Un papy­rus géant du Livre des morts retrouvé dans un temple mortuaire

02-02-2021 07:04 AM


Au cours des derniers jours, le ministère du Tourisme et des Antiquités a annoncé des découvertes archéologiques dans le cadre de la mission égyptienne conjointe du Conseil suprême des antiquités, au secrétariat du Dr Moustafa Waziri, et le Centre d’égyptologie Zahi Hawass à la Bibliotheca Alexandrina, qui opère dans la zone des antiquités de Saqqarah à côté de la pyramide du roi Téti qui est le premier roi de la sixième dynastie de l’Ancien Empire. Parmi les découvertes se trouve le temple funéraire de la reine, la femme du roi, Téti, en plus de la disposition du temple, et trois réserves en briques de terre crue. Diverses parties des textes du Livre des morts ont également été trouvées.

Dans ce cadre, un papy­rus de quatre mètres de long conte­nant le chapitre 17 du « Livre des morts » a été retrouvé dans un puits funé­raire, au cœur de la nécro­pole de Saqqa­rah. Il s’agit d’une partie d’un manus­crit que les anciens Égyp­tiens utili­saient pour guider les défunts dans l’au-delà.
L’année dernière, des centaines de sarcophages et artefacts datant du Nouvel Empire (1550-1069 avant J.-C.) avaient été découverts à Saqqarah. Des fouilles récemment effectuées sur le même site ont permis de mettre à jour d’autres trésors.
Ces trésors comprennent ainsi le temple funéraire de la reine Nearit, une construction qui se trouve près de la pyramide de son mari le pharaon Téti, qui régnait sur l’Égypte environ 2323 à 2291 avant notre ère. Plus de 50 cercueils en bois ensevelis près de la pyramide du souverain, et appartenant à des gens qui lui vouaient probablement un culte d’adoration ont également été découverts, ainsi qu’un sanctuaire dédié à Anubis et des centaines d’objets mortuaires et cultuels.
Mais parmi les artefacts retrouvés, l’un des objets les plus fascinants découverts est un fragment de papyrus d’environ 4 mètres de long représentant le chapitre 17 du fameux « Livre des Morts » aussi appelé « Bible des anciens Égyptiens ».
Pour information, le « Livre des morts » aussi appelé « Livre pour sortir au jour », est un manuscrit contenant des « formules religieuses et magiques » utilisées par les anciens Égyptiens pour guider le défunt vers sa deuxième vie, une sorte de seconde naissance dans l’au-delà.
Ainsi, le défunt va après sa mort traverser le royaume d’Osiris, le dieu des morts, en compagnie du dieu soleil Rê. Et grâce à ces formules, le corps préservé par la momification va renaître pour espérer parvenir sain et sauf dans les champs d’Ialou et accéder à la félicité éternelle.…
À part le culte du roi Téti, les artefacts récemment découverts montrent le rôle majeur de la nécropole de Saqqarah dans l’organisation de Memphis, ainsi que l’évolution des monuments funéraires durant le Nouvel Empire. Justement, le chapitre 17 du « Livre des morts » est un manuscrit fréquemment retrouvé dans les chambres funéraires à partir du Nouvel Empire et il est très souvent placé entre les jambes de la momie du défunt.
Sur le papyrus découvert par ces archéologues figure d’ailleurs le nom de son propriétaire Pwkhaef, mais également sur l’un des cercueils en bois et sur quatre statuettes shabti (gardiennes des nécropoles) destinées à servir le défunt dans l’au-delà.
Le manuscrit contenant le chapitre 17 est actuellement analysé par les experts. On sait toutefois que ce chapitre se rapporte au commencement des transfigurations et des glorifications, de la sortie du royaume des morts et du retour en un être bienheureux dans le bon Occident pour « sortir au jour », à la possibilité de faire toutes transformations désirées, mais surtout à la vie après la mort. En quelque sorte, c’est un guide pour le grand voyage dans l’au-delà.
Les Égyptiens croyaient en la vie après la mort. Pour accéder à l’au-delà, ils devaient observer un certain nombre de rites et emporter dans la tombe le Livre des morts qui constituait, à leurs yeux, un guide pour continuer à vivre dans ce nouveau monde.
Le Livre des morts selon une appellation moderne ou pour les anciens Égyptiens, le Livre pour Sortir au Jour, dérive de textes plus anciens : Les Textes des Pyramides datant de l’Ancien Empire et les Textes des Sarcophages de l’époque du Moyen Empire.
Ensemble de formules écrites sur papyrus et illustrées d’images, il était censé aider le défunt à réussir son passage vers l’au-delà. Il était placé dans le sarcophage à côté du mort ou parfois inséré dans les bandelettes de la momie. Certaines formules pouvaient aussi être inscrites sur les parois de la tombe. D’abord réservé aux rois et aux puissants, il se répand dans toutes les couches de la société à partir du Nouvel Empire et reste en usage jusqu’à l’époque romaine. Composé d’environ deux cents formules (ou chapitres) plus ou moins longues et indépendantes les unes des autres, il se présente sous forme de rouleaux dont les dimensions peuvent dépasser vingt-cinq mètres. En fonction de la richesse du défunt, le nombre des formules et les dimensions du texte pouvaient varier. .
Ayant un contenu religieux et magique, il comporte des hymnes aux dieux (Osiris et Rê) et des formules destinées à donner au défunt les moyens de vivre heureux après la mort, à sortir le jour sur terre et rentrer le soir dans la tombe, à vaincre les ennemis et les êtres nuisibles et à franchir les diverses portes du monde souterrain. Dans cet ensemble, une étape revêt un caractère d’importance, c’est celle consacrée à la « pesée de l’âme ». Avant d’accéder au royaume des morts, le défunt est jugé et son cœur pesé. Afin d’attendrir le tribunal présidé par Osiris assisté de 42 dieux, il se livre à une confession négative dans laquelle il énumère toutes les fautes qu’il n’a pas commises. Ainsi sont inventoriés ce qui, aux yeux des Égyptiens, pouvaient constituer des crimes et des transgressions, sociales ou religieuses. Le défunt montre ainsi sa pureté morale et sa bonne conduite sur terre. S’il est innocent, il est admis dans la suite d’Osiris et considéré lui-même comme un Osiris. Sinon, son âme est avalée par un monstre et il disparaît définitivement.
Dans de nombreux papyrus la confession négative est accompagnée d’une illustration montrant Osiris et ses assesseurs, le défunt accompagné d’Anubis et le dieu Thot qui inscrit la sentence. La balance est aussi représentée ainsi qu’un monstre prêt à avaler le cœur du défunt s’il n’est pas plus léger que la plume de la déesse de la justice, Maât.
Le Livre décrivait la procession funéraire, l’ouverture de la bouche, la renaissance, la transfiguration, le monde souterrain.
Le Livre des Morts comprenait plusieurs chapitres, décrivant et faisant référence à la protection des morts contre des démons, des mauvais esprits, des serpents, etc., lorsqu’ils sont ressuscités, les morts connaissent le chemin de l’au-delà, le Livre l’aide à traverser la mer de feu, et les difficultés qui le menacent, lui permettant de basculer entre le monde terrestre et l’autre monde,. Dans l’au-delà, il l’aide à obtenir de l’eau et de la nourriture, à recevoir des dons et des sacrifices, et à les donner dans l’autre monde, à l’aider à connaître les lieux de l’au-delà, à se souvenir des noms des dieux et des noms importants (comme le nom de la porte de l’au-delà), et à l’aider à connaître les portes et leurs noms et sorts pour les ouvrir, les franchir, atteindre les dieux et s’identifier à eux.

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