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Les prêtres d’Amon fêtent leurs 125 ans

9 Juillet 2016 1:02 pm

 
Le ministère des Antiquités a organisé une conférence pour célébrer le 125ème  anniversaire de la découverte de la tombe des prêtres et des divines adoratrices d’Amon à Louxor. Une tombe unique qui n’a pas jusqu’à nos jours révélé tous ses secrets.
 
L’année 2016 marque le 125ème anniversaire de l’importante découverte de la fin du XIXe siècle du grand cimetière des prêtres d’Amon. Pour fêter cette occasion, le ministère des Antiquités a organisé au Caire une conférence intitulée « La Découverte oubliée de la tombe des prêtres et divines adoratrices d’Amon». Objectif : mettre la lumière sur cette importante et grande découverte. Des archéologues et des scientifiques d’Egypte et de plusieurs pays (Pologne, Etats-Unis, France) y étaient conviés. « Je peux dire que cette tombe représente la découverte du siècle. Je n’exagère pas en disant que ce cimetière est plus important que celui de Toutankhamon », souligne Alain Dautant, de l’Université de Bordeaux. Bien que la tombe regroupe 254 sarcophages joliment décorés, 153 momies et presque 3 000 pièces d’antiquité, elle est peu connue du grand public.
L’histoire de sa découverte remonte à 1891, quand des archéologues français ont commencé leur travail sur le chantier de Bab Al-Gasus, presque en face du temple d’Hatchepsout à Al-Deir Al-Bahari, à Louxor. En fouillant le site, une porte située à huit mètres de profondeur et un long corridor allant vers le bas qui mène à une seconde porte de 11 m de profondeur ont été découverts. C’est une tombe collective intacte des prêtres, ainsi que de leurs familles et des divines adoratrices d’Amon, remontant à la XXIe dynastie av. J.-C. Leurs corps ont été mis à l’abri des pillages et des troubles de l’époque. « Merci de nous laisser jouir de la seconde vie. Cette phrase apparaît sur plusieurs sarcophages », explique Al-Tayeb Abbas, professeur à l’Université de Minya en Haute-Egypte, qui étudie les inscriptions externes des sarcophages.
Le domaine d’Amon de Karnak se situe à proximité de Louxor, nom actuel de l’ancienne Thèbes. Dès le début du Nouvel Empire, cette cité fut la plus importante d’Égypte et cela s’accentua tout au long de la période : Thèbes devint alors la métropole religieuse et politique du pays. Cet état des choses s’explique en grande partie par le rôle que jouèrent les prêtres du dieu Amon. Ces prêtres, réunis en clergé et dirigés par le premier prophète, devinrent peu à peu le fondement de la légitimité du pouvoir royal. Le dieu Amon, auparavant quasi inconnu, occupa ainsi le rang de dieu national et devint la divinité garante de la sécurité du pays. Il était donc primordial de lui rendre hommage et pharaon accordait ainsi à son clergé immunité fiscale et privilèges. Toutes les richesses du pays parvenaient à Karnak, lieu de résidence d’Amon et de son clergé, et celui-ci devint un état dans l’état. Mais les pharaons égyptiens prirent trop tard conscience de ce déséquilibre et de cette menace grandissante. La puissance d’Amon et de ses prêtres atteignit son apogée avec les derniers ramessides, lorsque ces derniers cédèrent le pouvoir à des rois prêtres.
Les édifices sacrés de Karnak occupent trois domaines dédiés à AmonMout et Montou. Ces domaines sont reliés entre eux par une allée processionnelle ou dromos bordée de sphinx à tête humaine ou à tête de bélier (criosphinx).
Le domaine d’Amon réunit un temple principal, un lac sacré et des édifices complémentaires : autres temples, chapelles, reposoirs de barques sacrées, magasins des offrandes, ateliers, habitations des prêtres… Dans le domaine d’Amon se sont accumulés, pendant plus de deux millénaires, tous ces types d’édifices. Car contrairement aux temples ptolémaïques construits selon un programme architectural établi à l’avance, aucun plan d’ensemble ni aucune ordonnance n’ont été définis pour la distribution des bâtiments au sein du domaine d’Amon. Les premiers édifices construits à Karnak n’ont pas été retrouvés, mais il devait exister un noyau cultuel ancien remontant aux premières dynasties. Aujourd’hui, le grand temple d’Amon échelonne ses dix pylônes sur deux axes et de nombreuses autres constructions sont encore visibles. Tel est le cas de la gigantesque salle hypostyle composées de colonnes pouvant atteindre 22 mètres de hauteur, du reposoir des barques de Séthi II, du lac sacré, de l’akh-menou de Thoutmosis III célébrant la fête du Heb-Sed, ou encore de la chapelle blanche de Sésostris Ier et de la chapelle rouge d’Hatchepsout. Première femme à prendre les titres et les attributs propres au pharaon, elle mena un règne prospère. Ce dernier fut marqué par d’importantes expéditions à l’étranger, et par la construction de son temple de millions d’années à Deir el-Bahari, sur la rive ouest de Thèbes. À sa mort, Hatchepsout fut enterrée dans la Vallée des Rois (Thèbes) et sa momie, aujourd’hui conservée au musée égyptien du Caire, aurait récemment été identifiée…