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L’artiste qui ne croyait pas à l’inspiration

3 Mars 2017 12:46 pm

Deux expositions, à Paris, sont actuellement consacrées au peintre Bernard Buffet« Rétrospective », au Musée d’Art moderne, sur la colline de Chaillot, jusqu’au 5 mars 2017, présente un éventail de l’œuvre foisonnante du peintre au style éminemment reconnaissable, l’autre, « Bernard Buffet intime », au musée de Montmartre jusqu’au 12 mars 2017, nous plonge dans l’univers émotionnel de l’artiste.
Toutes deux font découvrir plusieurs facettes de ce peintre qui vécut le bouillonnement intellectuel et artistique du Paris des années 1950…
Doté d’un don qu’il décide de cultiver dès le collège, Bernard Buffet accède à la célébrité et à la richesse très jeune, dans les années d’après-guerre. 
Adulé à la trentaine, il restera fidèle à un style qui lui vaudra, quelques années plus tard et jusqu’à sa mort, une mise à l’écart, voire un ostracisme flagrant de la part des milieux artistiques et intellectuels français. C’est à l’étranger, au Japon, où un musée lui est consacré, et en Russie, que son talent continuera d’être admiré. Deux expositions parisiennes, à Paris, en 2017, amorcent sa redécouverte..
Bernard Buffet prend très tôt son destin en main montrant une détermination et une volonté farouches. Au collège, seules deux matières intéressent notre futur artiste : les sciences naturelles, pour lesquelles il obtient le premier prix, et le dessin. En classe de quatrième, il prend une décision radicale : arrêter ses études pour suivre les cours de dessin de la ville de Paris.
En 1944, il est reçu au concours de l’École des beaux-arts. Du fait de son jeune âge – il a à peine 16 ans – il doit obtenir une dérogation pour intégrer la prestigieuse institution. Un an plus tard, il obtient le prix des travaux d’atelier mais là encore, il bifurque inopinément et délaisse l’école pour la visite des musées. Au Louvre, il est fasciné par le tableau du baron Gros montrant Bonaparte visitant les Pestiférés de Jaffa.
Ses premières peintures, des rues de Paris réalisées sur divers tissus, s’inspirent des paysages de Maurice Utrillo et Alphonse Quizet. Son style se dévoile et s’affirme avec son premier tableau La Déposition de croix qu’il peint dans l’atelier qu’il partage avec son ami Robert Mantienne, à Massy-Palaiseau. La même année, sa mère meurt. Ce décès, alors qu’il n’a que dix-sept ans, le marquera durablement.
Travaillant sans relâche, il se forge une devise à laquelle il restera fidèle toute sa vie : « Tout peindre, tout le temps pour se mettre à distance et en décalage »…