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L'emblématique cinéma le Louxor rouvre ses portes à Barbès

Christine Ibrahim

15 Avril 2013 6:31 pm

L##emblématique cinéma le Louxor, dont le bâtiment était à l##abandon depuis 1987, rouvre ses portes jeudi dans le quartier populaire de Barbès à Paris, après deux ans et demi de travaux qui ont permis de restituer ses décors égypto-art déco d##origine

L’emblématique cinéma le Louxor, dont le bâtiment était à l’abandon depuis 1987, rouvre ses portes jeudi dans le quartier populaire de Barbès à Paris, après deux ans et demi de travaux qui ont permis de restituer ses décors égypto-art déco d’origine.
A la manoeuvre, la Ville de Paris, soucieuse d’étoffer le tissu des salles de cinéma du nord-est parisien, et de conserver cet élément du patrimoine culturel et architectural de la capitale – la façade et les toitures ont été inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1981.
Réalisé en 1920-1921 par l’architecte Henri Zipcy et le céramiste Amédée Tiberti pour le groupe Lutetia-Wagram, le Louxor, situé à la confluence des Xe, XVIIIe et IXe arrondissements, a été exploité comme cinéma jusqu’en 1983, avant de devenir une boîte de nuit (la Dérobade puis le Megatown), et d’être désaffecté en 1987.
La ville a décidé en 2003 de racheter les murs et de lui redonner sa vocation première de cinéma, en finançant l’intégralité des travaux. 25 millions d’euros ont été investis, permettant à la fois de retrouver l’esprit du bâtiment d’origine, et de le mettre au meilleur niveau en termes d’isolation phonique et thermique. Le cinéma est ainsi chauffé et refroidi grâce à la géothermie.
Les façades ont été intégralement restaurées dans leur état de 1921, avec restitution des mosaïques, vitraux et grands mâts égyptiens disparus. La grande salle de cinéma (334 fauteuils au lieu des 1.100 d’origine) a été réhabilitée avec ses trois niveaux – l’orchestre, le balcon et le poulailler -, et ses décors recréés: faux marbres peints, masques de pharaon en relief, frise néo-grecque, hiéroglyphes…
“J’avais quelque crainte que l’on aille un peu loin dans le kitsch, mais je trouve que c’est assumé sans en faire trop, c’est plutôt réussi”, commente le maire adjoint en charge de la Culture, Bruno Julliard (PS).
Deux nouvelles salles, plus petites (136 et 71 fauteuils), ont été aménagées dans les sous-sols du bâtiment. Pour ces dernières, l’architecte Philippe Pumain a fait le choix de la sobriété, seuls la forme d’une voûte ou un plafond étoilé rappelant la thématique égyptienne.
Le Louxor est le seul cinéma parisien dont les murs appartiennent à la Ville: “C’était la seule manière de permettre la réhabilitation du Louxor. Il était très peu probable que quelque industriel que ce soit puisse réaliser des travaux d’une telle qualité, avec une telle exigence architecturale”, souligne M. Julliard.
 La réouverture du cinéma, très attendue par les habitants et les commerçants, joue aussi “un rôle déterminant dans la requalification urbaine du quartier, avec un effet d’entraînement au-delà des murs du Louxor”, souligne Bruno Julliard. Ainsi le magasin de textile Vano, situé face au Louxor et victime d’un incendie il y a deux ans, laissera-t-il la place d’ici quelques mois à une brasserie branchée.