comblement du déficit budgétaire.
La gestion du marché des changes est parmi les plus importantes fonctions exercées par la banque centrale dans un quelconque pays. En Egypte, ce dossier a été et est toujours le plus difficile de tous ceux qui sont gérés par la BCE et exigera un grand effort du nouveau gouverneur.
La gestion et le contrôle du marché des changes en Egypte sont devenus considérablement plus difficiles au cours des années suivant la révolution du 25 Janvier. Cela est particulièrement dû à la baisse des ressources en devises de l’État, la hausse de la dette extérieure et la poursuite de la couverture de la banque centrale de demandesdes importateurs et du gouvernement pour les devises, en plus du remboursement de la dette externe.
Au cours de la période de janvier 2011 jusqu’à octobre 2015, la livre égyptienne a perdu environ 40% de sa valeur vis-à-vis du dollar sur le marché officiel, et ce pourcentage est encore plus élevé dans le marché parallèle, comme le prix du dollar sur le marché officiel est actuellement d’environ 8,03 L.E., contre 5,8 L. E. à la fin de l’année 2010.
Reconstruire les réserves de change vient en tête des difficultés rencontrées par le gouverneur de la BCE au cours de la période à venir, en particulier après que la réserve a perdu une grande partie au cours des dernières années.
Selon les derniers chiffres publiés par la BCE, les réserves de change ont diminué à la fin de septembre à environ 16,334 milliards de $, ce qui couvre à peine les importations égyptiennes de produits de base pour les trois mois suivants.
Bien que le taux d’inflation se soit penché vers la baisse ces derniers mois, les analystes disent que cela peut être temporaire, et que l’inflation est susceptible d’augmenter à nouveau, surtout à la lumière de la valeur élevée du dollar, qui a dépassé 8 L. E. récemment. Cela représente un autre défi pour le gouverneur de la BCE.
Depuis la révolution du 25 Janvier, les banques opérant dans le marché égyptien ont connu une grave crise de l’emploi de la liquidité locale, avec la baisse des opérations de prêts et d’investissements se limitant aux instruments d’emprunt du gouvernement, et les dépôts à la BCE, en plus des opérations de financement qui ne sont que partiellement actives.
Selon les analystes, cette crise est l’un des principaux défis auxquels la BCE et les banques feront face dans la période à venir, à moins que l’économie ne redevienne active, ou que des projets ne soient présentés pour accueillir l’énorme liquidité dans les banques.
Le taux d’intérêt sur la livre égyptienne est une question épineuse pour la BCE, vu que la Banque a toujours été demandée de créer un équilibre entre l’investissement et les exigences de la dette publique pour les faibles taux d’intérêt, d’une part, tout en tenant compte de l’aspect social des déposants et leur besoin de taux d’intérêt élevés de l’autre part. De là vient la difficulté de créer un équilibre entre ces facteurs, que les banquiers considèrent comme un autre défi pour la BCE.
Le Comité de politique monétaire de la BCE a décidé, dans ses cinq dernières réunions tenues cette année, de fixer les taux d’intérêt de base, ce qui est un indicateur de la direction des taux d’intérêt sur le marché dans son ensemble.
Les banques sont la plus grande source de financement pour le déficit budgétaire, à travers les instruments de créance émis par le gouvernement chaque semaine.
Les anticipations de reprise de l’économie égyptienne, et ce que cela implique en termes de diriger la liquidité des banques à financer des projets, plutôt que d’investir dans des bons et obligations, représentent un autre défi pour la BCE et le secteur bancaire égyptien.