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La Villa des Oiseaux, une des merveilles d'Alexandrie

2 Février 2017 5:15 pm

 
Les Alexandrins excellaient dans l’art de la mosaïque. Il était connu que l’application de petits débris en pierre pour le recouvrement des murs n’était pas une tâche facile durant les premiers siècles. Les Alexandrins étant experts dans la production de verre, ils commencèrent à utiliser des carreaux de verre comme mosaïque murale.
A cet égard, la Villa des Oiseaux, située juste au nord de l’amphithéâtre romain, fait partie des plus récentes découvertes d’Alexandrie. Elle a obtenu son nom de ses planchers de mosaïques éblouissants, représentant 9 espèces différentes d’oiseaux.
La villa romaine a été découverte par les membres de la mission égypto-polonaise pendant leurs quarante années de travail à Kom El Dikka, Alexandrie. On peut y admirer de splendides panneaux de mosaïques, réalisés sous le règne de l’empereur Hadrien (117-138).
Les travaux de fouilles et d’inventaire archéologique du site dans sa totalité débutèrent dans les années 1960. Ils furent entrepris par le Centre polonais d’Archéologie méditerranéenne de I’Université de Varsovie. Du 1er mai au 15 juillet 1998, les travaux furent centrés sur la Villa des Oiseaux : nettoyage des mosaïques et préparation de leur conservation. Ils furent poursuivis en janvier-février 1999. 
Le succès du projet résulte du partenariat entre le Conseil suprême des Antiquités, le Centre américain de recherche en Égypte et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Ce projet est l’une des nombreuses activités de restauration en Egypte dans le cadre du projet des antiquités égyptiennes, qui a débuté en 1993.
La Villa des Oiseaux a vraisemblablement été construite au milieu du Ier siècle de notre ère. Elle comporte quatre pièces principales, en plus d’une cour, la plus grande mesurant 7.50 m sur 6.20 m. Y ont été découverts 110 m² de mosaïques, répartis dans les différentes pièces. Entre autres éléments décoratifs : une rosace à 6 feuilles bi-chrome (noir et blanc), inscrite dans un cercle de 1,22 m de diamètre. 
Un autre opus sectile, également daté du IIe siècle, représente les oiseaux qui contribuent à la célébrité du lieu. Cette mosaïque, de 2.26 m par 2.26 m, comprenait 9 panneaux carrés d’approximativement 45 cm². Seuls subsistent 7 panneaux, où l’on peut admirer divers volatiles : caille (ou perdrix), perroquet, talève violacée, canard, paon, pigeons. Particulièrement remarquables deux oiseaux perchés sur les bords d’une coupe pour s’abreuver. Les spécialistes nous informent qu’une telle décoration laisse à penser que la pièce a servi de cubiculum (chambre à coucher).
Les tesselles utilisées pour la réalisation des motifs décoratifs sont en marbre, pâte de verre ou faïence. Elles témoignent d’une grande adresse à la fois dans le dessin et l’utilisation d’un cercle chromatique où figurent le blanc, le gris, le jaune, le noir, le bleu, le rouge, le vert. On en dénombre environ 150 par décimètre carré.
Ayant été lourdement endommagée par un incendie, voire détruite à la fin du IIIe siècle, suite aux troubles de l’ère d’Aurélien ou lors d’un long siège de la ville par Dioclétien, la villa a été ensevelie sous des constructions byzantines à la fin du Ve siècle.
Les restaurateurs ont nettoyé les mosaïques noircies par le feu, réparé les débris causés par l’effondrement des murs et restauré les parties manquantes. Une passerelle surélevée offre une plate-forme de visualisation pour les visiteurs.
Pendant la construction de l’abri en verre, les archéologues ont découvert une autre mosaïque. Elle représente une panthère utilisant de très petits cubes de marbre, de pierre et de pâte de verre. Les cornes d’une proie vaincue sont encore visibles près des pattes antérieures de la panthère. La proie a été délibérément effacée de la scène lors de réparations anciennes.
La villa des oiseaux offre l’occasion de voir des mosaïques romaines dans une maison entourée de monuments contemporains.