Le Saint Synode canonise deux nouveaux saints

29-06-2022 06:28 PM


Le père Bishoy Kamel

Au terme de ses travaux jeudi 9 juin 2022, le Saint-Synode de l’Eglise copte orthodoxe présidé par SS le pape Tawadros II, pape d’Alexandrie et patriarche de la Prédication de Saint Marc, a décidé la canonisation (1910-1976), connu sous le nom de “moine silencieux”, du monastère Saint-Antoine, dans le désert oriental au large de la mer Rouge, et du père Bishoy Kamel (1931-1979), de l’église Mar-Guirguis (Saint-Georges) à Sporting, Alexandrie.

La reconnaissance par le Saint-Synode de la sainteté du moine Yostos Al-Antoni et de notre père hégomène Bishoy Kamel, signifie qu’ils sont devenus officiellement saints dans l’Église. Des icônes peuvent leur être élevées, des autels consacrés en leur nom, et être joints à la communauté des saints, “afin que beaucoup puissent s’inspirer de leur vie”.

Le père Bishoy est né sous le nom de Samy Kamel à Sirs-Allaian, Menoufia, en 1931. Il a grandi à Damanhour où il a reçu sa première éducation. Il a fréquenté l’école des sciences de l’Université d’Alexandrie et a obtenu son diplôme de Science biologique en 1951. Tout en travaillant comme professeur de sciences dans des écoles publiques, il poursuivit ses études à l’Université d’Alexandrie et obtint un diplôme en littérature en 1954. Il fut nommé instructeur au Collège d’éducation de l’Université d’Alexandrie. Il a été ordonné prêtre en décembre 1959.
Il fut enseignant, serviteur de l’école du dimanche, et instructeur bénévole pour les enfants qui avaient besoin d’aide. Il était connu comme un prêtre semblable à une abeille bourdonnante recueillant des essences concentrées et produisant le miel pur qui sucrait la vie de tous ceux qui le connaissaient, ou même qui connaissaient son existence. Il y avait un échange de messages entre ce jeune prêtre en herbe dans le quartier de Sporting, à Alexandrie, et un prêtre âgé nommé Mikhail Ibrahim, à Choubra, au Caire. L’aîné envoyait le salut au plus jeune en lui demandant ses prières.
Le père Bishoy a résumé son amour pour le petit troupeau en ces termes : “Ce sont tes enfants, Seigneur : Certains sont bons, d’autres sont mauvais, d’autres encore se gaspillent… ils ont tous une chose en commun : ce sont tes enfants… Je suis le serviteur de tes enfants… Je suis un serviteur et je n’ai pas le droit de les insulter ou de les mépriser, car si je le faisais, je t’insulterais ou je te mépriserais… Je ne peux que les servir, les aimer et les assurer de ta promesse certaine que tu les as tous aimés car c’est toi qui portes les péchés du monde entier”.
Abouna Bichoy Kamel aimait beaucoup la croix et la plus belle chose que la croix a faite pour lui est d’élever son âme durant les 3 jours de la fête de la Sainte et Glorieuse Croix. C’est pourquoi il écrivit deux livres intitulés « Sous les pieds de la croix » et « Avec le Christ ressuscité ». Et il aimait beaucoup la photo de la crucifixion avec Marie Madeleine pleurant sous la croix, qu’il a accrochée au-dessus de son lit.

Lorsqu’il a ressenti le besoin de consacrer sa vie au service du Christ, il a dit à l’un de ses camarades de l’école du dimanche : “Serait-il possible que certains d’entre vous prennent mon salaire que je reçois maintenant afin que je puisse quitter ce travail et devenir un serviteur du Seigneur à plein temps ?”. Lorsqu’il est devenu prêtre, il a tenu cette promesse de service à plein temps jusqu’à son dernier souffle. Il méprisait tellement les choses matérielles, que celles-ci étaient jetées sous ses pieds.
Il a fondé l’église copte orthodoxe Saint-Georges à Sporting, Alexandrie où il est enterré. Certains lui ont conseillé de ne pas accepter d’avoir des prêtres associés, mais il n’était pas du genre à craindre la concurrence. Le nombre de prêtres à l’église a atteint cinq et tous avaient plus de travail qu’ils ne pouvaient en faire. Selon les normes de l’époque, il n’était qu’un jeune homme à la tête d’une grande cathédrale et il y excellait !

Il a contribué non seulement à augmenter le nombre de prêtres dans son église, mais aussi à créer de nouvelles églises. Voici quelques-unes des églises qu’il a contribué à fonder : Saint George, à Sporting ; Saint George, à Hadara ; l’archange Michel, dans le district de Moustafa Kamel ; Saint Takla Hemanout, à Ibrahimia. Il a aidé à fonder l’Église de Denver et l’Église de Houston, entre autres. Sans compter ses efforts en Europe et en Australie.

Le père Bishoy Kamel était toujours préoccupé par son propre salut. Il parlait rarement de sa vie personnelle. Lui et sa femme Angèle vivaient chastement. Il se cachait toujours derrière la croix. Son ministère était celui d’un véritable père, frère et ami aimant et attentionné, pas seulement un prêtre accomplissant les devoirs de sa charge. Les soirs de fêtes religieuses, et dès qu’il terminait le service religieux, il courait rendre visite aux personnes dans le besoin. Accompagné de sa femme ou partant chacun de leur côté, ils faisaient tout ce qu’ils pouvaient, et ramenaient chez eux, le soir de la fête, certaines personnes venues de l’extérieur.

Il ne permettait pas aux gens de dire du mal des autres en sa présence et avait toujours quelque chose de gentil à dire sur les autres, surtout sur ceux qui n’étaient pas d’accord avec lui, suivant les paroles de l’Apôtre : “L’amour souffre longtemps et est bon, l’amour ne se vante pas… il ne pense pas au mal …”. (1 COR 13,1-13).

Au terme de sa vie, pendant qu’il dormait il ressentit une douleur au cou qui se répétait fréquemment malgré les antibiotiques. Les médecins ne savait pas ce qu’il avait, mais lui il le savait, il était atteint comme il le disait de « la maladie du Paradis », le cancer. Après plusieurs consultations, il s’est avéré qu’il était vraiment atteint de cette maladie. Il alla faire son opération à Londres. En étant sur son lit de l’hôpital et indifférent au contrôle de soi-même, il rêvait d’être en train de prier des messes et de parler aux fidèles.

Sa femme lui demandait de prier pour lui-même, il lui répondait : « Comment pourrais-je? Je suis son serviteur que sa volonté soit faite »”. Et le 3éme jour de la fête de la Sainte Croix, avant de mourir, il vit la Sainte Vierge Marie, Saint Philopatir Abou Sefein et Saint Mina lui ouvrant la porte du Paradis et il remit l’âme le 21 mars 1979. Sa Sainteté le Pape Chenouda III, un grand nombre de fidèles chrétiens, les prêtres et les évêques ont été présents lors de ses funérailles.

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