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Kerry et Ban Ki-moon tentent au Caire d'arracher un cessez-le-feu à Gaza

Karim Felli – Michael Victor

24 Juillet 2014 10:29 pm

Le président Abdel Fattah al-Sissi a défendu mercredi la proposition égyptienne de cessez-le-feu pour Gaza, rejetée en l’état par le mouvement islamiste palestinien Hamas. Cette initiative, soutenue par la Ligue arabe et acceptée par Israël, prévoit un cessez-le-feu puis des négociations indirectes, mais le Hamas a repoussé le plan égyptien. Al-Sissi a dénoncé dans une allocution retransmise à la télévision à l’occasion de l’anniversaire de la révolution du 23 juillet 1952, les surenchères de certains sur le rôle de l’Egypte avec les frères palestiniens et sur le plan arabe dans son ensemble : “Personne ne peut surenchérir sur la position de l’Egypte”, a-t-il indiqué en ajoutant : “notre position est claire quant à l’importance de créer un Etat palestinien dont la capitale est Jérusalem-est”.
Il a en outre rappelé que l’Egypte a fourni 100.000 martyrs pour la cause palestinienne, et a vu son économie s’effondrer en plus de plus de soixante ans.

Malgré les provocations et le dialogue de sourds, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon et le secrétaire d’Etat américain, John Kerry ont effectué une visite en Egypte pour décrocher un cessez-le-feu. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a rencontré mardi au Caire les dirigeants égyptiens, y compris le président Al-Sissi et son homologue Sameh Choukri pour pousser à la conclusion d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas et pour tenter de mettre fin à deux semaines de conflit meurtrier dans la bande de Gaza. Dès son arrivée lundi soir, le secrétaire d’Etat américain a rencontré, au Caire, Ban Ki-moon, le secrétaire général de l’ONU également venu plaider pour une trêve entre Israël et le Hamas.

Plan égyptien soutenu par Washington
L’Egypte est traditionnellement un médiateur dans les conflits entre le Hamas et Israël mais des responsables américains estiment que pour Al-Sissi, le 5e président en moins d’une décennie, la tâche sera plus compliquée. “Nous espérons que cette visite aboutira à un cessez-le-feu pour que nous puissions commencer à traiter les questions de moyen et de long termes concernant Gaza”, a toutefois déclaré le ministre des Affaires étrangères Sameh Choukri. Washington a apporté son soutien au plan égyptien et fait porter au Hamas la responsabilité du déclenchement du conflit.

Ne pas amender l’initiative égyptienne
John Kerry a déjà promis 47 millions de dollars d’aide humanitaire aux civils de la bande de Gaza, où plus de 580 victimes et quelque 100.000 déplacés sont recensés après 14 jours de bombardements israéliens. Le secrétaire d’Etat américain devrait rester au Caire, la capitale égyptienne, jusqu’à mercredi pour essayer d’obtenir un cessez-le-feu.
A noter que le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri , a affirmé que l’Egypte ne comptait pas amender l’initiative égyptienne sur un cessez-le-feu dans la bande de Gaza. “L’Egypte a la conviction que l’initiative est complète et atteint son objectif celui de protéger le peuple palestinien de l’effusion du sang et de la force excessive israélienne”, a-t-il dit lors de la conférence de presse conjointe tenue ce soir avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. Le chef de la diplomatie a une fois de plus expliqué que l’initiative égyptienne vise à instaurer un cessez-le-feu immédiat, à rouvrir les points de passage vers la bande de Gaza en permettant une reprise des négociations sur les litiges palestiniens et israéliens.

Roquettes du Hamas sur le sol israélien
On signale qu’un ballet diplomatique a eu lieu au Caire pour tenter de trouver une trêve. Le Conseil de sécurité de l’Onu appelle à une trêve immédiate.
Kerry a, à plusieurs reprises, fait porter la responsabilité du déclenchement du conflit au Hamas et à ses tirs de roquettes sur le sol israélien -plus de 1.500 engins en deux semaines- mais, avec le président Barack Obama, il a récemment multiplié les alarmes sur le bilan des victimes civiles qui ne cesse d’enfler.
Les responsables ont estimé que pour ce conflit, le cinquième entre le Hamas et Israël en moins d’une décennie, la tâche serait plus compliquée en raison de changements régionaux. Lors du dernier affrontement, en 2012, l’Egypte était dirigé par l’islamiste Mohamed Morsi, grand allié du Hamas, qui avait pesé de tout son poids pour faire accepter la trêve au mouvement palestinien.

Qatar et l’initiative
Washington mène également des contacts avec le Qatar, rival régional de l’Egypte qui reproche au petit émirat gazier son soutien aux islamistes et aux Frères Musulmans (FM), notamment au Hamas. En l’absence d’interlocuteurs, les espoirs du Hamas se tournent vers une possible médiation du Qatar et indirectement la Turquie, soutenues par Washington, où se sont réunis divers acteurs du conflit pour évoquer un cessez-le-feu. Selon Al-Jazira, le petit Etat du Golfe “peut servir de canal de communication entre le Hamas et la communauté internationale”. La chaîne qatarie n’est pas la seule à voir dans la médiation de Doha une possible solution à l’arrêt des hostilités. “Les sources diplomatiques occidentales voient dans le Qatar – alliée à la Turquie et Washington- un acteur stratégique pour atteindre un cessez-le-feu effectif étant donné que le riche Etat du Golfe a accueilli un grand nombre d’islamistes exilés, notamment le leader du Hamas Khaled Mechaal”, raconte le quotidien israélien Yediot Aharonot. Ce dernier y a rencontré Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité palestinienne. En dépit de leurs désaccords, ils ont appelé conjointement à la “fin de l’agression contre la bande de Gaza et la levée du blocus en place depuis 2006”.

Occident et Orient au Caire
Plusieurs ministres européens ainsi que des responsables du Hamas et le président palestinien Mahmoud Abbas sont ainsi venus au Caire ces derniers jours pour tenter de mettre fin au bain de sang. Après un appel téléphonique avec Ban, le président français François Hollande a dit lundi que “tout doit être fait pour mettre un terme immédiat à la souffrance des populations civiles à Gaza”. Plus tôt dans la semaine, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius était également venu plaider au Caire pour un cessez-le-feu “urgent et impérieux”. Laurent Fabius a rappelé la volonté de la France d’imposer un “cessez-le-feu immédiat”. “Six cents morts c’est quelque chose que l’on ne peut pas accepter”, a-t-il déclaré. “La France veut agir avec beaucoup de force pour exiger un cessez-le feu immédiat, et cette position sera tenue”, avait rappelé plus tôt le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à son arrivée à une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Bruxelles.