Des cellules de Pères du désert retrouvées en Egypte

06-04-2021 09:10 PM


Une mission archéologique franco-norvégienne a retrouvé des édifices chrétiens dans le désert égyptien. D’après les premiers résultats, ils remonteraient au IVe siècle. C’est à cette époque que vivaient les plus célèbres Pères du désert.

Solitaires, cherchant dans le calme du désert le meilleur moyen de se rapprocher de Dieu, les Pères du désert fascinent. Ces hommes de l’Antiquité, véritables ermites, attiraient les disciples autour d’eux jusqu’à former parfois de véritables communautés monastiques. Les toutes premières de la chrétienté. Dans sa forme institutionnalisée, la pratique trouve son origine en Égypte au IVe siècle, époque où de nombreux chrétiens sont attirés par les déserts sans fin.

S’il est difficile d’imaginer leur vie monacale, des fouilles archéologiques réalisées à Tal Ganoub Qasr Al-Ajouzen, en Égypte — cité dans les sources antiques — permettent de la deviner. Une mission archéologique franco-norvégienne, menée depuis 2020, a en effet retrouvé plusieurs édifices chrétiens qui remonteraient au IVe siècle. Une datation encouragée par des analyses carbones mais aussi de nombreux indices tels des fragments de céramiques, de verres et aussi quelques pièces de monnaies retrouvées sur le site. Si cette datation s’avère exacte, les vestiges retrouvées feraient de ce site monastique chrétien le plus ancien en Égypte, mais aussi dans le monde.

Parmi eux, les vestiges de trois églises et des cellules de moines formant des petits îlots sur une surface de 80km2 creusés dans la roche basaltique, et dont les murs portent des graffitis et des symboles à connotation copte. Sur l’une des églises, des inscriptions religieuses en grec indiquent très clairement la nature monacale des lieux et la présence de moines. Elles relatent des passages d’Évagre le Pontique (345), moine ayant vécu dans le désert de Nitrie (Égypte), connu pour avoir théorisé la pensée ascétique, et d’Éphrem le Syrien, diacre et théologien du IVe siècle. Ce dernier, surnommé « la harpe du Saint-Esprit » a été reconnu docteur de l’Église en 1920 par le pape Benoît XV.

Les plus célèbres Pères du désert auraient-ils habité dans ces cellules ? On l’ignore mais rien n’empêche de l’imaginer. Le chef de la mission, Victor Ghica, estime que cette découverte permet de mieux comprendre « l’aménagement des bâtiments et la formation des premières communautés monacales » dans cette région égyptienne.

Parmi les plus célèbres Pères du désert qui ont marqué l’Histoire, Athanase d’Alexandrie, véritable « Phare de l’Orient » pour les coptes orthodoxes et fervent défenseur de la divinité de Jésus ou encore Grégoire de Nazianze grand théologien, dont les reliques, présentes à Rome depuis le VIIIe siècle ont été restituées en 2004 par le pape Jean Paul II au patriarche Bartholomée Ier de Constantinople, signe de réconciliation entre catholiques et orthodoxes.

il est bon de savoir qu’Athanase d’Alexandrie, né vers 296/298 et mort le 2 mai 373, dit le Grand, fut évêque (patriarche) d’Alexandrie du 8 juin 326 à sa mort (malgré cinq exils).

L’histoire lui a donné les titres de « père de l’orthodoxie », « pilier de l’Église » et « champion de la divinité du Christ ». L’Église copte orthodoxe l’appelle « l’apostolique », « phare de l’Orient » et « colonne de la foi ».

