Sainte Barbara et son église au Vieux-Caire

02-12-2021 11:26 AM


Église de petite taille mais historiquement importante à proximité d’Abou Serga, l’église de Sainte Barbara, abrite quelques icônes intéressantes et les reliques de la Sainte elle-même, qui fut assassinée par son père. On peut désormais trouver nombre de trésors de cette ancienne église dans le Musée copte qui n’est qu’à deux minutes à pied. Construite entre les IVème et Vème siècles, cette église conserve une impression de beauté en raison de ses icônes magistrales et de son époustouflante architecture copte.

Le père de Barbara, qui s’appelait Dioscore était un riche païen d’une ville d’orient à l’époque de l’empereur Maximien, c’est-à-dire au début du 3ème siècle après Jésus Christ. En raison de son grand amour pour sa fille, il fit construire une tour pour qu’elle y demeure. Du haut de cette tour, elle leva les yeux pour contempler la splendeur du ciel avec le soleil, la lune et les étoiles et elle en conclut que seul Dieu pouvait en être le créateur.
Le savant Origène se trouvant dans cette ville entendit parler de cette sainte. Il alla la voir et lui enseigna les principes du christianisme.

Avant de partir en voyage, son père a ordonné qu’un bain privé soit érigé à son usage près de sa maison, et pendant son absence, comme le bain de cette tour était aménagée avec deux fenêtres, Barbara en fit ouvrir une troisième et fit installer une croix. A sa venue son père constata les modifications et lui en demanda la raison. Elle lui répondit que ces trois fenêtres symbolisent la sainte Trinité et lui demande de renoncer à son errance et d’adorer le Dieu qui l’a créé.
Ayant entendu cela, son père entra dans une grande colère et voulut la tuer. Elle s’enfuit vers une montagne, où un rocher s’entrouvrit pour qu’elle puisse s’y cacher et puis se referma. Son père en fit le tour et la trouva cachée dans une grotte. Il l’attrapa et la livra au gouverneur Marcien. Celui-ci voulut l’amadouer par de belles paroles puis en lui faisant des promesses et enfin en la menaçant mais il ne put pas ôter de son cœur l’amour qu’elle avait pour son Seigneur le Christ. Alors il ordonna qu’elle soit torturée.

Traînée devant le préfet de la province, Martinianus, qui l’a cruellement torturée, Barbara s’est tenue fidèle à sa foi chrétienne. Pendant la nuit, la prison sombre a été baignée de lumière et de nouveaux miracles se sont produits. Chaque matin, ses blessures étaient guéries. Les torches qui devaient être utilisées pour la brûler sont sorties dès qu’elles se sont approchées d’elle.

Enfin, elle a été condamnée à mort par décapitation exécutée par son père. Elle obtint ainsi la couronne du martyr.
Son père et le gouverneur qui l’avait torturée moururent d’une mort violente.

Ses reliques furent déposés dans une église aux environs de Galate. Plus tard on transféra le corps de sainte Barbara en Egypte dans l’église qui porte son nom et il y est jusqu’à nos jours.

A noter à cet égard que l’église Sainte Barbara fait partie des églises du Vieux Caire d’importance historique. Elle était à l’origine dédiée à Saint Cyrus et Saint Jean qui étaient vénérés pour leurs pouvoirs de guérison. Une petite église à l’angle nord-est du bâtiment commémore ces deux martyrs. Des documents du XIIIe siècle mentionnent que les reliques de Sainte Barbara était gardée dans cette église. Beaucoup de ses objets précieux, comme deux panneaux de porte, un écran en bois, une icône et des cercueils bibliques, ont été transférés au musée copte voisin. La structure basilicale et le sanctuaire tripartite de l’église ressemblent beaucoup à celui d’Abou Serga. L’église Sainte Barbara abrite certaines des icônes les plus rares.

Située dans le long de la citadelle de Babylone, cette église aurait été fondée au IVe ou au Ve siècle. Néanmoins, les sources anciennes, et notamment les annales d’Eutychius, qui fut patriarche melkite d’Alexandrie (877 – 940), indiquent qu’elle a été créée par le secrétaire de ‘Abdel-Azîz ibn Marawân, gouverneur d’Égypte entre 685 et 705.

Détruite lors de l’incendie de Foustât en 750, elle fut reconstruite au VIIIe siècle puis restaurée en 1072 – 1073, à l’occasion du transfert d’une partie des reliques de sainte Barbara. C’est alors qu’elle aurait changé de nom, bien qu’on trouve encore son ancienne appellation dans des écrits postérieurs. L’église subit encore plusieurs destructions et restaurations, notamment sous le règne du sultan mameloûk al-Nâsser Mohamad ibn Qalâoûn (1309 – 1340), et au XXe siècle.

Cette église est semblable à celle de Saint-Serge et Saint-Bacchus, toute proche. De forme rectangulaire, elle suit un plan basilical à trois nefs, séparées par des colonnes de marbre à chapiteaux corinthiens, mis à part deux gros piliers cruciformes à l’entrée de la nef. Le transept non saillant ouvre sur une large abside centrale correspondant à la nef principale, et deux chapelles sur les côtés couvertes de demi-coupoles. Ce plan, très fréquemment repris dans l’architecture chrétienne, tire son origine des basiliques romaines.

L’élévation est sur deux étages : les colonnes soutiennent une poutre sur laquelle reposent des arcs brisés. La chaire de marbre de l’église Sainte. Barbara a été modèle pour la chaire moderne de l’église voisine d’Abou Serga; au-dessus se trouve une galerie, soutenue par des colonnes. Le recouvrement est en bois : au-dessus de la nef principale, une voûte en berceau, au-dessus des nefs latérales, des plafonds plats.

L’iconostase est actuellement déposée au musée Copte du Caire. En sycomore et en cèdre, elle date de la période fatimide et présente un style proche des autres boiseries de la même période, qui étaient la plupart du temps dans les ateliers tenus par des Coptes, avec des scènes de chasse, de musique, et des représentations de moines. Lors des restaurations du Comité de Conservation des Monuments de l’Ancien Caire, une porte à deux vantaux a été découverte encastrée entre deux murs. Actuellement conservée au musée copte du Caire, elle est datée du IVe ou du Ve siècle, et présente un décor encore très antiquant, avec des vases jaillissants et un buste du Christ présenté dans une guirlande tenue par deux anges, eux-mêmes entourés de deux personnages tenant les évangiles. Un ambon (chaire à prêcher) en marbre, se tient dans la nef ; il se compose d’un escalier et d’une petit plate forme reposant sur dix colonnes.

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