Icône de la Théotokos de la CATHÉDRALE du prophète ÉLIE à Beyrouth

12-08-2022 09:53 AM


Aujourd’hui nous découvrons une représentation de la Vierge Théotokos (qui signifie en grec “qui a enfanté Dieu”) entourée des prophètes, décrite par le professeur Charbel Nassif.

La représentation de la Mère de Dieu avec son Enfant est incontestablement le thème iconographique le plus répandu dans l’art byzantin. D’après la tradition, l’évangéliste Luc aurait été le premier à peindre une icône de la Théotokos tenant l’Enfant Jésus. Nous présentons une icône de la Mère de Dieu conservée à la cathédrale grecque melkite catholique du Prophète-Élie à Beyrouth. Elle mesure 93,8 cm de hauteur et 74,3 cm de largeur. Cette icône serait l’œuvre d’un peintre de l’école de Jérusalem (XIXe siècle) influencé par le style du peintre crétois Mikhaïl Polychronis.

La Mère de Dieu est représentée selon le modèle iconographique Hodigitria (Ὁδηγήτρια), qui signifie « celle qui montre le chemin ». Elle est en buste et montre par sa main droite l’Enfant Jésus qu’elle tient dans le bras gauche. Elle porte, par-dessus de sa coiffe blanche, un maphorion dorée et damassé. On voit l’inscription grecque «ΜΡ ΘΥ» qui signifie « La Mère de Dieu » et l’inscription arabe « La Vierge Marie ». Le Christ tend sa main droite avec un geste de bénédiction et porte de la main gauche le livre des évangiles fermé. Un nimbe crucifère figure autour de la tête du Christ avec l’inscription «Ο Ω Ν» qui signifie « Je suis celui qui suis ». Il s’agit de la réponse de Dieu à Moïse quand ce dernier lui demanda son nom (Exode 3,14). Cette transposition témoigne que le Christ est bien le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles (credo de Nicée-Constantinople). À gauche de la représentation du Christ, nous pouvons lire en arabe « Jésus Christ ». Les regards du Christ et de la Théotokos se dirigent vers le spectateur.
Sur les quatre angles de cette icône apparaissent, dans des médaillons, quatre prophètes de l’Ancien Testament tenant des phylactères renfermant des versets pour glorifier la Théotokos ou qui font allusion à sa conception virginale.
En haut, à gauche, le prophète David tient dans la main droite un phylactère avec cette inscription : « Des choses glorieuses ont été dites sur toi, Ville de Dieu ! » (Psaume 87, 3). À droite, le prophète Salomon tient une maquette du temple de Jérusalem et l’autre main un phylactère avec l’inscription : « Plusieurs filles ont accompli des exploits, mais toi, tu les surpasses toutes ! » (Proverbes 31, 29).
En bas, à gauche, le prophète Moïse tient un buisson ardent et un phylactère avec cette inscription : « Je vais faire un détour pour voir ce spectacle ; le buisson est tout en feu et ne se consume point » (Exode 3, 3). À droite, le prophète Aaron tient de sa main droite un rameau et de la main gauche un phylactère renfermant cette inscription : « Voici le rameau d’Aaron avait bourgeonné : des bourgeons avaient éclos, des fleurs s’étaient épanouies et des amandes avaient mûri » (Nombres 17, 23).
Le peintre de cette icône adopte une lecture allégorique de l’Ancien Testament en projetant sur ces versets un évènement néotestamentaire et donnant, par conséquent, une nouvelle signification. Ces versets sont des antiennes chantées lors des fêtes mariales dans le calendrier byzantin d’où le lien intrinsèque entre la Bible et la liturgie byzantine.
«Celui que le ciel même ne contient, Vierge Mère de Dieu, en ton sein fut contenu sans s’y trouver à l’étroit; et tu es restée pure d’inexprimable façon, sans aucun dommage pour ta virginité; seule entre les femmes tu fus vierge et mère à la fois ; seule, Toute-pure, tu as allaité le Fils qui donne la vie, et l’Œil qui ne dort, tu l’as porté dans tes bras ; du sein paternel il ne s’est pas éloigné : avant les siècles il y était déjà ; pleinement Dieu parmi les Anges dans le ciel et pleinement ton Fils parmi les hommes ici-bas, il est partout sans qu’on puisse l’expliquer. Dame toute-sainte, supplie-le de sauver ceux qui selon la vraie foi te reconnaissent comme la pure Mère de Dieu».- De la liturgie byzantine

À noter à cet égard que le saint apôtre et évangéliste Luc est vénéré comme le fondateur de la peinture d’icônes chrétiennes. Son pinceau, comme le dit la Sainte Tradition, appartient à environ soixante-dix icônes de la Très Sainte Théotokos. La plus célèbre d’entre elles – Bethléem et Jérusalem – des images saintes vénérées dans différentes parties de la planète, dont chacune est associée à une histoire dramatique vieille de plusieurs siècles. Cependant, parmi les icônes peintes par l’apôtre Luc, il y a trois icônes spéciales peintes au cours de la vie de la Très Pure Vierge et qui ont reçu Sa bénédiction souveraine.

Voici ce que le prérévolutionnaire Chetya-Menaea dit à ce sujet le jour du souvenir de l’évangéliste Luc : “Les anciens écrivains de l’église rapportent que saint Luc, satisfaisant le désir pieux des principaux chrétiens, a été le premier à peindre avec des peintures l’image de la Très Sainte Théotokos, tenant entre ses mains l’Enfant éternel, notre Seigneur Jésus-Christ, puis il a peint deux autres icônes de la Très Sainte Théotokos et les a amenées pour la considération de la Mère de Dieu. Après avoir examiné ces icônes, elle a dit : « Que la grâce de Celui qui est né de Moi et Ma miséricorde soient avec ces icônes. » Quelles sont ces trois icônes que la Dame a eu le temps de voir et de bénir avant son Assomption au milieu des années quarante du premier siècle ? La tradition les appelle par leur nom. C’est l’image de la Mère de Dieu de Kykkos « Miséricordieuse », ainsi que les icônes Sumele et Filermskaya de la Vierge Très Pure.

L’icône de Kykkos de la Mère de Dieu « Miséricordieuse » a reçu ce nom parce que la Reine du Ciel y est représentée, implorant le Seigneur miséricorde envers les chrétiens. La tradition dit que l’apôtre et évangéliste Luc, qui l’a écrite, l’a remise aux enfants de l’Église en Égypte, dans un environnement chrétien qui, même alors, a commencé à émerger une résidence monastique et ermite. L’icône y est restée jusqu’au Xe siècle – puis, en raison de la persécution incroyablement intensifiée des chrétiens et de leurs reliques, elle a été secrètement transportée à Constantinople. Dans la capitale de Byzance, l’icône de Kykkos jusqu’au XIIe siècle, entourée de la plus grande vénération, est restée dans les palais royaux. On sait que par des prières ferventes devant elle, la fille de l’empereur Alexy Komnenos a reçu la guérison, souffrant d’une maladie grave, que les médecins étaient impuissants à guérir.

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