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L'Egypte célèbre sa révolution du 30 Juin

1 Juillet 2016 12:42 pm

 

 

L’Egypte a jubilé dans les places principales de ses villes pour tenir les célébrations officielles de la révolution du 30 Juin jeudi soir, avec divers spectacles et performances

Les autorités ont été en coordination avec les Directions de la sécurité pour sécuriser les événements.

 Diverses célébrations mineures ont été tenues dans d’autres zones, tels que les jardins publics et certaines rues.

 Les gouverneurs de provinces ont demandé aux maires des districts et aux chefs des quartiers de nettoyer les rues et placer des fleurs et des drapeaux dans les lieux où les célébrations devaient se tenir.

Ci-dessous un rappel de ces glorieux événements historiques.

Le 30 juin 2013 était une journée de tous les dangers en Egypte. La majorité des partis et des mouvements non islamistes avaient prévu de participer à une manifestation pour réclamer la destitution du président Morsi, qu’ils accusaient d’avoir trahi les idéaux de la révolution et de «ne pas avoir mis en œuvre des politiques pour améliorer la vie des gens ordinaires», un an tout juste après le début de son mandat.

Les partisans du régime ont décidé de s’opposer à cette contestation dans un face-à-face et il était à craindre que les deux camps dépassent le terrain de la simple joute verbale et en viennent à un affrontement qui se transformerait en un combat entre laïcs et islamistes.

Ces derniers jours avaient d’ailleurs ressemblé à la préfiguration de ce qui pourrait être craint. Des troubles avaient déjà été signalés dans la ville de Mahalla, forçant l’armée à séparer des manifestants et des éléments du parti salafiste El-Nour, dont le siège a été envahi et incendié par des inconnus. Dans le gouvernorat de Kafr El-Cheikh, au nord de l’Égypte, les habitants ont incendié des locaux des Frères musulmans et retenu sept d’entre eux dans l’une des mosquées de la ville à la suite de l’agression dont a été victime un membre de l’opposition. Vendredi, ce sont trois personnes qui ont été tuées dans des manifestations à Alexandrie, la seconde ville du pays.

Mainmise insidieuse des Frères

Les contestataires, issus de toutes les couches de la population, s’élevaient contre un pouvoir qui veut imposer par la force son idéologie islamique mais aussi contre la crise économique que traversait le pays. Les réserves de devises s’écroulaient, le prix des denrées alimentaires avait augmenté de 10% en un an, le pays subissait des coupures d’électricité régulières et un prêt de 4,8 milliards de dollars du FMI n’était toujours pas parvenu à l’Égypte. A ce jour, il n’y a pas eu la moindre réalisation des revendications de la révolution. Aucun de ces dossiers n’a été réellement traité par la présidence.

Les révolutionnaires de 2011 ont perdu le peu de liberté d’expression qu’ils avaient acquise. De très nombreuses procédures judiciaires ont été engagées contre des journalistes et contre les médias.

En fait, les Frères musulmans ont fait illusion en parvenant au pouvoir. Ils avaient une expérience d’aide sociale aux populations défavorisées mais en aucun cas une expérience de gestion politique et économique d’un État. Les Frères ne comprennent pas ce que pluralisme politique signifie, que ce soit sur le plan intérieur ou extérieur du pays. Les Frères croient qu’ils vont résoudre les problèmes qui émergent de leur mauvaise gestion des affaires non pas en modifiant leur politique, mais en faisant taire l’opposition.

Jusque-là insidieuse, la mainmise générale des Frères musulmans sur tous les aspects de la vie s’affirmait ouvertement à présent au sein du gouvernement. Le ministre égyptien de la Culture, Alaa Abdel-Aziz, s’est donné pour tâche de «purifier» les courants culturels et intellectuels du pays pour «éliminer les mécréants et pour redonner à son peuple son identité perdue».

L’introduction de la nouvelle pensée islamiste passe par l’exclusion puisque le ministre a écarté ceux qui ne sont pas dans le droit fil culturel des Frères musulmans. Les mesures décidées par le ministre touchaient tous les secteurs: ont été limogés Inas Abdel-Dayem, directrice de l’Opéra, Ahmed Megahed, directeur de l’Organisme du livre, et Salah Al-Meligui, directeur du secteur des arts plastiques.

Des armes partout

Les soutiens du régime assimilaient ces manifestations à «un vestige de l’ancien régime» et ont annoncé qu’ils iraient jusqu’au bout pour défendre le président, sous-entendu, par la force s’il le fallait. Les menaces étaient claires.

L’armée avait choisi, dans un premier temps de se cantonner dans une stricte neutralité. Mais le général Abdel Fattah al-Sissi, alors ministre de la Défense, a donné des ordres pour assurer la sécurité:

«Les forces armées ont le devoir d’intervenir pour empêcher l’Égypte de plonger dans un tunnel sombre de conflit et de troubles.»

Le ministre a appelé les Égyptiens à oublier leurs querelles et à se rassembler dans l’intérêt de la nation:

«Il est du devoir national et moral de l’armée d’intervenir pour empêcher les violences confessionnelles ou l’effondrement des institutions de l’État.»

Il a par ailleurs mis en garde tous ceux, quel que soit leur bord, s’aventureraient à critiquer l’armée:

«Ceux qui croient que nous ignorons les dangers qui attendent la nation égyptienne se trompent. Nous ne resterons pas silencieux face à la plongée du pays dans la violence.»