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Les divines adoratrices d’Amon

9 Juillet 2016 1:03 pm

Le titre évolua au fil du temps il fut d’abord, “Divine Adoratrice” ou “Épouse du dieu Amon”, ces deux titres ne furent associés qu’à partir de la Troisième Période Intermédiaire, ou “Main du Dieu” . Il fut successivement porté par des catégories totalement différentes de femme d’Égypte. 
  
   Le titre d’Épouse du Dieu apparaît lors de la 
Xe (2090-2022) et XIIe dynasties (1991-1783), à cette époque il n’est détenu que par des femmes non-royales, choisies parmi celles qui servent comme Prêtresses les Dieux Min, Ptah et Amon. Le culte prit de plus en plus d’importance et renforcer les liens avec les dirigeants devint nécessaire. Le titre, Épouse du Dieu Amon, était sensé rappelé le mythe de la naissance divine du Roi, selon lequel sa mère fut fécondée par le Dieu Amon. Bien que la fonction fût théoriquement sacrée, elle fut essentiellement exercée en tant qu’outil politique par le Roi, servant conforter l’autorité royale sur la régionThébaine où le puissant clergé d’Amon était installé. 
  
   Avant la 
XXIe dynastie nous n’avons pas d’informations très précises sur la fonction réelle de ces Prêtresses. Ce titre fut utilisé de préférence par la Grande Epouse Royale, qui officiait dans le temple. On sait que sous le règne du Roi Ahmès I (ou Ahmôsis, 1549-1525/24), la charge fut attribuée à la Reine Ahmès-Néfertari I. Cet événement est enregistré sur une stèle dans le temple d’Amon à Karnak. Son rôle se résignait à un poste d’une importance sacerdotale dans le temple Thébain. La charge fut ensuite remise à leur fille Ahmès-Méritamon. Plus tard elle fut assumée par la Reine Hatchepsout (1479-1457), puis par sa fille Néferourê. Ensuite elle continuera d’être pourvue par les Grande Epouse Royale, ou les filles du Roi ou du Pharaon. Après Thoutmôsis IV (1401-1390) le nombre de ces Prêtresses va diminuer et même ne plus exister durant son règne. 
  
   Sous la 
XXe dynastie le titre Épouse de Dieu fut rétabli lorsque Ramsès VI (1143-1136) nomma sa fille Iset à ce poste, ainsi qu’à celui de simple Divine Adoratrice. Elle ne se maria jamais et semble avoir été la première titulaire célibataire du poste de Divine Adoratrice. Christiane Ziegler dit qu’elle fut la première Divine Adoratrice à faire figurer sa fonction dans son cartouche. En règle générale, la tradition fut suivie et le poste fut comblé par la fille du Pharaon en poste. À la XXIe dynastie (1070/69-945), la charge fut modifiée, en particulier, s’inspirant sûrement d’Iset, les Épouses d’Amon devaient être et rester vierges et se vouer exclusivement au Dieu. Avec ce début de Troisième Période Intermédiaire, cette nouvelle fonction atteignit les plus hauts sommets de son pouvoir politique. Le statut élevé de ce poste est illustré dans la tombe d’Aménardis I à Médinet-Habou.
 
   Du début de la Troisième Période Intermédiaire jusqu’à la XXVe (747-656) et XXVIe dynastie (664-525), ce furent des Princesses royales qui assumèrent la fonction. Celles-ci, au service d’Amon, furent dotées d’un cartouche définissant leur nom qui était formé sur le nom de Mout, compagne d’Amon. Le poste était à son comble à la fois politiquement et économiquement. Comme le rôle des Grands Prêtres d’Amon changea pour devenir principalement spirituel et non plus “terrestre”, la Divine Adoratrice devint le centre principal du culte du Dieu à Thèbes. La premières des Princesses identifiées avec les pleins pouvoirs au poste de Divine Adoratrice d’Amon est Maâtkarê, sous la XXIe dynastie. Elle tient son nom du nom de couronnement de la Reine Hatchepsout. Elle fut fille du Pharaon Pinedjem I (1070-1054).  
 
   Devant rester célibataires, les Divines Adoratrices se succéderont de “mère en fille” par voie d’adoption (Souvent de tante à nièce). En raison de la puissance et du prestige de la fonction, le rituel de la cérémonie de l’adoption par le titulaire du poste fut utilisé par les souverains du Delta comme un moyen de projeter leur puissance sur tout le Sud du pays. Les Adoratrices vont ainsi former d’authentiques dynasties sacerdotales. L’Épouse du dieu Amon était la plus haute Prêtresse de rang dans le culte de la divinité. Elle était associée au temple d’Amon de Karnak.