La guérison du paralytique, Mosaïques de Ravenne, Italie

03-04-2023 07:56 PM


Ce cinquième dimanche du carême, nous lisons dans les Évangiles Marc 2:1-12 , Matthieu 9:1-8, Luc 5,17-26 le miracle de La guérison du paralysé de Capharnaüm. Occasion de contempler les deux panneaux de mosaïque de cette guérison en la basilique Saint-Apollinaire -le-Neuf , Ravenne, en Italie.

Ravenne, port italien de la côte adriatique, présente la particularité d’avoir conservé un ensemble de bâtiments religieux du Haut Moyen-âge d’une qualité telle qu’il est inscrit à l’inventaire du Patrimoine mondial de l’Unesco. Ravenne est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. C’est dans l’un d’eux, la basilique Saint-Apollinaire -le-Neuf , construite par le roi goth Théodoric le Grand entre 493 et 526, que se trouvent les deux panneaux de mosaïque guidant pour entrer dans un début de compréhension de ce qu’est le mystère du Salut apporté par Jésus-Christ.

Dans le premier, Jésus porte un vêtement bleu foncé et a la tête auréolée d’un nimbe cruciforme, signe que son autorité et sa divinité passent par la croix. De sa main droite, il fait le geste de bénédiction en direction d’un homme couché sur un brancard que deux autres hommes, montés sur le toit de la maison, descendent vers lui à l’aide de cordes. L’homme couché a les deux bras tendus vers Jésus, comme dans un geste d’appel, de supplication. A la gauche de cette scène, un personnage vêtu d’un vêtement clair nous invite à regarder Jésus.

La seconde scène nous montre Jésus dans le même vêtement et la même posture que dans la première mosaïque. Il regarde le paralytique partir, guéri, en emportant son brancard sur son dos. Le personnage en vêtement clair a, ici, les mains croisées sur la poitrine, dans un geste de remerciement, voire d’admiration.

Cette scène rapportée dans les évangiles montre Jésus enseignant à Capharnaüm, en Galilée, dans une maison pleine de personnes venues l’écouter. Un paralysé lui est amené par le toit en raison de la foule qui fait obstacle. Jésus alors, voyant la foi des porteurs et du paralysé dit à ce dernier : « Mon fils, tes péchés sont pardonnés ». Aussitôt, les scribes crient au blasphème, car Dieu seul peut pardonner les péchés. Ce faisant, Jésus pour leur montrer qu’il est le Fils de Dieu demande au paralysé de se lever et de marcher. L’homme se lève alors, prend son brancard et rentre chez lui devant la foule étonnée.
Jésus, connaissant leurs pensées, prit la parole et leur dit: Quelles pensées avez-vous dans vos cœurs? Lequel est le plus aisé, de dire: Tes péchés te sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l’instant, il se leva en leur présence, prit le lit sur lequel il était couché, et s’en alla dans sa maison, glorifiant Dieu. Tous étaient dans l’étonnement, et glorifiaient Dieu; remplis de crainte, ils disaient: Nous avons vu aujourd’hui des choses étranges.

Jésus montre sa divinité par ce miracle. Mais, parce que c’est de la part du vrai Dieu que le Fils unique était venu pour le salut des hommes, il invitait les incrédules, par les miracles qu’il faisait, à rendre gloire à son Père, et, aux Pharisiens qui n’accueillaient pas la venue du Fils de Dieu et qui, pour cette raison, ne croyaient pas à la rémission des péchés accomplie par lui, il disait : « Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a, sur la terre, le pouvoir de remettre les péchés…». Par l’accomplissement de ce miracle, il confondait les incrédules et faisait comprendre qu’il était lui-même la Voix de Dieu par laquelle, sur la terre, l’homme avait reçu les commandements : c’est pour les avoir transgressés qu’il était devenu pécheur, et la paralysie avait été la conséquence des péchés. Ainsi, en remettant les péchés, le Seigneur n’a pas seulement guéri l’homme, il a aussi révélé clairement qui il était. En effet, si personne ne peut remettre les péchés, sinon Dieu seul, et si le Seigneur les remettait et guérissait l’homme, il est clair qu’il était le Verbe de Dieu devenu Fils de l’homme, ayant reçu du Père le pouvoir de remettre les péchés parce qu’il était homme et parce qu’il était Dieu, afin que, comme homme, il souffrît avec nous, et que, comme Dieu, il eût pitié de nous et nous remît les dettes dont nous étions débiteurs à l’égard de Dieu notre Créateur.

Mais qu’est-ce que tout cela nous dit du salut, de la façon dont Dieu sauve ? Tout au long de sa vie publique, Jésus a multiplié les signes montrant que le salut est donné par sa venue. Il est d’abord intéressant de noter que la scène se passe en Galilée, autrement appelée « carrefour des païens ». Jésus montre par-là que le salut est annoncé non seulement au Peuple juif, mais aussi aux païens.

La guérison de ce paralytique est, quant à elle, un signe très explicite puisque la guérison est à la fois physique et spirituelle. Mais cette guérison doit être demandée, comme le montrent les bras tendus du paralytique sur son brancard. Et elle doit être régulièrement renouvelée; c’est ce que signifie le fait que le paralytique reparte avec son brancard.

Le salut donné par Dieu, passe aussi par des médiations humaines et se reçoit dans la communauté qu’est l’Église. Si le paralytique n’avait pas été amené à Jésus par des porteurs, il n’aurait pas eu la possibilité d’être guéri et pardonné. Enfin, nous ne pouvons que rendre grâce du don qui est ainsi fait et nous mettre dans la posture de reconnaitre qu’il vient du Sauveur et l’en remercier comme le fait le personnage en vêtement clair, archétype du disciple qu’essaie d’être tout chrétien.

Jésus regarde le paralytique et va à l’essentiel: “Tes péchés sont pardonnés”. La santé physique est un don que nous devons chérir, mais le Seigneur nous enseigne que nous devons aussi chérir la santé du cœur, la santé spirituelle.

Là encore, au-delà de la guérison elle-même il faut se dire que ce paralytique, ce peut être nous, non pas parce qu’on aurait un handicap physique, mais parce qu’il arrive qu’on ait quelque chose qui nous empêche d’avancer dans notre vie. C’est une question morale : certaines personnes handicapées, en chaise roulante avancent dans leur vie, et d’autres en bonne santé physique sont bloqués. Les causes peuvent être multiples.

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