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La dévaluation de la livre n'a pas d'impact majeur sur le déficit budgétaire

20 Mars 2016 8:12 pm

Le ministre égyptien des Finances Hani Qadri a déclaré que la dévaluation de la livre égyptienne à 8,85 par dollar, contre 7.73 auparavant, ne va pas avoir un impact majeur sur le déficit budgétaire de l’Egypte.

“La dévaluation de la livre a coûté à l’État 10 milliards de dollars de livres”, a indiqué Qadri, ajoutant qu’elle aura également un effet positif sur les recettes.

L’impact de la dévaluation sur le déficit budgétaire ne sera pas grand, a-t-il également dit.

La Banque centrale d’Egypte (BCE) a dévalué la livre égyptienne de 14,5 pour cent (1.12 L. E.), la première fois pour elle à déprécier la livre depuis que le gouverneur Tarek Amer a pris ses fonctions en novembre dernier. Le taux de change du dollar dans les banques égyptiennes en conséquence a augmenté à 8,95 livres par dollar, la BCE permet aux banques de vendre des dollars à 10 piastres en-dessous ou au-dessus de la valeur d’origine.

Qadri a déclaré que le gouvernement prévoit que le déficit budgétaire pour le prochain exercice financier 2016-2017 va s’élever à 9,9 pour cent du PIB total.

Qadri a également affirmé qu’il s’attend que l’Egypte puisse soutenir un taux de croissance de quatre pour cent l’an prochain, au lieu des cinq à 5,5 pour cent que le gouvernement avait initialement prévus au début de l’année.
“C’est une tentative positive de rééquilibrer les marchés après que le marché noir a récemment prospéré», a déclaré Rachad Abdo, un expert économique et chef du Forum égyptien d’études économiques.

La dévaluation va réduire l’écart entre le taux de change officiel et celui du marché noir, comme la livre s’était affaiblie à près de 10 livres par dollar la semaine dernière, pour la première fois depuis qu’a commencé la négociation sur le marché égyptien, a indiqué Abdo.
Le mouvement a directement envoyé un message positif sur le marché boursier en plein essor. Sur la bourse du Caire, l’indice de référence EGX30 a augmenté de plus de 6 pour cent, lundi, soutenu par les nouvelles de la dévaluation attendue depuis longtemps.
Dans un communiqué, la BCE a dit qu’elle a décidé de suivre une politique plus souple en ce qui concerne le taux de change, en vue de résoudre les distorsions dans le système de taux de change et de rétablir la circulation de devises étrangères à l’intérieur du système bancaire d’une manière ordonnée.

La déclaration a ajouté que le but de la nouvelle mesure est également de stimuler l’approvisionnement du marché et de renforcer le potentiel de la nation pour attirer les investissements étrangers.

“L’Egypte a besoin de construire autant de liquidités qu’elle le pourrait par la banque centrale de sorte qu’elle puisse à la fois dévaluer et approvisionner le marché en même temps sans causer de dépréciation drastique de la monnaie», a expliqué Abdo.
La BCE cherche à rassurer les investisseurs qui dépendent totalement de leur activité sur le dollar par pompage de plus de liquidités dans les banques, a-t-il noté.

La réserve de monnaie étrangère a chuté de 36 milliards de dollars américains à la suite de la révolution de 2011 qui a renversé le président Hosni Moubarak à 16,48 milliards de dollars à la fin de Janvier.

L’agitation politique qui a frappé le pays en raison de deux soulèvements en cinq ans a fait fuir des investissements étrangers à fuir, a dit Abdo.

Le tourisme, une source essentielle de devises qui a vu une légère reprise, a de nouveau été affecté négativement par l’écrasement d’un avion de ligne russe en octobre dernier, a-t-il ajouté.