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Exposition «1956: regards croisés»

23 Juin 2016 2:46 pm

 
Le CEDEJ présente du 24 juin au 4 juillet 2016 au Caire une exposition grand public: «1956: Regards croisés », en partenariat officiel avec la Bibliothèque d’Alexandrie, Beit el Sennari et avec le Lycée français du Caire.
Il s’agit de commémorer cette année exceptionnelle dans l’histoire de l’Egypte contemporaine en évoquant les faits politiques et militaires majeurs (nationalisation du canal et guerre de Suez), mais aussi l’actualité économique, sociale et culturelle.
L’exposition, en français et en arabe, exploite les ressources du CEDEJ, de la Bibliotheca Alexandrina, du CEAlex et de la bibliothèque de l’université américaine du Caire ainsi que les archives du journal libanais l’Orient le jour et d’autres  sources encore.
Le visiteur  sera plongé  60 ans en arrière, en 1956, à travers une vingtaine de panneaux, des photos, des affiches publicitaires, des vidéos et  des affiches de cinéma.
L’exposition est ouverte à tous et gratuite.
Plus de 40 peintures et photos qui incluent des textes, des cartes, des journaux, des timbres, de la publicité et des affiches de films; ainsi que quelques documents visuels et sonores sont exposés. Cet événement est basé sur les ressources de la BA et la base de données documentaires du CEDEJ, ainsi que les ressources de l’Université américaine du Caire, les archives des Pères dominicains au Caire et de l’UNESCO.
L’exposition se déroule au 4 juillet, après quoi elle se déplace à Alexandrie puis les écoles francophones et égyptiennes, et plus tard dans l’année au Centre culturel égyptien à Paris.
La crise du canal de Suez, parfois appelée expédition de Suez, guerre de Suez, campagne de Suez ou opération Kadesh, est une guerre qui éclata en 1956 en territoire égyptien. Le conflit opposa l’Égypte et une alliance secrète, le protocole de Sèvres, formée par l’État d’Israël, la France et le Royaume-Uni, à la suite de la nationalisation du canal de Suez par l’Égypte.
Finalement, les envahisseurs sont obligés de battre en retraite sous la pression des États-Unis et de l’Union des républiques socialistes soviétiques.
La crise est principalement retenue pour les leçons qu’elle apporte sur le nouvel équilibre des forces pendant le contexte de guerre froide. Les États-Unis et l’URSS sont les principales puissances en opposition. L’impératif d’une relative stabilité de l’ordre mondial entre ces deux géants ne peut être remis en cause, même par d’anciennes grandes puissances comme la France et le Royaume-Uni, pourtant alliées des États-Unis.
Durant l’année 1956, la tension s’accroît entre Israël et l’Égypte avec les raids menés par les combattants palestiniens (fedayin) sur le territoire israélien. L’Égypte, dirigée par Gamal Abdel Nasser, bloque le golfe d’Aqaba et ferme le canal de Suez aux navires israéliens. Lorsque Nasser décide de reconnaître la Chine communiste, les États-Unis se retirent, le 19 juillet du financement du Haut barrage d’Assouan. En réponse à ce retrait, l’Égypte, unilatéralement, décide de nationaliser le canal de Suez, voie commerciale vitale alors détenue à 44% par l’économie franco-britannique. La compagnie riposte par le retrait de ses techniciens britanniques et français. Ils sont remplacés par d’autres, fournis par les pays non-alignés, l’Inde en particulier.
Le Premier ministre britannique, Anthony Eden, convaincu par ses services du MI6 que Nasser veut se rapprocher de Moscou, tente alors de convaincre l’opinion publique de la nécessité d’une guerre contre l’Égypte. Vue de France, la ligne anticolonialiste, anti-impérialiste, tiers-mondiste, socialiste, nationaliste et panarabe de Nasser apparaît comme une menace. Le FLN algérien, en lutte armée contre la France, a son siège au Caire et reçoit de l’Égypte une aide matérielle (notamment des armes) et morale (les leaders du FLN peuvent par exemple s’exprimer à la radio égyptienne) importante. Guy Mollet, chef du gouvernement français, est acquis à la cause de l’Algérie française et du soutien à Israël. Les agents du SDECE tentent de manipuler les Frères musulmans pour éliminer Nasser ou le faire empoisonner par un officier égyptien et informateur du SDECE. Des projets d’assassinat sont également élaborés du côté britannique mais tous échouent, notamment à cause de l’aide du KGB aux services de renseignement égyptiens lorsque Nasser se rapproche des Russes.
Le 26 juillet 1956, Nasser opère la nationalisation du canal et la mise sous séquestre des biens de la compagnie universelle du canal de Suez, lors d’un discours radiodiffusé à Alexandrie :
« La pauvreté n’est pas une honte, mais c’est l’exploitation des peuples qui l’est. Nous reprendrons tous nos droits, car tous ces fonds sont les nôtres, et ce canal est la propriété de l’Égypte. J’assigne aujourd’hui l’accord du gouvernement sur l’établissement de la Compagnie du Canal. »
De plus, depuis plusieurs années il est question pour l’Égypte de se doter d’un barrage à Assouan, afin de protéger les terres agricoles des crues du Nil et de produire de l’électricité. Or des fonds ont d’abord été demandés à la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, puis à l’Union soviétique et aux États occidentaux, mais ces derniers ont suspendu leurs fonds pour plusieurs raisons, notamment la réception d’armes par l’Égypte en provenance du bloc de l’Est.