Dernières nouvelles

Ouverture du Festival international du film des femmes à Assouan

24 Février 2017 11:17 am

Les femmes et les questions féminines étaient au centre d’un nouveau festival du film à Assouan, lancé à partir du 20 février au 26 février, qui avait pour thème cette année la violence générique.
Le Festival international du film féminin a présenté 32 films d’Egypte, d’Italie, de Grèce, d’Espagne, de Croatie, du Maroc, de Tunisie, de France, d’Algérie, d’Irak, d’Allemagne, de Russie, de Chine, de Roumanie et d’Azerbaïdjan.
L’événement – organisé par des artistes indépendants, grâce à l’appui des ministères de la Culture, du Tourisme, des Antiquités et des Affaires étrangères égyptiens, ainsi que le gouvernorat d’Assouan – visait à répondre à la question des femmes à travers des réunions, des conférences et des ateliers . Il y a eu deux sections de la compétition, une pour les longs métrages de réalisatrices ou des femmes sortis l’an dernier et l’autre pour des courts métrages explorant des questions liées au monde arabe et qui n’ont pas encore été diffusés. Plusieurs actrices et réalisatrices égyptiennes et étrangères ont rejoint l’initiative qui, selon le souhait des organisateurs, devrait devenir un événement annuel.
Le comité d’organisation du festival était dirigé par Elham Chahine et comprenait le scénariste Mohamed Abdel Khalek, le journaliste Hassan Aboul-Ela, le réalisateur Mohamed Hassouna, la journaliste Amira Atef et la présentatrice Marwa Saïd.
Le festival s’est ouvert avec la projection du premier film réalisé par une réalisatrice égyptienne, datant de 1938.
Il s’agit de Bahiga Hafez née le 4 août 1908. Elle a grandi à Alexandrie dans une famille aristocratique, ayant des liens avec la monarchie. Elle a étudié la musique au Caire. Elle s’est mariée, encore adolescente, à un prince iranien. Ce mariage prématuré, a duré peu de temps. Elle a gagné ensuite Paris où elle a prolongé ses études musicales en composition musicale et en piano, au conservatoire. Elle parlait l’arabe, le français, l’anglais et d’autres langues.
Après son retour en Égypte, elle a vécu au Caire, où elle a enseigné la musique, et animé des salons littéraires.
Elle est devenue ensuite l’une des femmes pionnières du cinéma égyptien, irritant sa famille par ce choix, le cinéma étant encore considéré comme une activité peu honorable, surtout pour quelqu’un de son statut social. Elle a commencé cette carrière cinématographique dans le cinéma en tant qu’actrice, en vedette dans le film muet Zeinab (1930), dirigé par Mohamed Karim pour qui elle a composé également la partition. Ces débuts étaient le résultat d’une rencontre. Mohamed Karim cherchait un visage féminin particulier pour le rôle-titre, et, lors d’une fête, lui a offert le rôle. Le film a été un succès. Ce projet a fait naître son intérêt pour le cinéma.
Elle a fondé la société de production Fanar Films en 1932. Avec Fanar Films, elle a coréalisé en 1932 le film al-Dahaya, ["Victimes"], dans lequel elle a joué aussi le principal rôle féminin. Elle était également la créatrice des costumes, et la compositrice du film. C’était initialement un film muet, mais elle a refait le film 3 ans plus tard en cinéma parlant.
Le premier film qu’elle a réalisé était Laila bint al-sahara [Laila, la fille du désert],1937. Elle y est intervenue comme réalisatrice, productrice (avec Fanar Films), coscénariste, compositrice et actrice principale. Le film a été présenté en avant-première au Festival du Film de Venise en 1938, mais sa diffusion en Égypte l’année suivante a été interdite en raison du ton critique vis-à-vis de la monarchie perse, sa sortie coïncidant avec le mariage du Shah de Perse et de la Princesse Fawzia d’Egypte, marquant un rapprochement politique entre les deux pays. L’impact financier était dur pour la productrice. Le film est ressorti en 1944 avec un nouveau titre, Layla al-Badawiyya [Layla la bédouine], et quelques coupures.
Dans son discours lors de l’ouverture du Festival International des Femmes à Assouan, le prince Henrik, époux de la reine Margaret II du Danemark, a été ravi d’assister au festival et de sa présence à Assouan qu’il a visitée plus d’une fois parce qu’il aime l’Egypte et les Egyptiens.
Henrik a fait remarquer qu’il y a un Festival des Femmes, qui sont le grand défenseur de l’amour et de la passion dans la vie, alors que le cinéma rassemble les peuples et œuvre à faire un avenir meilleur.