Athanase est né à Damanhour près d’Alexandrie vers 296. Le Synaxaire rapporte que, étant enfant, il se joignit à des jeunes Chrétiens qui, par jeu, le baptisèrent et l’élurent patriarche. Le pape d’Alexandrie, Alexandre, qui observait la scène, pressentit en lui un appel particulier et le garda dans son entourage.
En 325, il participe au Premier concile de Nicée en tant que diacre et secrétaire de son prédécesseur Alexandre d’Alexandrie. Il y joua un rôle important, en particulier dans l’élaboration du Credo qui porte son nom. Intronisé pape d’Alexandrie en 326, Athanase dût affronter l’hérésie arienne qui niait la divinité du Christ et qui prit une ampleur considérable à cette époque, puisque l’empereur et la grande majorité des évêques s’y rallièrent. Il devint patriarche d’Alexandrie, dont il gouverna l’église pendant plus de quarante ans. Il se consacra à la lutte contre l’arianisme et la défense de la divinité du Christ. Pour cette raison, il fut exilé à cinq reprises : à Trêves en 336, à Rome de 339 à 346, au désert de 356 à 362, de 362 à 363 et encore pour quelques mois en 363 ; son dernier exil toujours au désert dura de 365 à 366. Malgré ces difficultés, il réussit à diriger son troupeau et à lui écrire des exposés très clairs des dogmes. Une de ses caractéristiques les plus attrayantes fut son inépuisable humour, qui se révélait souvent être une arme mortelle contre ses ennemis.
Athanase joua également un rôle essentiel dans la fondation de l’Église d’Éthiopie et ordonna le premier évêque d’Axoum, Fromentius, apôtre de l’Éthiopie. Disciple d’Antoine l’ermite, Athanase favorisa l’expansion du monachisme ; il écrivit la Vie d’Antoine, texte admirable qui eut un impact immense sur le développement de la vie ascétique chrétienne tant en Orient qu’en Occident. Enfin, il est l’auteur de divers ouvrages, dont deux grandes Lettres sur la Virginité, et d’un célèbre traité « De l’Incarnation du Verbe » Il meurt en 373 auréolé de gloire.
D’une vigueur intrépide, depuis le temps de Constantin jusqu’à celui de Valens, contre les empereurs, les gouverneurs de province, contre un nombre infini d’évêques ariens, qui lui tendirent toutes sortes de pièges et le forcèrent plusieurs fois à l’exil ; enfin, après bien des combats et des triomphes qu’il remporta par sa patience, il rentra dans son Église et s’endormit dans la paix du Christ la quarante-neuvième année de son épiscopat,

Par ailleurs, Grégoire de Nazianze, né en 329 en Cappadoce et mort en 390, est un théologien et un Docteur de l’Église. Il fait partie avec Basile de Césarée et Grégoire de Nysse des « Pères cappadociens ».

Issu d’une famille chrétienne, Grégoire fait ses études à Alexandrie puis à Athènes, où il rencontre Basile de Césarée, qui devient son ami. Il rentre à Nazianze, où il est ordonné prêtre par son père. Ordonné ensuite contre son gré évêque de Sasimes par Basile de Césarée, il ne peut s’établir dans cette cité et reste chez son père, devenant ainsi le premier évêque auxiliaire de l’Église.

À la mort de son père, il décide de se retirer pour mener une vie cénobitique. Il est invité à Constantinople, où il prend part à la lutte contre l’arianisme et contre les divisions de l’Église de Constantinople. Partisan de la doctrine du concile de Nicée, il cherche à défendre la place de l’Esprit Saint dans la théologie orthodoxe.

L’empereur Théodose Ier impose Grégoire de Nazianze comme évêque de Constantinople. Il préside alors le concile de Constantinople mais démissionne alors que les débats sont loin d’être achevés. Il retourne à Nazianze, où il écrit de nombreuses lettres et discours en faveur notamment de la thèse qui considère l’Esprit Saint comme l’une des personnes de la Trinité.

La richesse des écrits théologiques de Grégoire conduit très vite à sa reconnaissance dans toute la chrétienté. Ses œuvres sont traduites en latin, puis dans différentes langues. Il influence significativement la théologie de la Trinité tant des Pères grecs que des Pères latins.

Père de l’Église, il est introduit dans le bréviaire comme Docteur de l’Église par le pape Pie V en 1578. Il est vénéré tant par les catholiques que par les orthodoxes.

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